17.01.2013 - Secteur de la Communication et de l'information

L’UNESCO publie la Déclaration de Vancouver sur la numérisation et la conservation

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L’introduction et la mise en place de mesures de protection accrue du patrimoine documentaire numérique sont au cœur de la Déclaration de Vancouver UNESCO/UBC, La Mémoire du monde à l’ère numérique : numérisation et conservation. La version finale de la Déclaration vient d’être publiée en anglais et français après avoir été adoptée par les participants de la conférence internationale qui s’est tenue en septembre dernier à Vancouver au Canada.

L’UNESCO a organisé cette conférence, intitulée La Mémoire du monde à l’ère numérique : numérisation et conservation, en collaboration avec l’Université de Colombie-Britannique et grâce au soutien financier de plusieurs sponsors publics et privés pour déterminer les principaux facteurs permettant la conservation et l’accessibilité à long terme du patrimoine documentaire numérique.

On compte parmi les principaux sponsors Google, Microsoft, l’Azerbaïdjan, les Pays-Bas, l’Internet Society (ISOC), la Commission nationale du Canada pour l’UNESCO, le gouvernement du Québec ainsi que plusieurs institutions et universités canadiennes. Ils reflètent la diversité des acteurs concernés par l’avenir des documents numériques.  

La technologie numérique permet d’améliorer la capacité de créer et de partager des idées, informations et connaissances et contribue ainsi à l’éducation, la science et la culture pour soutenir un développement national et durable. Assurer la conservation des contenus numériques se révèle toutefois plus complexe et constitue un défi qui doit mener à la mise en place de politiques de conservation à long terme. Les gouvernements et institutions tentent souvent de numériser et de produire des documents numériques pour les diffuser globalement sans réellement comprendre les enjeux quant à l’intégrité et l’authenticité des informations ainsi créées. Un grand nombre de documents numériques sont d’ores et déjà inaccessibles et la situation ne semble pas devoir s’arranger au vu du volume croissant d’information disponible sous forme numérique.

Une des grandes conclusions de cette conférence est qu’une meilleure compréhension de l’environnement numérique est essentielle pour permettre la conception de modèles de conservation numérique conformes aux principes fondamentaux des cadres réglementaires institutionnels, qui contrebalancent l’accessibilité des ressources avec la vie privée, ainsi que l’acquisition de connaissances avec les droits économiques et respectent la propriété du patrimoine numérique.

A moins que la conservation du patrimoine numérique ne devienne une priorité de développement avec des investissements dans les infrastructures pour garantir l’accessibilité et l’usage à long terme des documents numériques, le risque de les voir disparaître à plus ou moins courte échéance grandit.

Les professionnels de l’information doivent acquérir les compétences qui leur permettront de mettre en œuvre des pratiques de numérisation et de conservation adaptés aux besoins des communautés et des gouvernements.

Ce sont plus de 500 personnes, dont des professionnels de l’information, des représentants venus des universités, des gouvernements et du secteur de l’information, des experts juridiques et bien d’autres qui ont débattu des stratégies à adopter pour permettre l’introduction ou la mise en place de mesures pour améliorer la conservation des contenus numériques.

Les participants ont adopté la Déclaration de Vancouver UNESCO/UBC après avoir longuement discuté de chaque thématique. La Déclaration formule des recommandations à l’UNESCO, à ses Etats membres, aux organismes de gestion du patrimoine et au secteur privé qui comprennent la préparation d’une feuille de route proposant des solutions, des accords et des politiques devant être appliqués par tous les acteurs concernés.

On compte parmi les recommandations :

  • la création d’une stratégie cohérente, conceptualisée et pratique pour assurer la gestion de la conservation de l’information dans l’environnement numérique sous toutes ses formes ;
  • la diffusion de cadres et de pratiques pour la gestion de la conservation numérique ;
  • la création d’un cadre réglementaire international portant sur les exceptions et limites du droit d’auteur pour garantir la conservation et l’accessibilité du patrimoine documentaire sous forme numérique ;
  • une collaboration plus étroite entre les associations de professionnels internationales et les autres organismes internationaux afin de développer des cursus universitaires portant sur la numérisation et la conservation et des programmes de formation pour la gestion et la conservation des documents numériques ;
  • l’organisation d’un forum pluripartite pour convenir de la normalisation des pratiques de numérisation et de conservation dont la mise en place de registres pour les documents numériques ;
  • l’élaboration de stratégies pour favoriser la transparence des gouvernements et le libre accès aux données numériques afin d’établir et de maintenir la confiance dans les documents gouvernementaux numériques ;
  • une coopération avec le secteur privé pour développer des produits facilitant l’enregistrement et la conservation de l’information numérique à long terme.

L’UNESCO prouve, avec cette conférence, qu’elle mène les débats sur le sujet de la conservation numérique à long terme. Il s’agit désormais de continuer à tenir cette position au niveau politique et intellectuel.




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