Diversité linguistique parmi les usagers d'Internet

La firme de services de traduction Global Reach a déployé les efforts les plus directs en vue d’évaluer la diversité linguistique des internautes. Ces évaluations, préparées annuellement de 1996 à 2002, sont largement citées comme montrant un Internet où la diversité linguistique s’accroît sans cesse.22 Ces estimations sont basées sur celles de l’Union internationale des télécommunications (UIT) pour les populations d’usagers dans chaque pays, qui définissent un « usager » comme une personne ayant utilisé Internet au cours des trois derniers mois.

La Figure 4 présente l’estimation de Global Reach pour les populations des différentes langues. La période de 2003 à 2005 est indiquée par une ligne pointillée, puisqu’il s’agit de prévisions. Les langues identifiées s’apparentent à celles des études de l’OCLC. Comme il fallait s’y attendre, l’anglais avec quelque 230 millions d’usagers avait près de trois fois plus d’usagers en 2001 que la langue suivante, le chinois, avec environ 60 millions d’usagers. La Figure 4 fait voir que tous ces groupes d’usagers semblent en croissance exponentielle, sauf pour l’anglais et le japonais qui semblent ralentir. On estime qu’environ 50 % de la population de ces deux groupes linguistiques utilise déjà Internet.

A partir des estimations de Global Reach, on peut calculer les indices de diversité linguistique pour l’ensemble des usagers d’Internet ; ces valeurs sont présentées à la Figure 5. Puisque la composition du groupe linguistique « Autres » n’est pas défi nie dans les données de Global Reach, nous avons calculé des valeurs minimum et maximum pour l’indice, en assumant que « Autres » représente une seule langue (diversité minimale) ou une distribution uniforme parmi 6 000 langues (distribution maximale).

Il est étonnant de constater qu’en dépit d’importants gains initiaux de l’indice de diversité entre 1996 et 1999, la diversité linguistique semble se stabiliser après l’an 2000, en dépit de la croissance exponentielle de beaucoup de langues. De plus, les prévisions pour 2003-2005 continuent de démontrer cette tendance à la stabilisation ; l’augmentation prévue du nombre de personnes parlant chinois, en raison de son importance, limite dans les faits l’augmentation de diversité.

En ce sens, Internet n’a pas acquis sa diversité linguistique simplement en étant international et en reliant entre eux beaucoup d’internautes. Pour s’assurer que les langues des internautes sont représentées en ligne, il faudra s’attaquer à d’autres enjeux, et comme on peut le constater ci-dessous, ces enjeux peuvent s’avérer très spécifiques aux contextes des communautés en ligne.

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