22.11.2013 - UNESCOPRESS

La 37e session de la Conférence générale marque le début de la discussion approfondie sur la contribution de l’UNESCO à l’agenda de développement de l’après-2015

Hao Ping, President of the General Conference

M.Hao Ping est le premier Chinois au poste du Président de la Conférence générale depuis la fondation de l’UNESCO il y a 68 ans. La Chine est l’un des membres fondateurs de l'Organisation. M. Hao est diplômé du département d'histoire de la prestigieuse Université de Pékin. Il a été successivement Vice-président de l'Université de Pékin et Président de l’Université des Langues étrangères de Pékin avant d’assumer les fonctions qu’il occupe actuellement de Vice-ministre de l'Education de Chine.

Etant Président de la Conférence générale, vous avez sûrement un calendrier très chargé. Vous dirigez les travaux des séances plénières et vous honorez par votre présence des événements importants organisés pendant la session de la Conférence générale. Vous avez certainement rencontré des chefs de délégation des Etats membres, n’est-ce pas?

Oui. Plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement ont été invités à cette session de la Conférence générale. Ils ont fait d’excellents discours. J’ai également l’honneur de rencontrer de nombreux chefs de délégation, ambassadeurs et représentants des Etats membres. Jusqu'à présent, la session de la Conférence générale se déroule bien. Je tiens à saisir cette occasion pour remercier toute l’équipe du Secrétariat de la Conférence générale ainsi que les équipes des Secrétariats des Commissions et des Comités, qui ont assuré le bon fonctionnement de la conférence et ont offert un excellent service aux délégations des 195 Etats membres.

 

Dans le contexte des mutations profondes que connaît l’UNESCO, comment voyez-vous cette session ?

Notre monde est en constant changement, il en est de même pour l'UNESCO. Ce n’est qu’avec la réforme que l’Organisation pourra mieux relever les défis propres au 21ème siècle. Dans ce contexte, les travaux de la 37e session de la Conférence générale s’avèrent primordiaux. Cette session examinera et approuvera la nouvelle Stratégie à moyen terme, prolongée pour la premièrement fois à une durée de huit ans (2014-2021), ainsi que le Plan de Dépense pour les deux prochaines années, ceci dans le contexte de difficultés financières que connaît l’Organisation. Elle débattra également des points majeurs auxquels la communauté internationale attache une grande importance. Il y a quelques jours, la Conférence générale a élu Mme Bokova au poste de Directrice générale pour un second mandat de quatre ans. Avec tout notre soutien, elle continuera à diriger l’UNESCO de façon à surmonter les difficultés auxquelles elle est confrontée, à améliorer ses performances et à renforcer la place de l’Organisation dans le monde. En outre, le Conseil exécutif et les Comités intergouvernementaux pour les programmes de l’UNESCO ont élu des nouveaux membres. Je tiens à féliciter chaleureusement ces derniers pour leur élection. Il y a plus de mille ans, nos ancêtres disaient que “les affaires internationales doivent être traitées au niveau international.” La Conférence générale fournit une plate-forme unique aux représentants et experts de tous les États membres pour discuter et décider des politiques de développement et des actions communes.

 

Au cours de ces dernières années, la Chine a renforcé son soutien à l’UNESCO dans ses divers aspects ; le fait que vous soyez élu Président constitue aussi une contribution à cette organisation de coopération intellectuelle. Que pensez-vous du rôle de Président ?

 La Chine soutient depuis toujours la mission de l’UNESCO. Les dirigeants chinois se sont entretenus avec la Directrice générale, Madame Irina Bokova, lors de ses visites en Chine; de grands événements de l’UNESCO ont été organisés respectivement à Shanghai, Hangzhou et Beijing (dans les domaines de l’enseignement et formation technique et professionnelle, de la culture et du développement, des villes créatives et des villes apprenantes); un fond-en-dépôt d’un montant de huit millions de dollars a été établi dans le but d’améliorer la formation des enseignants africains, etc. Tous ces efforts illustrent le profond soutien de la Chine à l’Organisation. La Chine est le premier pays en développement qui a atteint à l’avance l'objectif de réduction de la pauvreté. Elle s’efforce d’augmenter progressivement son appui à l’UNESCO, et a largement contribué à la coopération Sud-Sud.

