03.12.2010 -

Les professionnels des médias d'Europe du Sud-Est à la réunion de l'AIPCE

C'est la deuxième année que l'UNESCO apporte son soutien pour permettre à huit représentants des pays d'Europe du Sud-Est de participer à la réunion annuelle de l'Alliance des conseils de presse indépendants d'Europe (AIPCE), réseau européen rassemblant des instances indépendantes de régulation de la presse écrite et de l'audiovisuel. La 12ème réunion annuelle de l'Alliance s'est tenue du 3 au 6 novembre 2010 à Amsterdam (Pays-Bas).

L'UNESCO a soutenu et organisé la participation des représentants des pays d'Europe du Sud-Est dans le cadre du projet "Alignement sur les normes internationales dans le secteur des médias des pays d'Europe du Sud-Est", en coopération avec le Conseil de presse des Pays-Bas (Raad voor de Journalistiek). Le projet de l'UNESCO a pour mission d'encourager et d'accélérer les réformes des médias en Albanie, en Bosnie-Herzégovine, en Croatie, au Monténégro, en Serbie, dans l'ex-République yougoslave de Macédoine, en Turquie et au Kosovo (selon la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations Unies).

 

Daphne Koene, secrétaire générale du Conseil de presse néerlandais, a ouvert la réunion annuelle en déclarant que c'était une formidable occasion de renforcer les liens entre les conseils de presse européens pour contribuer au développement de l'autorégulation des médias : "Les conseils de presse en bonne santé prennent chaque jour de la valeur. En tant qu'instance qui peut être saisie facilement par des personnes physiques et morales ayant des plaintes à propos des médias, le conseil est bien placé pour faire de l'autorégulation. Et si l'autorégulation marche, la crédibilité des médias sera renforcée, ce qui va dans le sens d'une société démocratique et de la liberté des médias."

 

Le premier jour, la conférence a fêté le 50ème anniversaire du Conseil de presse des Pays-Bas, qui accueillait la réunion annuelle. Le deuxième jour était consacré à l'examen des rapports des conseils de presse de plusieurs pays européens. Les participants ont pu échanger des informations sur les situations très différentes d'un pays à l'autre.

 

Les intervenants ont abordé plusieurs problèmes posés par les nouveaux médias. Ella Wassink a expliqué que le Conseil de presse en Allemagne ne traite que les plaintes concernant des sites prémodérés. Pour le Conseil de presse allemand, les sites qui publient des commentaires sans aucune modération ou uniquement postmodérés relèvent plus des forums de discussion que du journalisme.

 

Will Gore, directeur des affaires publiques à la Commission des plaintes de la presse britannique (PCC), a expliqué certaines décisions de la PCC en matière de protection de la vie privée, d'intérêt public et de réseaux sociaux. Pour la PCC, les réseaux sociaux sont un outil journalistique légitime mais leur utilisation doit être soumise à des règles.

 

Antigoni Themistokleous, doctorant à l'Université de Brighton, a abordé la question de l'éducation aux médias qui permet aux citoyens d'acquérir la maîtrise de l'information. Il considère que les responsables politiques et les éducateurs ont un rôle crucial à jouer pour offrir aux personnes exclues socialement et technologiquement une formation, un emploi, l'égalité de chances en matière de communication et des compétences numériques.

 

Jacob Mollerup, président de l'Organisation des médiateurs de presse (Organization of News Ombudsmen - ONO), a insisté sur le fait que les médiateurs et les conseils de presse sont deux composantes de la transparence des médias et que toutes les composantes de ce système sont indispensables.

 

Pour finir, Dalia Dorner, juge à la retraite et présidente du Conseil de presse d'Israël, a déclaré que le droit de publier des idées n'est pas seulement un droit individuel, il s'agit également du droit de la presse écrite et audiovisuelle à exprimer des opinions politiques, à enquêter et à informer. Une presse libre est l'un des fondements d'une société démocratique. Les journalistes ont par conséquent certains devoirs, notamment celui de faire un journalisme éthique.

 

Le projet de l'UNESCO cherche à mettre en relation les conseils de presse et les professionnels des médias des pays participants avec les organisations travaillant dans le domaine de l'autorégulation à l'échelle européenne. La participation à la réunion annuelle de l'AIPCE va dans ce sens, en permettant aux représentants des pays d'Europe du Sud-Est de recueillir des informations de première main et de partager avec leurs confrères leurs expériences sur le développement de l'autorégulation des médias dans leurs pays respectifs.




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