Tunisie, le chemin vers la démocratie

Radios libres - © Chedly Belkhamsa

La révolution tunisienne, qui a abouti sur le renversement du gouvernement Ben Ali le 14 janvier 2011, a démontré la force de la volonté qu’ont les Tunisiens à faire respecter leurs droits. Aujourd’hui, le pays doit relever le défi de la transition démocratique. Les premières élections libres depuis la révolution se sont tenues le 23 octobre 2011 ; elles ont permis d’élire les représentants de l’Assemblée nationale constituante (ANC), chargés de rédiger la nouvelle constitution de la Tunisie. Dans ce pays où est apparu le mouvement du printemps arabe, la construction de la démocratie, de la bonne gouvernance et du développement inclusif ne fait que commencer.

Le rôle de l’UNESCO en Tunisie est d’accompagner le processus de transition démocratique en mettant à la disposition des responsables politiques et des représentants de la société civile son expertise en matière de promotion des droits de l’homme et des valeurs démocratiques.

Afin de mieux répondre aux besoins des Tunisiens, l’UNESCO a ouvert un Bureau de Projet à Tunis en janvier 2012. Le premier chantier auquel s’est attelé ce bureau a été l’organisation, avec les autorités tunisiennes, de la conférence sur la Journée mondiale de la liberté de la presse qui s’est tenue à Tunis du 3 au 5 mai 2012. L’événement a rassemblé plus de 750 personnes de près de 90 pays différents. La Déclaration de Carthage, portant sur la liberté de la presse et la sécurité des journalistes, a été adoptée à l’issue de la conférence par l’ensemble des participants.

L’UNESCO a également apporté son soutien aux radios communautaires dans le cadre de sa participation à la conférence « Médias communautaires et le printemps arabe », organisée par l’Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC) les 9 et 10 mars 2012 à Tunis et du 16 au 18 mars à Gafsa. Au cours de cette conférence, l’UNESCO et l’AMARC ont dispensé une formation au sein de la radio la Voix des mines de Gafsa (Sawt al Manajem en arabe). Les jeunes journalistes qui ont suivi cette formation ont pu obtenir des renseignements sur les techniques de reportage et de conduite d’interview, la production de contenu sensible au genre, la gestion de la radio et la déontologie journalistique.

La liberté d’expression et d’information a été au cœur des débats lors de deux rencontres sur la liberté d’expression et l’accès à l’information qui se sont tenues les 2 et 3 juillet 2012 et ont rassemblé les membres des Commissions « Préambule et principes fondamentaux » et « Droits et libertés » de l’ANC et des experts internationaux de l’UNESCO. Lors de ces rencontres, les experts de l’UNESCO ont pu présenter aux membres de l’ANC les normes internationales dans le domaine de la liberté d’expression et ont exposé en particulier les cas de l’Afrique du Sud et de l’Indonésie.

Page de couverture de l'étude - © UNESCO

Afin de contribuer à la la transformation du secteur des médias en Tunisie, l’UNESCO a lancé en septembre 2012 une étude sur le développement des médias s’appuyant sur les indicateurs de développement des médias de l’UNESCO. Cette étude formule 50 recommandations portant à la fois sur le système de régulation, la diversité des médias, la place du débat démocratique dans les médias, la formation professionnelle et les infrastructures disponibles.

L’UNESCO apporte également son soutien à la réforme du secteur audiovisuel tunisien visant à marquer une transition vers un modèle de service public. Entre juillet et d’octobre 2012, la télévision tunisienne a accueilli deux experts afin de dresser un état des lieux de ses missions, de son fonctionnement et de son statut. Les résultats de cette étude devraient bientôt être rendus à la télévision tunisienne. De son côté, la radio tunisienne a entamé un large processus de consultation interne afin d’élaborer une charte déontologique. Un groupe de travail constitué de représentants des différentes antennes de la radio et chargé de rédiger cette nouvelle charte, a été créé le 10 septembre dernier à l’occasion d’un atelier sur la déontologie mené par un expert de l’UNESCO.

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