L’Heure de la Syrie : promouvoir la liberté d’expression par le biais de la radio

Sondage d’opinion sur les nouvelles cartes électroniques distribuées par WFP -  © UPP

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La troisième saison de l’émission de radio « Sa’a Suriya » (L’Heure de la Syrie) de l’UNESCO a été lancée lundi 24 février 2014. Cette émission s’inscrivait dans le projet de l’UNESCO « Sa’a Suryia : promouvoir l’accès à l’information et la liberté d’expression des réfugiés syriens en Jordanie par le biais d’émissions de radio ».

Sa’a Suryia, mis en place en collaboration avec l’ONG Un Ponte Per et financé par le Gouvernement du Japon, est une plateforme d’information destinée aux communautés de Syriens réfugiés dans le nord et le centre de la Jordanie. Les services proposés par cette plateforme proviennent d’organisations internationales et d’institutions locales et visent en particulier les femmes et les jeunes. Le programme contient aussi un service de soutien et de suivi psychologique par l’intervention d’une équipe de spécialistes.

Sa’a Suriya répond à un besoin immédiat des réfugiés syriens en Jordanie, car un grand nombre de femmes et de jeunes Syriens vulnérables ont un accès limité à l’information et disposent de peu de moyens de communication. Par ailleurs, les services humanitaires en Jordanie manquent souvent de moyens de diffusion de l’information qui soient clairs et constants.

C’est dans ce contexte que le Bureau de l’UNESCO à Amman a prolongé son précédent plan d’action visant les Syriens réfugiés dans des installations urbaines.

La première émission Sa’a Suriya avait été diffusée en novembre 2012 et était un projet pilote de trois mois mis en place à Irbid et Mafraq grâce au financement de l’Agence suédoise de coopération internationale pour le développement (SIDA), dans le cadre du projet « Promouvoir la création d’un environnement favorable à la liberté d’expression : action globale centrée plus particulièrement sur la région arabe ».

Ce projet s’est montré très utile aussi bien auprès des services d’aide humanitaire que des réfugiés syriens. C’est pourquoi à l’automne 2012, le Fonds des Nations Unis pour la population a prolongé le financement de trois mois.

Grâce au financement du Gouvernement du Japon qui prolonge le projet d’un an, l’UNESCO est en train d’élargir et de prolonger le programme, ce qui lui permet d’atteindre un plus grand nombre de personnes. Outre Yarmouk FM qui couvre déjà les gouvernorats d’Irbid et de Mafraq au nord de la Jordanie, la chaîne Farah al Nas diffusera désormais l’émission de radio bihebdomadaire dans les gouvernorats d’Amman et Zarqa, au centre de la Jordanie.

Chaque épisode de l’émission aborde un thème différent parmi les diverses priorités que sont l’éducation, la santé, la loi, les aspects psychosociaux, le travail, l’eau et la nourriture. Des spécialistes de ces domaines sont interviewés durant l’émission. Une participation des réfugiés syriens des communautés d’accueil a également été prévue par le biais de reportages et d’appels téléphoniques en direct.

Une première phase de formation a eu lieu le 12 février à l’Université de Yarmouk. Celle-ci était destinée plus particulièrement aux techniques de diffusion de radio et aux jeunes Jordaniens qui participeront à la préparation des reportages de chaque épisode. L’implication des jeunes Jordaniens et leur interaction avec les réfugiés syriens favorise la compréhension mutuelle de ces deux communautés.

Une seconde phase de formation a eu lieu à Farah Al Nas et était destinée à un nouveau groupe de jeunes, suivie d’une formation spécialisée à la couverture médiatique destinée aux deux groupes.

Odai Gharaibeh, l’un des journalistes jordaniens de Sa’a Suriya qui avait été formé lors de la deuxième saison, affirme que le programme l’a non seulement aidé à enrichir ses compétences, mais aussi à mieux comprendre la situation elle-même. Cela lui a donné l’opportunité de s’engager pour une cause humanitaire.

« Le principal objectif de ce projet est de donner une voix à la communauté de réfugiés syriens en Jordanie, en leur proposant une plateforme où ils puissent librement accéder à l’information et s’exprimer », affirme Ma’aly Hazzaz, Responsable national du programme au Bureau de l’UNESCO à Amman. « Il offre l’opportunité à ceux qui se sentent isolés et démunis de s’engager activement. Et ce sont eux qui sont le plus à même de participer à ce type d’opérations pour leur venir en aide ».

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