Music by Prudence

© Osato Dixon/Prudence Mabhena

Documentaire, 2010, Etats-Unis/Zimbabwe, 32:30 minutes, version originale anglaise, sous-titrée en anglais pour les malentendants.

Synopsis

Le film Music by Prudence de Roger Ross Williams a reçu l’Oscar 2010 du meilleur court métrage documentaire, décerné par l’Académie américaine des arts et sciences du cinéma. Produit par iThemba Productions et Elinor Burkett, le documentaire de 33 minutes met en scène la talentueuse Prudence Mabhena. Née au Zimbabwe, la jeune femme est atteinte d’arthrogrypose, une maladie rare qui provoque de graves déformations articulaires. Prudence chante en cinq langues et fait connaître son immense talent au monde entier.

Prudence vit au Zimbabwe et pendant longtemps pratiquement personne ne connaissait cette voix envoûtante. Personne ne connaissait la force et la résilience de la femme à qui elle appartient. Quand Prudence est née, sa grand-mère paternelle voulait la laisser mourir. Au Zimbabwe, certains croient que les enfants handicapés sont le fruit de la sorcellerie. Il arrive, dans des cas extrêmes, qu’on les tue pour éloigner le “mauvais sort” de la famille.

La mère de Prudence garda sa fille et l’allaita. Après avoir été chassée de la maison par son mari (le père de Prudence), elle emmena le bébé dans son village natal et le confia à sa mère. La grand-mère maternelle de Prudence prit soin de l’enfant et lui apprit à chanter. Quand elle travaillait aux champs, elle portait la petite fille attachée sur son dos. Mais quand Prudence atteignit l’âge de sept ans, sa grand-mère comprit qu’elle ne pourrait pas s’occuper de son éducation. Elle l’envoya donc vivre avec son père, qui s’était remarié.

Chez son père, Prudence fut laissée à l’abandon et vécut dans l’isolement. Sa belle-mère refusait de la toucher, la traitant de “fourmi” inutile. Pendant deux ans, Prudence vécut comme un animal, rampant à même le sol et dormant dans son urine et ses excréments. Elle se traînait tous les jours jusqu’à un manguier dans la cour, en se disant que son cauchemar prendrait fin un jour. Elle était tellement désespérée qu’elle fit même deux tentatives de suicide.

La ville de Bulawayo, où a été tourné le film, forme une toile de fond pittoresque. A l’instar du reste du pays, la deuxième ville du Zimbabwe est en grande partie désorganisée. Les coupures d’eau et d’électricité sont monnaie courante. Il n’y a plus de nourriture dans les supermarchés et les habitants doivent s’approvisionner au marché noir. L’inflation et la criminalité montent en flèche.

Music by Prudence retrace le cheminement de cette petite fille et montre comment elle a réussi à transcender la haine et la superstition pour créer son propre univers de musique et d’amour où tout est possible.

La dernière scène du film est un concert de Liyana, le groupe formé par Prudence avec d’autres musiciens handicapés. Le public applaudit et siffle, puis le visage éclatant et souriant de Prudence remplit l’écran. Echo de la séquence d’ouverture, son visage est en symétrie parfaite avec le ciel africain, s’élançant vers l’espoir.

Roger Ross Williams, réalisateur et producteur

© Marc Yankus/Roger Ross Williams

Roger Ross Williams est réalisateur, scénariste et producteur de programmes d’information, de documentaires et d’émissions de divertissement pour la télévision. Il vit et travaille à New York depuis 25 ans. Il a travaillé pour ABC News, NBC News, MSNBC, BBC, CNN et PBS.

Williams a produit des émissions de divertissement pour ABC, CBS, Comedy Central, Food Network, Sundance Channel, TLC, VH1 et pour la série de Michael Moore TV Nation, primée par un Emmy Award. Il a réalisé des programmes de téléréalité en prime-time pour ABC et CBS, et produit une série de documentaires pour la chaîne Discovery et un magazine art de vivre pour Scripts Networks. Il a remporté de nombreux prix, dont le NAMIC Vision Award pour son émission spéciale Moroccan Style et le prix National Headliner pour son documentaire New York Underground.

Voici ce qu’il dit à propos de Music by Prudence : “Prudence est si étonnante, si dynamique, qu’on a vite fait d’oublier qu’elle est handicapée, elle est charismatique, brillante et attachante. L’Afrique est un endroit magnifique. Les Africains sont des gens extraordinaires et si proches de la terre. La région d’où est originaire Prudence – près des chutes Victoria – est d’une beauté saisissante. J’y ai séjourné [dans le village de la grand-mère de Prudence], j’ai dormi dans une case. Il n’y a pas d’eau courante, pas d’électricité. Je suis littéralement revenu à mes racines. J’ai adoré chaque minute que j’ai passée là-bas, assis près du feu à chanter des chansons. C’était une expérience spirituelle très forte. C’était facile de saisir cette atmosphère.”

A la fin du tournage du film, Prudence a dit à Roger : “Je veux gagner un Oscar !”. Quand le film a été nominé, il a appelé Prudence ; elle était très émue par cette nouvelle. “C’est incroyable, dit-il, qu’une fille qu’on a laissé croupir dans une case soit maintenant célébrée dans le monde entier pour son talent. J’espère que tout le monde ira voir ce film pour découvrir cette femme telle que j’ai eu la chance de la connaître.”

Retour en haut de la page