22.09.2013 - ODG

La Commission du large bande des Nations Unies : tirer parti de la dynamique en faveur du développement inclusif

© UNESCO/Cynthia Guttman -Director-General addressing Broadband Commission, with President Kagame of Rwanda, Mr Carlos Slim Helu and Dr Hamadoun Touré, New York, 21 September.

Comment faire du large bande mobile une technologie transformatrice qui améliore la santé, l’éducation, les moyens d’existence et l’égalité des genres, telles ont été les principales questions abordées lors des discussions de la Commission « Le large bande au service du développement numérique » qui s’est réunie à New York le 21 septembre.

« Disposer des infrastructures et des outils est une chose, mais c’en est une autre d’en faire bon usage pour qu’elles servent à autonomiser les jeunes et améliorer la prestation de services éducatifs, de santé et autres », a déclaré Paul Kagame, Président de la République du Rwanda, co-Président de la Commission du large bande avec M. Carlos Slim Helu, qui a souligné que les OMD sont « une responsabilité partagée à laquelle le large bande peut apporter une contribution considérable ».

Ouvrant la discussion, la Directrice générale de l’UNESCO, co-Vice-Présidente de la Commission avec M. Hamadoun Touré, le Secrétaire général de l’UIT, a déclaré que « le large bande et les applications qui utilisent cette technologie sont des accélérateurs et des multiplicateurs dont l’essor mondial est porteur d’un immense potentiel pour le développement inclusif et durable ». Mais pour ce faire, « des politiques publiques efficaces, des alliances novatrices avec le secteur privé, une vision et une bonne planification sont nécessaires ».

L’expansion vertigineuse des technologies mobiles a été soulignée tout au long de la discussion : il y a aujourd’hui sept milliards d’abonnés au téléphone mobile et leur nombre a atteint 750 millions en Afrique, décuplant presque en moins d’une décennie. D’après M. Hans Vestberg, Président de l’équipe spéciale sur le développement durable de la Commission, le téléphone mobile couvrira le monde à 92 % en 2018. « Ce n’est pas l’accès qui suscitera le changement mais ce à quoi nous donnons accès », a-t-il déclaré, appelant à des partenariats transfrontières pour exploiter la technologie au profit du développement durable.

L’accent a été vigoureusement mis sur la mobilisation des technologies large bande et mobile pour offrir aux filles et aux femmes marginalisées des possibilités d’apprentissage de qualité. Rendant compte des travaux du groupe de la Commission sur le genre, Helen Clark, Administratrice du PNUD, a appelé l’attention sur les disparités entre les sexes dans l’accès aux TIC. « Le fait qu’elles aient moins de possibilités d’être scolarisées et d’apprendre à lire et à écrire ainsi que leur manque de compétences dans le domaine des TIC constitue un frein pour les femmes et leur famille. En moyenne, les femmes remettent 90 % de leurs gains à leur famille et à leur communauté, en conséquence de quoi leur réussite a des effets multiplicateurs. Elles doivent avoir accès à des services large bande financièrement abordables ; les contenus en ligne doivent être améliorés et répondre aux besoins des personnes les plus marginalisées. »

La dimension genre a également été soulignée par Geena Davis, Envoyée spéciale auprès de l’UIT pour les femmes, les filles et les TIC. Faisant observer que 18 % seulement des diplômes d’ingénieur sont décernés à des femmes et qu’il existe un écart entre éducation et compétences, Geena Davis a annoncé la création de la nouvelle université d’ingénierie qui permettra aux femmes d’obtenir des masters en Big Data et de se lancer dans des carrières en science, technologie et ingénierie.

Pour que la révolution numérique aboutisse à des percées en matière de développement, la technologie large bande doit être considérée comme un bien public. Soulignant ce point, M. Jeffrey Sachs, qui a dirigé le groupe de travail de la Commission sur la santé, a appelé l’industrie à soutenir plus vigoureusement l’amélioration des soins de santé, insistant sur la nécessité de mobiliser des ressources pour appliquer les bonnes stratégies. « Élargir les possibilités du personnel de santé communautaire serait l’avancée la plus considérable pour changer le cours des choses, grâce à des smartphones connectés aux cliniques et aux spécialistes de la santé. Sinon nous n’avancerons pas. »

Lancé lors de la réunion, le Rapport de la Commission intitulé « L’état du large bande » constate que le large bande mobile est la technologie dont la croissance est la plus rapide de toute l’histoire humaine et présente des classements pays par pays en fonction de l’accès et de la disponibilité dans plus de 160 économies du monde entier.




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