Programme

Grand programme 2012-2013
36 C/5

IV-CULTURE

04000 - Résolution 36 C/37 de la Conférence générale pour le grand programme IV

La Conférence générale

1. Autorise la Directrice générale :

(a) à mettre en œuvre, pour le grand programme IV, le plan d’action organisé autour des deux priorités sectorielles biennales et des six axes d’action suivants, en mettant tout particulièrement l’accent sur l’Afrique, l’égalité entre les sexes, les jeunes, les PMA, les PEID et les groupes sociaux les plus vulnérables, y compris les peuples autochtones ;

(b) à recourir également, lors de la mise en œuvre du plan d’action pour le grand programme IV, à la coopération Sud-Sud et Nord-Sud-Sud en tant que modalité complémentaire de l’exécution du programme, et à continuer à développer les partenariats avec la société civile, le secteur privé, les organisations du système des Nations Unies et d’autres organisations internationales à tous les stades de l’élaboration du programme, en vue de :

  • Priorité sectorielle biennale 1 : Protéger et promouvoir le patrimoine et les expressions culturelles

    (i) fournir un appui efficace aux États parties pour la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial (1972) en organisant les réunions statutaires de ses organes directeurs – l’Assemblée générale des États parties et le Comité du patrimoine mondial – et en veillant à ce que leurs décisions soient effectivement appliquées en temps voulu ;

    (ii) sensibiliser davantage à la protection et à la conservation du patrimoine en poursuivant le développement d’un système intégré et global de gestion de l’information et du savoir, ainsi qu’en menant des activités de promotion et de sensibilisation permettant d’accroître la visibilité de la Convention, et, à cette fin, faciliter la participation accrue des jeunes, des femmes, des communautés autochtones et des groupes vulnérables à la conservation du patrimoine mondial ;

    (iii) promouvoir la conservation du patrimoine culturel et naturel en tant que vecteur clé du développement durable, de la cohésion sociale, du dialogue et de la paix, notamment en collaborant avec les États parties afin de gérer l’impact du tourisme, de l’urbanisation et du changement climatique ;

    (iv) prendre des initiatives destinées à promouvoir l’inscription, sur la Liste du patrimoine mondial, de biens situés dans des régions sous-représentées et de catégories de patrimoine sous-représentées, et entreprendre des projets de conservation opérationnels dans les régions et pays prioritaires, y compris en faveur des biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en péril ainsi que dans les situations de post-conflit ou de post-catastrophe ;

    (v) renforcer l’action normative pour la protection des objets culturels en soutenant les réunions statutaires des Hautes Parties contractantes à la Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé (1954) et des Parties à son Deuxième Protocole, ainsi que du Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé créé en vertu du Deuxième Protocole, et mener des activités de renforcement des capacités et de sensibilisation aux niveaux international, régional et national ;

    (vi) veiller à la mise en œuvre effective de la Convention sur la protection du patrimoine culturel subaquatique (2001) en fournissant un appui efficace aux réunions des États parties à la Convention, en encourageant de nouvelles ratifications et en menant des activités de renforcement des capacités et de sensibilisation dans les États membres ;

    (vii) renforcer la mise en œuvre de la Convention concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels (1970), et fournir un appui aux réunions des États parties à la Convention ainsi qu’à celles du Comité intergouvernemental pour la promotion du retour de biens culturels à leur pays d’origine ou de leur restitution en cas d’appropriation illégale ;

    (viii) promouvoir la sensibilisation et la participation à la politique de l’UNESCO en matière de lutte contre le trafic illicite de biens culturels au moyen d’activités de renforcement des capacités et de partage de l’information, y compris l’enrichissement, la traduction et la mise à jour de la Base de données de l’UNESCO sur les législations nationales relatives au patrimoine culturel ;

    (ix) veiller à la mise en œuvre effective de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (2003) en facilitant le processus décisionnel de ses organes directeurs ainsi que les services consultatifs de leurs organes subsidiaires et consultatifs ; et appuyer et traiter les demandes d’assistance internationale formulées auprès du Fonds pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ;

    (x) améliorer la sauvegarde et la transmission du patrimoine culturel immatériel en aidant les États parties à mettre en place et/ou à renforcer les politiques nationales et les capacités humaines dans le domaine du patrimoine culturel immatériel ; faciliter la participation des communautés, des praticiens, des acteurs culturels, des ONG, des organisations à but non lucratif, des experts et des centres d’expertise à la mise en œuvre de la Convention, en mettant particulièrement l’accent sur les jeunes et les femmes ; mettre en œuvre des activités de sauvegarde financées grâce à l’aide internationale ; et utiliser efficacement les meilleures pratiques afin de sensibiliser l’opinion et de renforcer les capacités de sauvegarde, en ciblant notamment les jeunes et les femmes ;

