07.09.2011 - UNESCO

L’UNESCO se mobilise pour la liberté d’expression avant la tenue des élections au Libéria

Centre de veille des médias du LMC à Monrovia - © UNESCO

A l’approche des deuxièmes élections générales (présidentielle et législatives) après conflit au Libéria, le projet de renforcement de la liberté d’information dans les Etats du fleuve Mano, financé par le gouvernement danois et mis en œuvre par l’UNESCO, a pour ambition de promouvoir la liberté d’expression dans cette région troublée.

Une presse libre repose sur l’accès universel à l’information et la capacité des médias à travailler en toute indépendance. Au Libéria, en raison des difficultés logistiques et de l’absence d’une culture de la transparence bien ancrée, l’accès aux médias et à l’information est encore restreint et réservé presque exclusivement aux Libériens qui vivent dans la capitale, Monrovia, ou à proximité. De plus, les journalistes n’ont pas les infrastructures, les formations et les rémunérations nécessaires pour faire un journalisme de qualité, du fait de l’instabilité financière du secteur des médias libérien.

L’UNESCO s’attaque à ces problèmes en menant différentes actions en coopération avec trois organisations partenaires : le Centre des médias du Libéria (Liberia Media Centre – LMC), le Centre pour l’étude des médias et l’édification de la paix (Centre for Media Studies and Peace Building – CEMESP) et le Centre international des journalistes de Washington (International Center for Journalists – ICFJ), ainsi que Luisa Handem Piette, boursière du programme Knight International du ICFJ.

Le projet de renforcement de la liberté d’information dans les Etats du fleuve Mano associe des campagnes de plaidoyer et de sensibilisation destinées aux législateurs et aux journalistes, pour faire prendre conscience de l’importance de la liberté d’information. Les actions comprennent des ateliers de formation pour les journalistes sur le reportage électoral et politique impartial en situation de conflit et des plans d’encadrement de la gestion pour les organes des médias libériens. Comme l’explique Lawrence Randall, directeur du LMC : « le projet favorise aussi le développement d’un journalisme impartial en mettant à la disposition des journalistes du matériel pour faire des interviews et prendre des images, l’accès à Internet et une ligne gratuite pour l’échange d’informations sur les élections ». Enfin, ce projet permettra de garantir une veille de l’ensemble des médias au cours des élections d’octobre 2011, en mettant en place un système d’alerte précoce pour prévenir les conflits et la violence, et en faisant pression sur les patrons de presse et les rédacteurs en chef pour qu’ils veillent à la qualité de l’information diffusée.

Selon Elisa Tinsley, directrice du programme de bourse d’études en journalisme Knight International de l’ICFJ, « le plus grand défi avant la tenue des élections d’octobre 2011 est de donner une information exacte et impartiale, principalement via la radio, aux 75 % des Libériens qui vivent en dehors de Monrovia ». Une couverture impartiale peut jouer un rôle important dans la tenue d’élections libres et équitables.

Le Libéria est depuis peu le premier pays d’Afrique de l’Ouest à avoir adopté une loi sur la liberté d’information. Son paysage médiatique est plein de promesses pour l’avenir. Les activités menées par l’UNESCO dans ce pays sont une bonne occasion de mettre à l’essai des projets qui pourront ensuite être étendus à l’ensemble de la région du fleuve Mano (Libéria, Sierra Leone, Guinée et Côte-d’Ivoire).

Une conférence réunissant des représentants des médias, des législateurs et des experts internationaux doit se tenir l’année prochaine. Cet événement permettra d’échanger des expériences car chaque pays est confronté à des problèmes différents liés à la liberté d’information et d’expression dans des contextes de post-conflit.




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