29.09.2010 -

La lauréate du Prix mondial de la liberté de la presse 2010 parle du journalisme d'investigation en Amérique latine

Mónica González Mujica, lauréate 2010 du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO-Guillermo Cano, a fait une visite au Bureau de l'UNESCO à Quito pendant son séjour en Equateur. Elle a parlé du traitement journalistique du trafic de drogue et du crime organisé en Amérique latine et de la nécessité pour les journalistes de travailler en collaboration à l'échelle régionale.

Pour la lauréate du Prix mondial de la liberté de la presse, le journalisme est vital pour la vie démocratique d'un pays. Et c'est précisément le journalisme et la démocratie qui sont aujourd'hui menacés en Amérique latine. Le trafic de drogue et le crime organisé mettent en péril la démocratie dans la région et on ne prête pas suffisamment attention à cette menace. "Les journalistes et la société continuent à considérer ce phénomène comme un fait divers ou un sujet pour la presse à sensation. C'est une grossière erreur et un piège. Il s'agit en réalité d'un problème économique, politique et social, qui menace la vie quotidienne des gens".

 

"La peur est partout, a déclaré Mme González Mujica, mais les journalistes ont le devoir de combattre la peur et d'informer le public des menaces qui pèsent sur leur vie." Si le journalisme ne remplit pas cette fonction, son existence est en danger. Sans le journalisme, les citoyens sont aveugles, ils n'ont aucun moyen de savoir ce qui se passe. C'est pourquoi la qualité du journalisme d'investigation, qui donne une image exacte de la réalité en s'appuyant sur des faits vérifiés, est d'une importance primordiale. "C'est ce journalisme qui produit des effets et contribue au changement ", a ajouté la journaliste chilienne.

 

"Le journalisme d'investigation avance en Amérique latine grâce aux journalistes qui sacrifient leur temps, leur santé et leur argent. Mais en plus de l'engagement et de la conviction, il est nécessaire de développer le travail d'équipe, à l'échelle nationale mais aussi régionale", poursuit Mme González Mujica, qui pense qu'il s'agit du grand défi que les journalistes doivent relever. Le travail d'équipe n'est pas seulement un moteur de la recherche, c'est également un moyen d'offrir aux journalistes latino-américains le soutien et la protection qu'ils n'ont pas aujourd'hui. "Les journalistes sont très seuls. Le travail d'équipe à l'échelle régionale peut resserrer les liens et rendre leur travail plus efficace. Nous devons laisser notre ego de côté et commencer à travailler ensemble", a-t-elle conclu.




<- retour vers Actualités
Retour en haut de la page