19.07.2013 - Secteur de la communication et de l'information

Débat au Conseil de Sécurité des Nations Unies sur la sécurité des journalistes

© UN Photo/Eskinder Debebe -Guardian reporter and photojournalist Ghaith Abdul-Ahad (right) briefs the Council. On his right is AFP correspondent Mustafa Haji Abdinur.

Dans son pays, Mustafa Hajii Abdinur, un correspondant somalien primé qui travaille pour l’agence d’actualité française Agence France Presse, est bien connu pour ses reportages d’actualité mais aussi pour les dangers qu’il court car il est journaliste.

Abdinur s’est exprimé au Conseil de Sécurité des Nations Unies lors d’un débat ouvert organisé cette semaine sur la protection des journalistes. « En montrant mon visage aujourd’hui j’augmente les risques d’une attaque à mon retour chez moi. Mais je suis un journaliste. Ils peuvent me traiter de ‘condamné à mort’ mais je rapporte les actualités », a-t-il affirmé.

Abdinur a participé au débat au côté de trois importants journalistes internationaux - Richard Engel (NBC), Kathleen Carroll (Associated Press/Comité pour la protection des journalistes) et Ghaith Abdul-Ahad (The Guardian). La session a été initiée par les Etats-Unis qui tiennent la présidence tournante du Conseil ce mois-ci.

Près de 50 Etats membres ont participé au débat ouvert qui a offert aux journalistes l’opportunité de s’exprimer au Conseil pour la première fois.

En 2006, le Conseil de Sécurité a adopté la Résolution 1738  sur la protection des journalistes en zones de conflit. Néanmoins, un nombre alarmant de journalistes continuent d’être tués chaque année.

« Plus de 600 journalistes ont été tués dans l’exercice de leur fonction et de leur responsabilité envers la société au cours de la dernière décennie », a affirmé Jan Eliasson, Vice-Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies lors du Conseil de Sécurité. M. Eliasson a aussi informé le Conseil du rôle que joue le Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité, lancé par l’UNESCO.

M. Eliasson a ajouté que le Conseil de Sécurité pouvait aussi jouer « un rôle important en réagissant et en résistant aux atteintes à la liberté des médias peu importe où et quand celles-ci ont lieu. Quand des journalistes sont tués, l’information concernant les menaces à la paix internationale et à la sécurité est souvent ensevelie ». Il a ajouté « qu’à travers le monde, les journalistes sont aussi en grand danger dans des situations où il n’y a pas de conflits. »

Le représentant permanent du Royaume-Uni auprès des Nations Unies, l’Ambassadeur Mark Lyall Grant, a critiqué l’absence des poursuites en justice des responsables des meurtres et a déclaré que la culture de l’impunité ne pouvait plus continuer. « Dans les pays où la justice de ces crimes n’est pas rendue, il est évident que la violence systématique envers la presse persiste au fil des années. »

Le rôle vital des journalistes pour la paix et la sécurité était un des messages qui a particulièrement touché l’audience lors du débat au Conseil.

« Protéger la liberté des médias est avant tout un prérequis pour la liberté d’expression et la démocratie. Mais c’est aussi un élément essentiel pour assurer la protection continue de la paix, de la sécurité et du développement », a affirmé M. Eliasson. Il a par ailleurs fait remarquer que la liberté d’expression et l’accès à l’information et aux médias indépendants avait été réitérés dans le rapport établi par le Groupe de haut niveau chargé du programme de développement pour l'après-2015 du Secrétaire général.

Kathleen Carroll, Vice-présidente et éditrice en chef de l’agence Associated Press a affirmé qu’une attaque envers un journaliste était une manière d’attaquer, par procuration, les droits des citoyens à l’accès à l’information concernant leurs communautés et leurs institutions.

Lire les autres rapports sur le débat ouvert sur la protection des journalistes  (en anglais) :

Liens associés (contenu en anglais) :

Contact : Suzanne Bilello, Chargée de l'information du public et Officier de liaison, Bureau de l'UNESCO à New York




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