    (xi) mieux sensibiliser l’opinion à l’importance du patrimoine culturel immatériel et de sa sauvegarde pour le développement durable, la cohésion sociale, le dialogue et la paix en développant plus avant un système intégré et complet de gestion de l’information et du savoir, et en assurant une promotion efficace des meilleures pratiques de sauvegarde ;

    (xii) appuyer les organes directeurs de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (2005) en organisant en temps voulu les réunions statutaires et l’analyse des rapports périodiques fournis par les Parties, et en assurant la gestion efficace du Fonds international pour la diversité culturelle, ainsi que la poursuite du développement des moyens et instruments de gestion des connaissances ;

    (xiii) mettre au point des activités de sensibilisation propres à améliorer la visibilité de la Convention et à accroître encore le nombre d’États parties ; appuyer l’élaboration et le renforcement de politiques destinées à promouvoir la création, la production, la distribution et la jouissance des expressions culturelles, ainsi que le développement des industries culturelles au niveau national ; et recueillir et diffuser les meilleures pratiques en la matière ;

  • Priorité sectorielle biennale 2 : Plaider pour la prise en compte de la culture et du dialogue interculturel dans les politiques de développement afin de promouvoir une culture de la paix et de la non-violence

    (xiv) plaider pour la prise en compte de la culture dans les politiques internationales de développement ainsi que pour son intégration dans les exercices de programmation conjointe des Nations Unies, y compris dans les Plans-cadres des Nations Unies pour l’aide au développement (PNUAD), et nouer des partenariats stratégiques visant à promouvoir le rôle de la culture dans le développement durable par des moyens appropriés ;

    (xv) renforcer la gestion pour le développement durable dans les villes en assurant la préservation du patrimoine et en recourant au Réseau des villes créatives, et améliorer la coopération entre les villes des pays développés et celles des pays en développement;

    (xvi) poursuivre les efforts en vue de créer un environnement favorable à l’émergence d’industries culturelles et créatives et à leur impact positif sur le développement socioéconomique des pays en développement ;

    (xvii) mobiliser des partenariats innovants pour promouvoir et renforcer le rôle de passerelles que jouent les musées sur les plans social, éducatif et économique, notamment en Afrique et dans les pays les moins avancés (PMA), afin de renforcer leurs capacités dans les domaines de la sauvegarde du patrimoine, de la sensibilisation à la diversité culturelle, et de la promotion de l’entreprenariat économique s’agissant de l’artisanat local, des industries culturelles et du tourisme culturel ;

    (xviii) démontrer le rôle que jouent les expressions culturelles, l’éducation artistique et le patrimoine en faveur du dialogue et de la cohésion sociale, en particulier dans les situations de post-conflit ou de post-catastrophe, en prêtant une attention particulière aux besoins des jeunes ;

    (xix) promouvoir l’usage pédagogique des histoires générales et régionales de l’UNESCO, en particulier l’Histoire générale de l’Afrique, en produisant des matériels pédagogiques et en les intégrant dans les programmes scolaires ;

    (xx) consolider les efforts visant à promouvoir le dialogue entre les cultures et à sensibiliser davantage aux interactions culturelles, à travers des projets phares tels que le projet La route de l’esclave : résistance, liberté, héritage, le projet Routes de la soie, l’initiative intersectorielle « Rabindranath Tagore, Pablo Neruda et Aimé Césaire pour un universel réconcilié », le Plan Arabia, et le projet Routes de l’indépendance : mémoire de la libération en Afrique ;

    (xxi) promouvoir le multilinguisme et améliorer les compétences interculturelles des jeunes au moyen des technologies de l’information et de la communication (TIC) ;

    (xxii) promouvoir et protéger les langues autochtones et les langues en péril ; et contribuer financièrement à la mise en œuvre d’activités concernant le multilinguisme à l’aide de ressources extrabudgétaires en vue d’assurer la diversité linguistique et un développement endogène ;

(c) à allouer à cette fin un montant de 15 708 400 dollars pour les coûts d’activité et de 36 504 800 dollars pour les coûts de personnel ;

2. Prie la Directrice générale :

(a) de mettre en œuvre les diverses activités autorisées par la présente résolution, dans toute la mesure possible au moyen de plates-formes intersectorielles ;

(b) de faire rapport périodiquement aux organes directeurs, dans les documents statutaires, sur la réalisation des résultats escomptés suivants, y compris les indicateurs de performance pertinents :

  • Axe d’action 1 : Protéger et conserver le patrimoine culturel et naturel par la mise en œuvre effective de la Convention de 1972

