19.10.2011 - UNESCO

L’UNESCO soutient la recherche pour faire avancer la liberté d’information en Asie du Sud-Est

Malou Mangahas, directrice générale du PCIJ, et Karol Ilagan, directrice de recherche du PCIJ, répondent aux questions pendant la table ronde - © SEAPA

L’UNESCO participe à un projet de recherche coordonné par l’Alliance de la presse de l’Asie du Sud-Est (SEAPA) et le Centre philippin pour le journalisme d’investigation (PCIJ), qui doit aboutir à la rédaction d’un ouvrage procédant à une évaluation du statut actuel de la liberté d’information en Asie du Sud-Est avec l’identification des enjeux dans ce domaine. Le projet, qui bénéficie également du soutien de l’Agence suédoise de coopération internationale au développement (ASDI) et des Open Society Foundations, s’appuie sur l’ouvrage publié en 2001, The Right to Know: Access to Information in Southeast Asia. La nouvelle publication permettra d’actualiser la précédente édition, en tenant compte des évolutions qu’a connues la région dans le domaine de la liberté d’information au cours des dix dernières années.

L’Indonésie et la Thaïlande sont les deux seuls pays d’Asie du Sud-Est à disposer d’une législation nationale sur la liberté d’information. Au niveau sous-national, l’Etat de Selangor en Malaisie a également adopté une loi pour garantir le droit à l’information. Dans certains pays, des dispositions en matière de liberté d’information figurent dans la législation nationale sur la presse (ex. Cambodge et Laos) ; dans d’autres, ce droit est reconnu constitutionnellement (ex. les Philippines). Une législation ad hoc est néanmoins nécessaire pour garantir pleinement la liberté d’information. Plusieurs pays de la région ont déjà élaboré des projets de loi ou prévoient de le faire (ex. Viet Nam). Mais les diverses expériences en Asie du Sud-Est montrent que l’adoption d’une législation sur la liberté d’information ne met pas fin aux problèmes ; l’application de la loi se heurte souvent à d’énormes difficultés, généralement liées à des restrictions budgétaires, à des entraves à la procédure, à un manque de culture de l’échange d’information chez les fonctionnaires, et au faible niveau de conscientisation et de demande d’information publique de la part des citoyens.

La SEAPA et le PCIJ ont organisé les 29 et 30 septembre 2011 à Bangkok une table ronde avec une équipe de chercheurs/rédacteurs composée d’universitaires et de représentants d’organisations de défense de la liberté des médias et de la liberté d’information de différents pays d’Asie du Sud-Est. Cette réunion est la première étape de la préparation du futur ouvrage sur la liberté d’information. L’objectif était de définir une plate-forme et une méthodologie commune à appliquer à la recherche qui va bientôt démarrer.

Le projet a pour ambition d’étudier tous les pays de la région en plusieurs phases, en commençant par l’Indonésie, la Thaïlande, les Philippines, la Malaisie, le Viet Nam et le Cambodge. Le processus de recherche, qui va durer plusieurs mois, portera sur tous les secteurs concernés et s’accompagnera de forums ouverts sur la liberté d’information. L’ouvrage final doit permettre de faire avancer la mobilisation, le partage des connaissances et le renforcement des capacités dans le domaine de la liberté d’information. Ce sera un document de référence non seulement pour les journalistes, les universitaires et les organisations de la société civile, mais également pour rappeler aux gouvernements l’importance de ce droit et mettre à leur disposition une évaluation des expériences menées dans ce domaine et des problèmes rencontrés. Le projet va contribuer à renforcer l’autonomisation des citoyens et la transparence des gouvernements ainsi que la réponse gouvernementale aux besoins des citoyens.




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