11.09.2012 - UNESCO

Nouvelles pistes pour l’avenir de l’UNESCO : proposition de la Directrice générale

Groupe participant à la consultation régionale sur la stratégie à moyen terme à Bratislava (Slovaquie), le 10 septembre 2012 - © Vladimir Benko

Les futures orientations de l'UNESCO sont en train de s’esquisser. La Directrice générale, Irina Bokova, vient de rendre publiques ses propositions préliminaires pour la nouvelle stratégie à moyen terme (2014-2021), ainsi que pour les prochains programme et budget (2014-2017).

Ces propositions préliminaires (disponibles en ligne) seront présentées au Conseil exécutif de l’UNESCO, en octobre 2012. Elles seront soumises à la discussion des Etats membres, qui prendront les décisions finales lors de la prochaine Conférence générale, à l’automne 2013. 

Pour formuler ses propositions, la Directrice générale s’est appuyée sur un large éventail de consultations - questionnaire aux Etats membres, conclusions des consultations régionales, recommandations d’une évaluation externe indépendante - qui relaient tous un message très clair : la nécessité pour l’UNESCO de se recentrer, de mieux se positionner sur les domaines où son impact est avéré, de renforcer la mise en œuvre opérationnelle de ses programmes et de ses idées. 

Plusieurs étapes importantes ont déjà été franchies dans le repositionnement de l’UNESCO : l’UNESCO s’est vu confier un rôle de premier plan dans l’élaboration et la conduite des initiatives mondiales du Secrétaire général des Nations Unies : « L’Education d’abord ! » (lancée le 26 septembre), création du Conseil consultatif scientifique pour le développement durable auprès de Ban Ki-moon, Pacte mondial sur les Océans. C’est la première fois depuis des décennies que l’Organisation est appelée à prendre des responsabilités de ce niveau. L’UNESCO a également été chargée de rédiger le rapport mondial sur l’économie créative avec le PNUD. Ce positionnement témoigne d’une meilleure intégration dans le système des Nations Unies et du rôle de chef de file reconnu à l’UNESCO. 

La préparation de la stratégie à moyen terme marque une nouvelle étape dans l’effort de réforme, et une opportunité unique de repenser les fonctions et le fonctionnement de l’Organisation. Conformément au calendrier présenté dès le mois de janvier aux Etats membres et au principe maintes fois souligné par la Directrice générale, la réforme n’est pas seulement un enjeu technique ou comptable, mais doit s’appuyer sur une vision stratégique partagée. Il ne peut y avoir de réforme durable des structures et du fonctionnement de l’Organisation sans un diagnostic des mutations de l’environnement mondial, et une vision claire de la façon d’y répondre. 

Sur cette base, la Directrice générale propose un recentrage important de l’UNESCO autour de 2 objectifs primordiaux (contre 5 actuellement) : contribuer à une paix durable et contribuer au développement durable. Il est proposé de décliner ces objectifs primordiaux en 6 objectifs stratégiques (au lieu de 14 actuellement). Les programmes de l’UNESCO seraient réorganisés autour de 3 grands domaines d’intervention : (i) l’Éducation, (ii) les sciences, la technologie et l’innovation et (iii) culture, créativité et liberté d’expression. Cette orientation devrait permettre de gagner en cohérence et de regrouper les activités qui peuvent l’être pour corriger les effets d’une fragmentation excessive et de la dilution des moyens. 

En réponse aux mutations de l’environnement mondial, la Directrice générale propose notamment de repenser les modalités d’intervention de l’UNESCO auprès des pays en transition ou en situation de fragilité. De nombreux pays connaissent des transformations démocratiques ou des situations de précarité qui ne peuvent être abordés avec les outils traditionnels du « post-conflit » ou du « post catastrophe ». Une nouvelle approche est nécessaire, capable d’accompagner ces pays de façon coordonnée et sur le long terme, et qui intègre davantage les outils de réduction des risques, d’alerte précoce et de réponse d’urgence. 

Dans un nouveau contexte mondial marqué par l’instabilité et l’incertitude, l’UNESCO peut montrer son rôle pour aider les sociétés à prévoir, à comprendre et à s’adapter à l’imprévu par l’éducation, les sciences et la culture. La stratégie à moyen terme doit permettre de mieux mettre en valeur cette contribution, et construire une Organisation plus forte et mieux adaptée aux exigences du 21ème siècle. 




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