    (1) Mise en œuvre effective de la Convention du patrimoine mondial (1972) ;

    (2) Renforcement de la contribution des biens du patrimoine mondial au développement durable ;

    (3) Renforcement de la protection et de la promotion du patrimoine culturel et naturel, notamment en Afrique, dans les situations de post-conflit ou de post-catastrophe, dans les petits États insulaires en développement (PEID) et dans les pays les moins avancés (PMA) ;

  • Axe d’action 2 : Renforcer la protection des biens culturels et lutter contre le trafic des biens culturels par la mise en œuvre effective des Conventions de 1954, 1970 et 2001

    (4) Renforcement de la protection des biens culturels par la mise en œuvre effective de la Convention de 1954 et de ses deux Protocoles ;

    (5) Promotion de la mise en œuvre effective de la Convention de 2001 et renforcement de la coopération internationale pour la préservation du patrimoine culturel subaquatique ;

    (6) Mise en œuvre effective et renforcée de la Convention de 1970 et renforcement des mesures de lutte contre l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels ;

  • Axe d’action 3 : Sauvegarder le patrimoine culturel immatériel par la mise en œuvre effective de la Convention de 2003

    (7) Sauvegarde accrue du patrimoine culturel immatériel par la mise en œuvre effective de la Convention de 2003 ;

    (8) Renforcement du rôle des organes directeurs de la Convention de 2003, notamment par l’organisation efficace des réunions statutaires ;

    (9) Renforcement des capacités de sauvegarde des États membres au niveau national, en particulier dans les pays en développement ;

  • Axe d’action 4 : Soutenir et promouvoir la diversité des expressions culturelles par la mise en œuvre effective de la Convention de 2005

    (10) Mise en œuvre effective de la Convention de 2005 ;

    (11) Soutien et renforcement des politiques, mesures et programmes se rapportant à la Convention de 2005 aux niveaux national, régional et international ;

    (12) Identification, diffusion et partage avec les États parties à la Convention de 2005 d’informations et de bonnes pratiques concernant la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles ;

    (13) Promotion du rôle de la culture dans le développement durable grâce aux industries créatives et culturelles et à des initiatives qui encouragent les projets conjoints afin de promouvoir l’innovation, la production et les échanges culturels en tant que vecteurs de croissance ;

  • Axe d’action 5 : Promouvoir le rôle de la culture dans le développement aux niveaux mondial, régional et national

    (14) Clarification des approches de la culture et du développement pour orienter les États membres et les aider à élaborer des politiques de développement inclusives ;

    (15) Meilleure intégration, dans les politiques internationales de développement et dans les exercices de programmation conjointe par pays des Nations Unies, du rôle de la culture dans le développement durable en vue de renforcer l’inclusion sociale et la cohésion des communautés, le développement humain et la croissance économique ;

    (16) Contribution accrue des villes au développement durable ;

    (17) Promotion des activités dans les domaines du livre, de la traduction et de l’artisanat ;

    (18) Promotion du rôle social, économique et pédagogique des musées en tant que vecteurs du développement durable et du dialogue interculturel, et renforcement accru des capacités dans ce domaine, en particulier dans les pays en développement ;

    (19) Promotion et protection des langues autochtones et des langues en péril ;

  • Axe d’action 6 : Promouvoir le dialogue interculturel, la cohésion sociale et une culture de la paix et de la non-violence

    (20) Promotion du patrimoine comme vecteur du dialogue, de la coopération et de la compréhension mutuelle, notamment dans les pays en situation de post-conflit, en tant que volet spécifique d’initiatives plus larges destinées à encourager les approches innovantes et créatives de la culture en tant que passerelle vers un développement social, économique et humain durable ;

    (21) Promotion et utilisation accrues, à des fins pédagogiques, des histoires générales et régionales publiées par l’UNESCO ;

    (22) Meilleure connaissance de la traite négrière, de l’esclavage et de la diaspora africaine ;

    (23) Renforcement, aux niveaux local, national et régional, des conditions, des capacités et des modalités du dialogue interculturel et de la culture de la paix ;

3. Prie également la Directrice générale de rendre compte, dans ses rapports statutaires semestriels sur l’exécution du programme adopté par la Conférence générale, des mesures prises pour assurer une utilisation optimale des ressources dans la mise en œuvre des activités de programme, en incluant les voyages, les services contractuels et les publications ;

4. Prie en outre la Directrice générale d’exécuter le programme de telle sorte que les résultats escomptés définis pour les deux priorités globales – l’Afrique et l’Égalité entre les sexes – en ce qui concerne le grand programme IV soient eux aussi pleinement atteints.

-Consulter le Programme en intégralité

 

Retour en haut de la page