19.11.2015 - Communication & Information Sector

L’UNESCO met à jour son kit d’outils mondial pour le monde numérique

© UNESCO

A l’occasion du 70e anniversaire de sa création, l’UNESCO adopte un nouvel ensemble d’outils pour faire face aux questions clés liées à l’ère numérique : respect de la vie privée, liberté d’expression, radicalisation, discours incitant à la haine, accès à l’information et au savoir…

Au cours des débats de la 38e session de sa Conférence générale, l’UNESCO a abordé des questions pressantes pour tous les citoyens. Comment récupérer les souvenirs de ma famille quand les médiums où ils sont conservés deviendront obsolètes ? Comment être sûr que mes données personnelles sont protégées ? Mon gouvernement est-il en mesure de m’offrir des services en ligne complets ? Les journalistes sont-ils suffisamment protégés ? Comment les jeunes peuvent-ils développer un sens critique leur permettant de naviguer sur le web sans risque de tomber dans la radicalisation ? Peut-on faire d’Internet un espace mondial ouvert et sûr pour tout un chacun ?

Nous sommes en train de construire des sociétés du savoir, dans lesquelles la communication et l’information sont en passe de devenir des éléments omniprésents et essentiels de toutes nos activités. Le problème de la fracture numérique évolue. Les politiques et les outils doivent s’adapter à ces nouvelles réalités du XXIe siècle.

Avec ses 195 Etats membres, l’UNESCO a débattu de ces questions et adopté des résolutions qui auront des répercussions sur les gouvernements et les simples citoyennes et citoyens autour du monde.

A la suite du processus de consultations mondiales de deux ans qui a abouti à la conférence interCONNECTer les ensembles et à sa Déclaration finale sur les questions liées à Internet, l’UNESCO bénéficie désormais d’un soutien consensuel pour travailler dans les quatre domaines suivants : (1) l’accès à l’information et au savoir ; (2) la liberté d’expression ; (3) la vie privée ; et (4) les dimensions éthiques de la société de l’information.

La Conférence générale a également adopté le principe de l’universalité d’Internet pour que les objectifs de développement mis en place dans l’avenir soient cohérents avec un ensemble de quatre principes baptisé ROAM, d’après les sigles en anglais des droits de l’homme, de l’ouverture, de l’accès et de la participation multipartite.

L’UNESCO ne travaillera pas toute seule. Ce mandat exige la participation active de tous les acteurs, à commencer par les citoyens au niveau individuel capables de chercher, recevoir et répandre les informations. Conscients que l’éducation aux médias et à l’information est une compétence élémentaire à notre époque pour identifier le contenu pertinent et digne de foi, beaucoup d’Etats membres ont demandé à l’UNESCO de renforcer son action pour combattre les discours de haine, la radicalisation et l’extrémisme.

Les gouvernements ont également confirmé que la liberté d’expression et la liberté de la presse formaient une des bases du développement, sous toutes ses formes, et ont accueilli favorablement l’inclusion de ces questions dans le programme de développement pour 2030. En accord avec les résolutions prises au sein d’autres organisations des Nations Unies, les Etas membres ont en appelé à l’UNESCO pour qu’elle renforce son rôle de coordinateur dans le domaine de la sécurité des journalistes et la question de l’impunité.

Parce que l’information est un bien pour tous, l’UNESCO a également adopté une recommandation sur la préservation du patrimoine documentaire et son accès y compris sous forme numérique. Les archives et les bibliothèques publiques ou privées doivent faire face à de nombreux dangers : négligence, dépréciation et obsolescence technologique, catastrophes naturelles, conflits et attaques ciblées. Tous ces fléaux menacent, d’une façon ou d’une autre, la mémoire de l’humanité. On peut espérer qu’avec le temps cette recommandation atteigne le même niveau de reconnaissance que d’autres instruments de l’UNESCO sur le patrimoine qui ont déjà fait leurs preuves.
A partir de 2016, tous les pays commémoreront la « Journée internationale de l’accès universel à l’information » le 28 septembre. En instituant cette journée, l’UNESCO veut sensibiliser à l’importance du droit d’accès à l’information pour améliorer la vie des citoyens. Cette journée servira de catalyseur pour promouvoir des initiatives permettant d’étendre l’accès à l’information parmi les populations et les pays touchés par des fractures du savoir.

Le milliard de personnes handicapées est un des grands groupes le plus touché. En adoptant la Déclaration de New Delhi sur les TIC inclusives au service des personnes handicapées, l’UNESCO a affirmé sa volonté de favoriser leur participation dans l’emploi, l’éducation et la vie de la cité au sens large grâce aux nouvelles technologies. La philosophie de l’UNESCO est claire et simple : l’intégration n’est pas un fardeau, c’est un atout.
L’UNESCO va traduire toutes ces nouvelles initiatives en actions concrètes au cours des dix prochaines années. En accord avec l’ambitieux programme de 17 objectifs de développement durable adopté lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, l’UNESCO soutient qu’il ne peut y avoir de transformation durable au niveau économique, environnemental et social que si l’on permet à chaque citoyen de développer pleinement son potentiel en matière de communication et d’information.

Dans sa conclusion, le président des débats sur la communication et l’information, Dr Abdulla El Reyes, a déclaré à la Conférence générale : « Notre mission de construction de la paix au moyen du dialogue, de la communication et de l’information est un effort fragile et de tous les instants. C’est un travail essentiel pour l’humanité aujourd’hui et dans l’avenir. C’est le sens du travail que mène l’UNESCO au quotidien. »




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