03.05.2007 -

L'UNESCO célèbre à Medellin (Colombie) la Journée mondiale de la liberté de la presse 2007 qui sera consacrée à la sécurité des journalistes

La sécurité des journalistes sera cette année le thème de la Journée mondiale de la liberté de la presse (3 mai), que l'UNESCO célèbrera à Medellin (Colombie). Cette commémoration comprendra un séminaire de deux jours et la cérémonie de remise du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO-Guillermo Cano, attribué cette année à titre posthume à la journaliste russe Anna Politkovskaya.

La sécurité des journalistes sera au cœur de cette Journée mondiale de la liberté de la presse, qui correspond au dixième anniversaire de la création du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO-Guillermo Cano. La Colombie a été choisie pour ma cet anniversaire puisqu'il s'agit du pays de l'éditeur Guillermo Cano Isaza qui a donné son nom au Prix. Guillermo Cano a été assassiné devant les bureaux de son journal, El Espectador, à Bogotá, en décembre 1986, sur l'ordre de barons de la drogue dont il avait dénoncé les activités dans le cadre de son travail de journaliste.

 

Dans son message publié à l'occasion de cette Journée mondiale, le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, lance un appel en vue d'améliorer la sécurité des journalistes et nous invite à « rendre hommage aux professionnels des médias qui ont perdu la vie et saluer ceux qui nous apportent l'information en dépit des risques et des dangers. Soyons avant tout bien conscients du fait qu'il existe un lien étroit entre la garantie de la sécurité des journalistes et l'exercice de nos propres libertés. Pour que nous puissions agir en tant que citoyens du monde informés, il est nécessaire que les médias soient en mesure de travailler librement et en toute sécurité. »

 

Le séminaire de deux jours consacré à la liberté de la presse, la sécurité des journalistes et l'impunité, débutera le 3 mai à 8h30 par un hommage à Guillermo Cano et l'inauguration de son buste dans le Parque Bolivar à Medellin avec la participation de Sergio Fajardo Valderrama, maire de Medellin, d'Ana Maria Busquets de Cano, veuve de Guillermo Cano Isaza, et d'Abdul Waheed Khan, Sous-Directeur général de l'UNESCO pour la communication et l'information.

 

A 9h45, la cérémonie officielle de remise du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO-Guillermo Cano aura lieu sur la Plaza Mayor de Medellin. Les personnalités les plus importantes qui prendront part à cette cérémonie seront notamment Francisco Santos Calderón, vice-président de la République de Colombie, Adriana Mejía, vice-ministre des Affaires étrangères de Colombie, des représentants des Fondations Cano et Ottaway, institutions finançant le Prix, et Kavi Chongkittavorn, président du jury indépendant de professionnels des médias du monde entier qui formule des recommandations au Directeur général de l'UNESCO quant à la sélection du lauréat.

 

A 11h20, Koïchiro Matsuura, Directeur général de l'UNESCO, remettra le Prix à Illya Politkovsky, le fils d'Anna Politkovskaya, assassinée à Moscou en octobre 2006. Mme Politkovskaya était chroniqueuse pour le quotidien Novaya Gazeta et une farouche militante des droits de l'homme. Elle était particulièrement célèbre pour les centaines d'articles qu'elle a publiés au sujet du conflit en Tchétchénie.

 

Sa mort n'est que l'une des nombreuses illustrations tragiques d'un problème qui n'a fait que s'aggraver au cours des 21 années écoulées depuis le meurtre de Guillermo Cano. Ainsi, 75 journalistes et 32 professionnels de la presse ont été assassinés l'an dernier, selon Reporters sans frontières, faisant de 2006 l'année la plus meurtrière pour cette profession.

 

D'après le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) environ 580 journalistes dans le monde sont morts dans l'exercice de leur fonction entre janvier 1992 et août 2006. Selon les informations transmises par le Comité, 71,4% de ceux-ci ont été assassinés, 18,4% sont morts lors d'échanges de tirs ou dans des circonstances liées à des combats et 10% au cours d'autres missions dangereuses. Les journalistes de la presse écrite sont les plus exposés au danger de mort, toujours selon le CPJ.

 

Si l'on en croit le CPJ, 85% des meurtres de journalistes au cours des 15 dernières années n'ont pas donné lieu à des enquêtes ou des poursuites judiciaires. Dans seulement 7% des cas ayant fait l'objet d'enquête, de poursuites et de condamnations, les commanditaires ont été traînés devant les tribunaux.

 

Le grand nombre de journalistes tués et l'impunité dont bénéficient très souvent les auteurs de ces crimes prouvent la nécessité de renforcer l'engagement de la communauté internationale qui a adopté deux résolutions afin de lutter contre ce problème: la Résolution 1738 du Conseil de sécurité des Nations Unies en 2006, et la résolution adoptée par la Conférence générale de l'UNESCO en 1997, deux documents condamnant et visant à limiter la violence contre les journalistes.

 

La Résolution 1738 réaffirme que les journalistes se trouvant dans des situations de conflit doivent bénéficier de la protection des lois internationales. Elle rappelle également l'obligation juridique des Etats parties aux Conventions de Genève de poursuivre et de juger les personnes responsables de graves infractions à ces Conventions. De même, la résolution adoptée par la Conférence générale de l'UNESCO en 1997 condamne les assassinats et les actes de violence perpétrés contre des journalistes en les qualifiant de crimes contre la société et recommande vivement que des mesures soient prises afin de mettre fin à leur impunité.

 

Durant le séminaire de deux jours, qui se tiendra au Centre international de conférences de Medellin, des allocutions seront prononcées par Rafael Molina, président de l'Association interaméricaine de la presse et Aidan White, Secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes. Des professionnels des médias de toutes les régions du monde y participeront également ; ils dresseront un bilan de la situation et proposeront des mesures destinées à améliorer la sécurité des journalistes, en particulier de ceux qui travaillent dans des zones de conflit.

 

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Le message du Directeur général, le programme de la Journée, ainsi que des informations relatives au Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO-Guillermo Cano et aux questions liées à la sécurité des journalistes dans le monde peuvent être consultés à l'adresse suivante : <a href="http://www.unesco.org/webworld/wpfd/2007">www.unesco.org/webworld/wpfd/2007</a>




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