09.11.2012 - Secteur de la Communication et de l'information

L’UNESCO dévoile une enquête à l’échelle mondiale sur la protection de la vie privée sur Internet et la liberté d’expression lors du Forum sur la Gouvernance de l’Internet

Atelier sur la protection de la vie privée sur Internet et la liberté d’expression lors du FGI 2012 - © UNESCO/Cedric Wachholz

Dans quelle mesure « l’empreinte numérique » laissée par les utilisateurs d’Internet et de téléphone portables affecte-t-elle la protection de la vie privée et quel est son impact sur la liberté d’expression ? Ces interrogations sont au cœur de la nouvelle enquête publiée cette semaine par l’UNESCO.

Cette enquête a servi de base aux discussions lors d’un atelier très suivi donné ce mercredi lors du Forum sur la Gouvernance de l’Internet 2012 (FGI) par un panel d’experts reconnus. Parmi eux, Katitza Rodriguez, de la Fondation Electronic Frontier, a souligné que les corrélations de données personnelles permettaient d’en savoir beaucoup sur les orientations religieuses et sexuelles des individus, alors même que la protection de la vie privée est encore aujourd’hui un droit émergent.

Organisé en collaboration avec Global Partners & Associates, le Conseil de l’Europe et Article 19, l’atelier a également accueilli la prise de parole d’Andrew Puddephatt et Ben Wagner qui ont contribué à la réalisation de l’enquête.

Les deux experts ont mis l’accent sur la multiplication des atteintes à la vie privée résultant de la corrélation de données d’un type nouveau et à une échelle inédite. De plus, ils ont abordé les problèmes relatifs au stockage et à l’analyse de données, aux acteurs publics et privés chargés de la surveillance ainsi qu’à la croissance du marché des données à caractère personnel. 

M. Puddephatt et M. Wagner ont également expliqué comment le droit à la vie privée et l’anonymat peuvent venir soutenir la liberté d’expression ou au contraire la limiter ; comme dans le cas de journalistes cherchant à publier des relevés bancaires personnels pour dénoncer la corruption. Les deux chercheurs ont déclaré qu’il faudrait évaluer, lorsque la liberté d’expression et la protection de la vie privée s’affrontent, laquelle des deux sert au mieux l’intérêt général pour pouvoir la privilégier.

Ils ont repris les recommandations de l’enquête sur la nécessité d’une protection constitutionnelle forte capable de protéger à la fois la vie privée et la liberté d’expression. Ils ont proposé de confier un rôle extrêmement limité au droit pénal sur ces questions et ont préféré insister sur des solutions issues de la société civile.

Gabrielle Guillemin d’Article 19, entre autres, a pris la parole contre la protection des contenus privés avant leur publication. Sophie Kwasny du conseil de l’Europe a quant à elle souligné l’importance des travaux en cours pour établir des normes de protection de la vie privée et des données.

Max Senges de Google a mis en garde contre la fixation de barrières de protection trop sévères et a pris l’exemple de données permettant de proposer des services personnalisés aux individus ou nécessaires au développement de l’interprétation simultanée en ligne. Il a également mis l’accent sur la capacité des entreprises à s’autoréguler et sur celle des citoyens à maîtriser les médias et l’information comme des moyens de protection de la vie privée et de la liberté d’expression.

Ceren Ünal, de la Bilkent University Faculty of Law en Turquie, a vanté les mérites d’outils de protection des données simples et pratiques, disponibles en plusieurs langues pour accompagner les utilisateurs d’Internet.

David Souter, de la société conseil ICT Development Associates, a loué l’enquête de l’UNESCO pour avoir établi un lien entre la liberté d’expression et le droit à la vie privée dans le cadre toujours mouvant d’Internet. Bien des personnes n’ont toujours pas adapté leur comportement en ligne aux menaces qui pèsent sur la protection des données.

Le responsable de la Division pour la liberté d'expression et le développement des médias (FEM) de l’UNESCO, Guy Berger, a présidé l’atelier et en a présenté les conclusions lors de la session plénière du forum sur la Sécurité, la transparence et la protection de la vie privée qui s’est tenue Jeudi.

L’Enquête mondiale sur la protection de la vie privée sur internet et la liberté d’expression fait partie de la Collection UNESCO sur la liberté de l’Internet et a été réalisée dans le cadre de son mandat de promotion d’une pleine liberté d’expression à la fois en ligne et hors ligne.




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