28.11.2007 -

Formation à la sécurité pour les professionnels des médias palestiniens

Le Bureau de l'UNESCO à Ramallah et l'agence de presse Ma'an ont organisé un cours intensif de formation à la sécurité pour 33 journalistes, cameramen et photographes palestiniens en Cisjordanie. Cette formation de sept jours a permis aux participants d'acquérir de nombreuses compétences en matière de sécurité : gestion des conflits personnels, évaluation des risques, comment survivre dans un environnement hostile, compétences médicales.

L'UNESCO va également faire don aux organes d'information d'équipements de sécurité, de gilets de protection, de casques et de trousses médicales.

 

Une voiture transportant une équipe de reporters et cameramen est arrêtée par une milice qui a dressé un poste de contrôle. Le chef de la milice demande d'un ton violent les pièces d'identité et ordonne à tout le monde de sortir de la voiture. "Où allez-vous ? Que faites-vous ?", crie-t-il aux reporters paniqués. Ce genre d'exercice n'est que trop familier pour les journalistes de Cisjordanie qui ont participé à la formation organisée à Bethléem.

 

La sécurité des journalistes et cameramen qui travaillent pour les médias palestiniens, en Cisjordanie comme dans la bande de Gaza, a connu une rapide détérioration au cours des deux dernières années, en raison des conflits politiques internes et de l'accroissement de l'insécurité : attaques contre des organes d'information, confiscation de matériel, agressions physiques et menaces contre des journalistes et cameramen dans l'exercice de leur métier. Les professionnels des médias palestiniens sont littéralement pris entre deux feux, puisqu'ils sont inquiétés aussi bien par l'armée israélienne que par les forces de sécurité palestiniennes.

 

"C'est la meilleure formation que j'aie jamais suivie. Désormais, je sais mieux comment assurer ma protection et celle de mes confrères, et je suis en mesure d'aider des blessés ", déclare Muhammad Ganaiem de l'agence de presse palestinienne Ma'an. Il avait été blessé en 1999, touché à la jambe par un soldat israélien.

 

Les équipes des organes d'information internationaux sont souvent formées et équipées, mais les professionnels locaux n'ont généralement pas les moyens de se protéger. Les médias locaux ne peuvent pas acheter des gilets de protection, ni organiser des formations. Les journalistes prennent tous les jours des risques pour couvrir l'actualité dans une situation de conflit.

 

"Les femmes et les hommes qui travaillent dans les médias sont confrontés aux mêmes types de risques et de dangers. Tout d'abord, les risques liés à l'occupation. En second lieu, les journalistes subissent la pression de leur propre société : il y a des sujets et des problèmes qui sont tabous", explique une femme journaliste.

 

Les participants issus de médias publics et privés, agences de presse et chaînes de télévision, ont reçu une formation très complète sur les conditions de travail dans un environnement hostile : sécurité personnelle, évaluation des risques, compétences médicales, protection contre les tirs et les mines, postes de contrôle, émeutes, état de stress post-traumatique.

 

Après quatre jours de cours, six participants ont été sélectionnés pour suivre une formation de formateurs de trois jours, destinée à perfectionner leurs connaissances pour qu'ils puissent former leurs confrères aux questions liées à la sécurité.

 

La formation était assurée par un formateur de la société britannique TOR International. Le Croissant-Rouge palestinien a également donné un cours de premiers secours. En complément de la formation, L'UNESCO va fournir en décembre des gilets pare-balles, des casques et des trousses médicales aux organes d'information palestiniens. Le projet est financé par le budget ordinaire de l'UNESCO et la Finlande.




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