03.10.2013 - UNESCOPRESS

L’Afrique et les Etats arabes sont les régions les plus touchées par la pénurie d’enseignants, d’après une étude de l’UNESCO

Il faudra 1,6 million d’enseignants supplémentaires pour atteindre l’éducation primaire universelle d’ici 2015 et 3,3 millions d’ici 2030. C’est ce qui ressort d’une étude de l’Institut de statistique de l’UNESCO (ISU), publiée à l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, célébrée le 5 octobre.

Au total, ce sont 3,5 millions de postes supplémentaires qui devront être créés d’ici 2015 dans le premier cycle du secondaire et 5,1 millions d’ici 2030. C’est la première fois que les projections de l’ISU s’étendent à 2030 et comprennent des données sur ce niveau d’enseignement.

Aujourd’hui, 58% de pays dans le monde manquent d’enseignants pour atteindre l’éducation primaire universelle. Si toutes les régions du monde sont concernées par ce phénomène,  c’est en Afrique sub-saharienne que la situation est la plus préoccupante. Près d’un tiers des pays connaissant une pénurie se trouvent en effet sur ce continent. Or la pression pour recruter davantage d’enseignants devrait s’intensifier sur le continent avec la croissance de la population d’âge scolaire. D’ici 2030, il faudra créer 2,1 millions de postes supplémentaires en Afrique sub-saharienne et remplacer les 2,6 millions d’enseignants ayant quitté la profession.

Les Etats arabes arrivent en deuxième position pour la pénurie d’enseignants du primaire. D’ici 2030, la région devra faire face à une explosion de la population d’âge scolaire, avec 9,5 millions d’élèves supplémentaires. Pour faire face à ce défi, de nombreux pays de la région ont augmenté le nombre des recrutements au cours de la dernière décennie, ce qui devrait permettre de stabiliser la situation d’ici 2020. Pour atteindre l’éducation primaire universelle, la région devra créer 500 000 postes supplémentaires d’ici 2030 et remplacer 1,4 million d’enseignants ayant quitté le système.

Mais il existe de fortes disparités à l’intérieur des régions. Ainsi, l’Ethiopie devrait avoir suffisamment d’enseignants pour accueillir tous les enfants en âge de fréquenter l’école primaire d’ici 2015 si la tendance actuelle se poursuit. C’est également le cas de pays comme le Cameroun, la Namibie ou le Lesotho. Dans les Etats arabes, la Mauritanie ou le Yémen devraient combler leurs lacunes d’ici 2015.

A l’inverse, la situation s’aggrave dans des pays comme la Côte d’Ivoire, l’Erythrée, le Malawi et le Nigeria, où, si la tendance actuelle se confirme, les besoins en enseignants dans le primaire seront plus importants en 2030 qu’ils ne le sont aujourd’hui. Cette situation s’explique par une augmentation du nombre d’élèves.

Parallèlement, les effectifs du premier cycle du secondaire continuent d’augmenter à travers le monde. Le taux de scolarisation y a augmenté de dix points de pourcentage –de 72 à 82%- entre 1999 et 2011. Or, pour un nombre d’élèves équivalent, le niveau secondaire doit faire appel à plus d’enseignants que le primaire parce qu’il sollicite des enseignants ayant des connaissances spécifiques dans une matière donnée.

L’Afrique sub-saharienne à elle seule représente près de la moitié (46%) de la pénurie d’enseignants dans le monde. Il faudra en effet 1,6 millions d’enseignants dans les classes d’ici 2015 et 2,5 millions d’ici 2030.

Sao Tome et Principe fait figure d’exception. D’après les projections de l’ISU basées sur les tendances actuelles,  ce sera le seul pays de la région à disposer d’un nombre suffisant d’enseignants dans le premier cycle du secondaire d’ici 2015. En revanche, la pénurie risque de se maintenir au-delà de 2030 dans des pays comme le Tchad, la Zambie ou le Ghana. 

Pour faire face à cette situation, de nombreux pays ont augmenté le nombre de recrutements dans le premier cycle du secondaire depuis une dizaine d’années. Cette politique devrait porter ses fruits. Si la tendance se confirme, 42% de 148 pays confrontés à une pénurie devraient en effet combler le manque d’enseignants d’ici 2015. D’ici 2030, ce sera le cas pour 80% de ces pays.

La nécessité de combler le déficit d’enseignants sera au cœur des célébrations de la Journée mondiale des enseignants organisées au siège de l’UNESCO le 4 octobre. « Un appel pour les enseignant(e)s ! » est le slogan de l’édition 2013 de la Journée.

 

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Journée mondiale des enseignants à Paris et dans le monde

Plus d’information sur l’étude de l’ISU

eAtlas sur les enseignants

Infographie

 

Contacts médias : Amy Otchet, Institut de statistique de l’UNESCO à Montréal, tel : +1 514 343 79 33, a.otchet@unesco.org

Agnès Bardon, Service de presse de l’UNESCO, tel : +33 (0) 1 45 68 17 64, a.bardon@unesco.org

 

 

 




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