Mon élection au poste de Président est la reconnaissance par les Etats membres des progrès réalisés en Chine et de son soutien à l’Organisation ; elle représente également la confiance des Etats membres à mon égard. La mission que poursuit l’UNESCO visant à construire un monde de paix et de prospérité correspond à l’idée confucéenne sur la société idéale de l’humanité -un monde de justice et de paix partagé par tous. Aujourd’hui, on constate une aspiration de la communauté internationale envers la « coopération pour le développement ». En tant que Président, je ferai tout mon possible pour cultiver, parmi les Etats membres, une relation basée sur six éléments de paix : tranquillité, amicalité, respect, consensus, coopération et harmonie, autour des idéaux de l’Organisation. Je m’efforcerai de sensibiliser davantage la communauté internationale à la mission de l’UNESCO, d’écouter les Etats membres, de les mobiliser pour un soutien renforcé à l’Organisation ; tout ceci dans le but d’améliorer la visibilité et les avantages comparatifs de l'UNESCO.

 

Cette session de la Conférence générale et les deux années qui suivent constituent une période cruciale pour discuter la contribution de l’UNESCO à l’agenda de l’après-2015. Qu’en pensez-vous?

On peut dire que la 37e session de la Conférence générale ouvre la discussion approfondie sur la contribution de l’Organisation à l’agenda de développement de l’après-2015. Au cours de la Conférence générale, le Forum des leaders et autres débats ont soulevé la question de ce nouvel agenda. Les contributions des Etats membres sont précieuses. Certains pays pensent que le nouvel agenda devra être basé sur les objectifs du Millénaire, ayant pour orientations le développement, la paix durable et une coopération globale, tout en étant centré sur la réduction de la pauvreté.

La pauvreté et l'emploi des jeunes sont des problèmes urgents. L’éducation permet d’autonomiser les individus, elle est la clé de la réduction de la pauvreté. Actuellement, 57 millions d’enfants sont non scolarisés, 250 millions d'enfants scolarisés ne savent ni lire ni écrire après quatre années d’apprentissage. L’accès à et la qualité de l’éducation restent donc largement insuffisants, sans parler d’autres défis éducatifs. Quant à la culture, elle est une clé pour le développement et la durabilité. Grâce aux efforts de la Directrice générale et des Etats membres, le rôle crucial de la culture en tant que moteur du développement est désormais largement reconnu par la communauté internationale. Je suis très heureux de constater que de nombreux pays ont demandé de l’intégrer dans les agendas de développement. En effet, la culture est un aspect essentiel du développement humain.

Les trois autres domaines de compétences de l'UNESCO sont également étroitement associés à l'agenda du développement. En même temps, la priorité Afrique, l’égalité des genres et le développement des jeunes sont aussi extrêmement importants. J’espère que le débat de la Conférence générale et les discussions au cours des deux prochaines années sur l’agenda de l’après-2015 permettront d’intégrer les contributions constructives de l’UNESCO à la formulation des nouveaux objectifs.

 

Le multilinguisme est un principe fondamental de l'UNESCO, étant garant de la diversité culturelle. Ainsi, la Conférence générale fonctionne en six langues. Espérez-vous que ce principe soit renforcé davantage dans le travail des organes directeurs et la communication externe de l’Organisation ?

Je cautionne entièrement ce principe ; j’aspire d’ailleurs à ce qu’il soit renforcé à l’avenir. Dans le monde actuel marqué par l’information numérique, la communication en plusieurs langues permettra à un plus grand nombre de personnes, parlant des langues différentes, de mieux connaître la mission et les actions de l'UNESCO. Elle est un moyen efficace pour renforcer les efforts visant à construire la paix dans l'esprit de tous les hommes et les femmes.

 

 




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