Lauréats de l’Édition 2012-2013

Noreen Abu Oun (directrice exécutive de l’ABC), Imogen Ware (directrice de projets) et Virginia Forbes (Présidente). © Arab British Centre

La Directrice générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova, a décidé, suite à la recommandation du Jury international présidé par le professeur Stephen Humphreys (États-Unis d’Amérique), d’attribuer le Prix UNESCO-Sharjah pour la culture arabe à l’Arab British Centre (ABC), du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, et à l’intellectuel algérien Mustapha Cherif.

Le Jury international a retenu ces deux lauréats parmi 35 candidatures, 14 non-arabes et 21 arabes, de 17 pays différents – dont plusieurs participaient au prix pour la première fois. Le choix  s’est porté sur les lauréats du Royaume-Uni et d’Algérie pour la qualité du travail présenté, leur reconnaissance internationale et l’originalité de leurs approches.

Chacun à sa façon, l’ABC et Mustapha Cherif ont créé des espaces de dialogue, d’échange et de compréhension mutuelle pour lutter contre l’ignorance et les préjugés.

Animée par des jeunes dynamiques, formant une équipe réduite autour d’une même passion – celle de la culture et des arts du monde arabe –, l’ABC est une organisation britannique (première organisation primée dans l’histoire du Prix UNESCO-Sharjah, également premier lauréat du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord) présidée par Virginia Forbes. Ce centre diffuse l’information et organise des événements dans ses locaux et à l’extérieur, avec la collaboration d’autres organisations qu’il finance avec un budget pourtant limité. L’un des plus récents et majeurs projets de 2012 s’intitulait « Safar, un voyage à travers le cinéma populaire arabe ». L’ABC dispose d’un réseau riche et actif, ainsi que de partenaires promouvant tous les aspects de la culture arabe et des arts au Royaume-Uni. La préoccupation principale de cette organisation lauréate est de dissiper les préjugés contre la culture et les sociétés arabes, en particulier dans le contexte sociopolitique actuel. L’ABC organise notamment des débats et des tables rondes à propos des futures perspectives artistiques dans le contexte du Printemps arabe.

Algérien, Mustapha Cherif contribue, depuis plus de trente ans, à la connaissance de la culture arabo-musulmane ainsi qu’à la promotion du dialogue interculturel et du vivre-ensemble. Ancien diplomate et homme politique, il aura également consacré une bonne partie de sa carrière à l’enseignement scientifique. Chercheur, il a procédé à la mise en place de modules en civilisation et cultures arabo-musulmanes à l’Université d'Alger, à l’École supérieure de Sciences politiques et Relations internationales d'Alger, ainsi qu’à l’Université ouverte de Catalogne. II est le cofondateur du Groupe d'amitié islamo-chrétien, dont il a été le premier coprésident, en 1993, ainsi que du Forum mondial islamo-catholique. En tant qu’essayiste, le lauréat a publié plusieurs ouvrages sur le dialogue interreligieux, dont on peut citer L’islam et l’occident (Odile Jacob, Paris, 2006), Rencontre avec le Pape (Barzakh, Alger, 2011) et Le Prophète et notre temps  (Albouraq, 2012, Paris). À travers ses écrits et ses communications, Mustapha Cherif œuvre à ce « que l’esprit de l’Andalousie renaisse sous les formes que notre temps exige ».

Les deux lauréats se verront remettre le Prix UNESCO-Sharjah pour la culture arabe, doté d’une somme de 30 000 dollars des États-Unis pour chacun, lors d’une cérémonie qui se tiendra le 25 avril 2013 à la Maison de l’UNESCO, à Paris. Un programme riche et varié sera proposé au public à l’occasion de cette 11e Édition du Prix.

Il s’agit d’un tournant pour l’UNESCO et l’Émirat de Sharjah dont les efforts conjoints, au bout de dix ans de travail, consolident encore plus la place de ce prix dans la scène culturelle mondiale, au carrefour des cultures d’Orient et d’Occident. En parfaite adéquation avec les valeurs fondamentales de l’UNESCO, et au cœur des nouveaux enjeux et défis qu’impose le monde contemporain, le Prix UNESCO-Sharjah pour la culture arabe met en évidence l’urgence actuelle qu’il y a à faire concrètement dialoguer les cultures, les identités et les différences, autour des héritages partagés.

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