04.02.2011 -

La conférence de l'UNESCO fait avancer le débat sur l'éthique journalistique en Europe

Le 27 janvier 2011, une conférence internationale intitulée Autorégulation et éthique journalistique en Europe : nouveaux médias, vieux dilemmes s'est tenue au Siège de l'UNESCO à Paris. Cette réunion a marqué la conclusion du projet "Alignement sur les normes internationales dans le secteur des médias des pays d'Europe du Sud-Est", financé par la Commission européenne et mis en œuvre par l'UNESCO en collaboration avec le Réseau de l'Europe du Sud-Est pour la professionnalisation des médias (South-Eropean Network for Professionalization of Media - SEENPM), l'Organisation pour la sécurité

Le sous-directeur général de l'UNESCO pour la communication et l'information, Jānis Kārkliņš, a ouvert la conférence et présenté Jan Kleijssen, du Conseil de l'Europe, qui a fait un discours sur le rôle que jouent l'autorégulation et la corégulation pour renforcer l'Etat de droit en même temps que la liberté d'expression. Andris Kesteris et William Horsley ont ensuite pris la parole, mettant en garde contre les pièges résultant d'une focalisation exclusive sur l'autorégulation qui ne tiendrait pas compte des défaillances des législations.

 

La première séance, modérée par Barbara Thomass de l'Université de la Ruhr, a fait le point sur la situation de la transparence des médias en Europe. Dunja Mijatovic et Helge Ronning ont présenté leurs expériences avec les conseils de presse dans les Balkans et en Scandinavie, respectivement. M. Ronning a insisté sur l'importance des médias en tant que communauté, avec ses propres transgressions. Nikos Konstandaras a parlé des problèmes juridiques auxquels sont confrontés les journalistes grecs et de la nécessité d'une justice indépendante. Le Hongrois Sandór Orbán a évoqué ensuite les difficultés rencontrées actuellement par les médias dans le contexte de la crise économique et l'importance de l'autorégulation dans un climat de montée du clientélisme, de repolitisation de la presse et d'autocensure, de dégradation des normes professionnelles du journalisme et de déclin de la confiance du public vis-à-vis des médias.

 

La deuxième séance de la matinée était consacrée à l'évolution du concept de vie privée à l'ère de l'Internet. William Gore, de la Commission britannique des plaintes de la presse, a présenté un ensemble de questions que doivent se poser les conseils de presse en cas d'atteinte à la vie privée, lorsque l'information partagée par les médias est déjà disponible mais non largement diffusée. Gordana Vilović et Agnès Callamard ont examiné comment maintenir les normes professionnelles et déontologiques à l'heure des réseaux sociaux et au moment où la tentation de contrôler les contenus sur Internet se fait jour.

 

En début d'après-midi, une table ronde a réuni des journalistes, des médiateurs et des universitaires pour faire part de leurs expériences personnelles en matière d'autorégulation. Daphne Koene, secrétaire du Conseil de presse des Pays-Bas, était chargée de modérer la discussion, qui a emmené les participants des conseils de presse de Bosnie-Herzégovine à la médiation en Turquie et au Danemark, en passant par les différentes méthodes mises en œuvre dans chaque société pour maintenir et renforcer la confiance des lecteurs.

 

La dernière séance était modérée par Ioana Avadani, directrice du Centre pour le journalisme indépendant de Roumanie. Mme Avadani a animé une sess questions-réponses très vivante, invitant les intervenants et l'auditoire à s'interroger sur leur propre compréhension des nouveaux médias et des évolutions technologiques, et à explorer ce que veut dire au juste "transparence" dans les nouvelles démocraties européennes. Les intervenants ont expliqué les relations des médias avec les populations dans leurs propres cultures, replacé la notion d'intérêt général au cœur du débat sur le rôle des médias et réévalué le terme "émergent" pour décrire la ré

 

Jānis Kārkliņš a clôturé la conférence en remerciant les participants d'avoir partagé leur expérience et contribué à faire avancer le débat sur l'autorégulation et l'éthique journalistique en Europe. Environ 150 personnes ont participé à la conférence, qui a été aussi suivie par plus de 200 internautes via la transmission en direct.




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