28.07.2011 - UNESCO

L’UNESCO propose de nouvelles approches pour l’enseignement du journalisme en Amérique latine

La réunion consultative latino-américaine sur les Modèles de cursus pour la formation au journalisme de l’UNESCO, organisée par le Bureau de l’UNESCO à Quito et l’Université technique privée de Loja (UTPL), s’est tenue les 19 et 20 juillet 2011 à Loja (Equateur).

Des universitaires, des directeurs d’universités et des experts ont examiné, aux côtés des professionnels des médias venus de onze pays latino-américains, les Modèles de cursus pour la formation au journalisme de l’UNESCO et leur application dans les écoles de journalisme et de communication d’Amérique latine. Parmi les intervenants figuraient Michael Cobden, professeur au King’s College de Halifax (Canada) et coordonnateur du projet des Modèles de cursus au niveau international ; Alvaro Rojas Guzmán, président de la FELAFACS (Fédération latino-américaine des facultés de communication sociale) ; Jaime Abello Banfi, directeur de la FNPI (Fondation pour un nouveau journalisme en Amérique latine) ; et Alicia Casermeiro, vice-présidente du CLAEP (Conseil latino-américain d’accréditation de l’enseignement du journalisme).

Dans son intervention, Michael Cobden a présenté les tendances de l’enseignement du journalisme au niveau international. Il a expliqué que la révolution numérique à laquelle nous assistons est vraiment démocratique : elle met à la disposition des citoyens des outils pour diffuser, consommer et analyser l’information. Les universités ont pour mission de guider les étudiants et de leur apprendre à se servir de ces outils pour produire des contenus de qualité. Mais leur rôle ne s’arrête pas là : selon M. Cobden les écoles de journalisme devraient encourager les étudiants à contester les gouvernements despotiques, car sans journalisme il n’y a pas de démocratie et sans démocratie il ne peut pas y avoir de bon journalisme.

Au cours des exposés, débats et ateliers, les participants ont fait des propositions et des recommandations pour appliquer les Modèles de cursus de l’UNESCO dans la région. Ils ont proposé, par exemple, d’introduire des cours de gestion d’entreprise, dans la mesure où aujourd’hui les journalistes sont souvent contraints de travailler à leur compte et de créer leur propre société en ligne.

La question du divorce entre les universités et les médias est revenue sans cesse au cours de la réunion : il faut développer des liens forts entre ces deux mondes afin de garantir aux étudiants un emploi à la fin de leurs études.

Les participants ont également insisté sur le fait que les journalistes ne sont pas des spécialistes en marketing ni en relations publiques : les cours de journalisme doivent être nettement séparés d’autres disciplines de la communication, même s’ils sont intégrés dans les facultés de communication.

Une autre question qui a fait l’objet de longs débats est l’importance d’associer une deuxième discipline aux études de journalisme. Cette association, qui est un point clé des Modèles de cursus de l’UNESCO, permet la spécialisation des journalistes dont nos sociétés ont tant besoin. Si cette approche est déjà répandue dans de nombreuses universités en Europe et en Amérique du Nord, elle reste plutôt rare en Amérique latine. Certains experts ont cependant exprimé leurs craintes concernant le danger d’ouvrir les études de journalisme à des diplômés d’autres filières, dans la mesure où les débouchés pour les diplômés en journalisme sont déjà limités.

Les participants ont également proposé d’ajouter des “cours libres” à adapter en fonction des nouveaux besoins de chaque université et de chaque pays ; ces cours permettraient de rendre les cursus plus souples pour qu’ils puissent s’adapter à l’évolution de la société.

Une autre recommandation concrète issue de la réunion porte sur la proposition de méthodologies pédagogiques dans les cursus. Pour améliorer l’enseignement du journalisme, il ne suffit pas de réformer les programmes : les méthodes d’enseignement et d’apprentissage doivent aussi évoluer pour s’adapter aux nouveaux modes d’acquisition du savoir. C’est pourquoi les participants ont convenu que la formation de formateurs est un autre besoin important dans les universités latino-américaines, en particulier au niveau de la maîtrise.

Les recommandations finales de la réunion seront un apport précieux pour préparer la deuxième version des Modèles de cursus, ainsi que pour définir la stratégie d’adaptation à mettre en œuvre en Amérique latine en 2012-2013.




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