Sharjah à tout Prix

1. Un Prix inspiré et financé par l’Émirat de Sharjah[1]

Pour commémorer la désignation de la ville de Sharjah en tant que Capitale culturelle de la région arabe en 1998, le gouvernement de l’Émirat de Sharjah et Son Altesse le Sheikh Sultan bin Mohammed Al-Qassimi ont proposé à l’UNESCO de créer un prix. D’un commun accord, il fut destiné à récompenser deux personnalités, l’une originaire du monde arabe et l’autre d’une autre région, ayant œuvré, par leur travail et leurs réalisations exceptionnelles, à la diffusion d’une meilleure connaissance de l’art et de la culture arabes.

Créé sous ces bons auspices pour une cause devenue urgente, le Prix UNESCO-Sharjah pour la culture arabe a couronné, depuis 2001, les efforts de seize personnalités exceptionnelles réparties dans les différents continents. Ces figures ont été distinguées soit en reconnaissance de leur contribution, chacun dans sa discipline, à l’art et à la culture arabes, soit pour leur participation à la diffusion de ces derniers à l’extérieur du Monde arabe. Tous ensemble, ces lauréats se sont érigés en émissaires d’une nouvelle génération de chercheurs, d’artistes, de philosophes, d’écrivains et de traducteurs dont le souhait le plus intime est d’œuvrer pour un véritable dialogue entre la culture arabe et les autres cultures […].

 

2. Le Souverain mécène[2]

Cet Émirat peut paraître un petit point sur la carte : il a cependant joué et joue encore, grâce à son Souverain, un rôle culturel que tout le monde pourrait lui envier. Car Cheikh Al-Qassimi ne se contente pas d’être simplement le Souverain de Sharjah : il est aussi un homme extrêmement cultivé, titulaire de deux doctorats, soutenus en Grande-Bretagne, l’un en histoire et l’autre en géopolitique du Golfe. Il est l’auteur de nombreuses publications littéraires et historiques.

Son Altesse a abondamment contribué, par ses ouvrages, au rayonnement de la culture arabe […]. Par sa vaste connaissance de l’histoire de l’orientalisme français, rendue manifeste à l’occasion de son discours de réception de la médaille de Commandeur d es Arts et des Lettres, il contribue à enrichir la recherche dans le domaine de l’histoire des idées, héritée de la Renaissance : L’imprimerie arabe en France d’après Savary de Brèves, La bibliothèque orientale d’Herbelot de Molainville, La description de l’Égypte ordonnée par Napoléon Bonaparte, Le Voyage en Syrie et en Égypte de Volney, etc.

C’est donc en homme épris de mots et de livres que ce Souverain n’a pas hésité à faire de Sharjah un centre de rayonnement culturel d’abord régional, puis international, notamment avec la création, conjointement avec l’UNESCO, de ce prix dédié au rayonnement de la culture arabe. Ses actes en faveur de la culture témoignent de l’amour qu’il porte à la civilisation qui l’a bercé et qui l’a vu grandir et de son ambition de recueillir et de faire revivre son histoire, comme un parfum d’Al-Andaluz, à travers le respect dû à l’écrit.

 

3. Sharjah, l’Émirat où la culture est reine[3]

Baigné à l’ouest par le Golfe arabique et à l’est par la mer d’Oman, l’Émirat de Sharjah a su affirmer son caractère unique, grâce à la subtile alliance entre le développement économique et le souci de préserver sa culture authentique. […]

D’abord, l’héritage culturel. D’importants investissements ont permis la création de musées et de centres du patrimoine. Les sites et monuments historiques ont été préservés ou restaurés dans l’ensemble de la ville. […] De même, la ville connaît une importante activité artistique et pédagogique. La Biennale des arts de Sharjah est une manifestation qui attire des artistes venus des quatre coins de la planète. De plus, le département de l’Information de l’émirat organise, chaque année, plusieurs manifestations culturelles dont le Salon du livre, qui se déroule au mois de novembre. Il programme également divers festivals instructifs et techniques pour les enfants. […]

Pour saisir encore mieux ce qu’est Sharjah, une visite aux quartiers des arts et du patrimoine s’impose.

Le premier se situe juste à la sortie de la corniche et du côté nord de l’avenue Burj (Ras de la Banque). […] On y découvre le musée des Arts de Sharjah, son centre artistique, les galeries et le centre d’art, ainsi que la société émirienne des Beaux-arts. Le centre artistique est un bâtiment légèrement restauré où résidait autrefois le commissaire britannique de la côte d’Oman et qui devint plus tard l’hôpital missionnaire. Ce centre dispense aujourd’hui des cours donnés par des professeurs qualifiés à des personnes de tous âges et de tous niveaux. Non loin se trouve le Café des Arts, point de rencontre d’artistes, réunis autour de thèmes locaux. Tout au bout du quartier, de nombreux studios servent de lieu de travail aux artistes. De l’autre côté de la place, se dresse le musée des Arts de Sharjah. Il compte au total 32 salles, dont 8 consacrées à la collection privée du souverain, qui en a fait don au musée. […]

De l’autre côté de l’avenue Bourj, on trouve le Quartier du patrimoine consacré aux marchés, aux lieux de rencontre et aux petits musées locaux. Cet endroit constitue un exemple de l’engagement pris par Sharjah en matière de patrimoine et de culture. Ce qui lui a valu d’ailleurs le titre de capitale culturelle du monde arabe, qui lui a été décerné par l’UNESCO. Le quartier abrite ainsi le Musée islamique qui renferme une collection de manuscrits islamiques rares, ainsi que des objets d’art arabe. […]

À peine a-t-on quitté les anciens souks, les bâtiments restaurés et les sites touristiques que de nouvelles constructions à caractère arabe se révèlent. Elles sont entourées par des parcs et des jardins qui se sont multipliés dernièrement dans cette région désertique. Là, de grands hôtels, des restaurants et de nombreuses enceintes vertes accueillent les touristes. Sharjah compte vingt-sept jardins. Quelque 729 000 m² ont été boisés par la mairie, initiative à double intérêt environnemental et esthétique. Afin de lutter contre la chaleur, les vents, les tempêtes et l’humidité, la mairie cherche activement à cerner la ville par des ceintures vertes. La végétation est parfaitement adaptée au climat désertique. Elle est sélectionnée en vertu de sa résistance à la haute température et à la salinité de l’eau et de la terre. À trois kilomètres de l’aéroport international, le parc national de Sharjah s’étend sur plus de 600 000 m². […]

À explorer ainsi les immenses espaces de verdure, on oublierait que cette ancienne ville s’est installée dans le désert. […] L’exploration étant à la portée de tous, les paysages et le patrimoine de Sharjah auront toujours quelque chose à nous révéler. 

 


[1]           Extrait de l’allocution de Francesco Bandarin, Sous-directeur général pour la culture de l’UNESCO, à l’occasion de la 8e édition du Prix (2009).

[2]           À partir d’une présentation par la Délégation permanente des Émirats arabes unis, lors de la cérémonie officielle de la 8e édition du Prix.

[3]           Extraits du numéro de juin 2003 de la revue Le Message des Émirats.

 

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