31.01.2011 -

Le colloque de l'UNESCO nourrit le débat sur l'avenir de la liberté d'expression

Le 26 janvier 2011, l'UNESCO a organisé le deuxième Colloque international sur la liberté d'expression. La rencontre a réuni plus d'une centaine de participants et 255 internautes connectés pour suivre les débats webdiffusés en ligne.

La directrice générale Irina Bokova a accueilli les représentants des Etats membres, les journalistes, les ONG, les professionnels des médias et les universitaires. Dans son discours d'ouverture, elle a souligné le paradoxe entre les possibilités offertes par la révolution numérique et les problèmes qu'elle pose concernant la sécurité de ceux qui diffusent l'information. Birgitta Ohlsson, ministre suédoise chargée des affaires européennes, a rappelé le rôle crucial que joue la liberté de parole en matière de transparence gouvernementale. Dans son discours d'introduction, le rapporteur spécial des Nations Unies Frank La Rue a attiré l'attention sur l'impact considérable qu'ont les nouvelles technologies dans le domaine du journalisme et la nécessité de promouvoir la liberté d'accès aux côtés de la liberté de parole.

 

Le colloque était modéré par Helge Ronning, professeur en médias à l'Université d'Oslo. Les intervenants de la séance d'ouverture ont fait le point sur le statut de la liberté de la presse dans le monde. Selon Omar Osman, de la Fédération africaine des journalistes, le journalisme est la profession la plus dangereuse sur son continent. Jean-Francois Julliard, de Reporters sans frontières, a fait part de son inquiétude devant certaines lois adoptées dans des pays démocratiques, mais aussi les nouvelles menaces provenant d'instances privées. Gayathry Venkiteswaran, de l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud-Est, a observé que l'Asie du Sud a une attitude ambivalente face aux journalistes persécutés et qu'il est nécessaire de trouver un équilibre entre des médias libres et des médias éthiques. Khaled Abu Aker a dressé un tableau de la liberté de la presse dans le monde arabe, en évoquant l'impact des chaînes de télé satellite dans la couverture de l'information au Moyen-Orient.

 

Dans la matinée, une table ronde était consacrée au problème de la liberté d'expression sur Internet, avec les universitaires Guy Berger et Gordana Vilovic qui ont présenté des études de cas sur les propos xénophobes en Afrique du Sud et en Croatie, respectivement. William Dutton d'Oxford et Robert Boorstin de Google ont ensuite évoqué les difficultés que pose l'application d'un modèle de médias de masse sur Internet.

 

<a href="http://www.unesco.org/new/en/communication-and-information/freedom-of-expression/press-freedom/unesco-world-press-freedom-prize/previous-laureates/2010/">Mónica González Mujica</a>, lauréate du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano 2010, a ouvert la séance de l'après-midi en abordant la question de la sécurité des journalistes en Amérique latine et les effets pervers de l'impunité. Rodney Pinder de l'INSI a expliqué que les menaces qui pèsent aujourd'hui sur les journalistes sont plus locales et éloignées des zones de conflit. Nancy Roc a évoqué les obstacles auxquels doivent faire face les journalistes dans les régions ravagées par des catastrophes comme Haïti, tandis qu'Elizabeth Witchel du CPJ a présenté les résultats de l'indice de l'impunité établi par son organisation.

 

Le colloque, qui réunissait des individus et des organisations engagés dans le domaine du journalisme, n'a pas seulement nourri le débat sur l'avenir de la liberté d'expression, il a également favorisé le dialogue entre la société civile et les gouvernements - échange que l'UNESCO continuera de soutenir.




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