Le patrimoine mondial au cœur du mandat de paix de l’UNESCO

© UNESCO, Mémorial de la paix d'Hiroshima (Dôme de Genbaku)

Dans l’imaginaire populaire, les sites du patrimoine mondial sont souvent synonymes de rêves et de beauté. Or, la valeur remarquable d’un site se mesure d’abord à l’aune de principes de développement durable, d’authenticité, d’écologie, de conservation scientifique, d’identité et d’histoire des peuples. Ce rôle s’illustre pleinement dans l’inscription des sites de mémoire, et l’UNESCO doit relever l’immense défi de rapprocher les peuples à une échelle inédite pour ouvrir un chemin vers la paix. Ainsi notre patrimoine commun se révèle-t-il notamment dans la reconnaissance d’événements tragiques de l’histoire de l’humanité.

Le 27 janvier 2013, l’UNESCO organise la Journée de commémoration de l’Holocauste. Ce  jour-là, en 1945, les forces soviétiques ont libéré le camp de concentration et d’extermination  nazi, Auschwitz-Birkenau, en Pologne. En 1979, le Comité du patrimoine mondial inscrivait le site d’Auschwitz- Birkenau – Camp allemand nazi de concentration et d’extermination (1940-1945) sur la Liste du patrimoine mondial en reconnaissant sa valeur universelle exceptionnelle.

© UNESCO, Auschwitz Birkenau, Camp allemand nazi de concentration et d'extermination (1940-1945)

Le mandat de l’UNESCO fixe non seulement la transmission de l’histoire mais également à prendre acte de projets de haine pour les transformer en instruments de paix.  Le camp d’Auschwitz est le témoin d’un des épisodes les plus sombres de l’histoire du XXème siècle, des atrocités commises par les nazis envers le peuple juif et d’autres minorités ainsi que la preuve des conditions dans lesquelles s’est opéré le génocide nazi.

© UNESCO, Quartier du Vieux pont de la vieille ville de Mostar

Selon les principes énoncés dans le critère de sélection (vi), parmi les dix s’appliquant aux inscriptions sur la Liste,  le Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO a également désigné quatre autres  sites comme représentatifs d’événements de la mémoire collective et des valeurs universelles associées au patrimoine.

  • Le Mémorial de la paix d’Hiroshima, au Japon est un haut lieu de mémoire du désastre de la première bombe atomique le 6 août 1945. Le dôme de Genbaku est le dernier vestige de cette catastrophe, et ce sont les habitants d’Hiroshima eux-mêmes qui ont préservé ce lieu inscrit sur la liste en 1996.
  • L’île de Gorée au Sénégal est un des lieux emblématiques de la traite des esclaves. Inscrite sur la liste en 1975, l’île a conservé les maisons d’esclaves et la porte du « voyage sans retour » à travers laquelle les esclaves, privés de la dignité humaine la plus fondamentale, embarquaient sur les bateaux pour les Amériques.

© UNESCO, île de Robben

  • Robben Island en Afrique du Sud a été aux cours des siècles l’emplacement de persécutions racistes et sociales envers des groupes minoritaires, jusqu’au XXème siècle avec la prison pour les opposants politiques sous le régime de l’Apartheid, où Nelson Mandela fût enfermé pendant presque 20 ans.
  • Le quartier du Vieux pont de la vieille ville de Mostar fut gravement endommagé au cours de la guerre en Bosnie et Herzégovine de 1992 à 1995 et le vieux pont détruit. Reconstruit grâce aux efforts de la communauté internationale, ce site est un symbole de la réconciliation de communautés d’origines culturelles, ethniques et religieuses différentes, ainsi que de la solidarité humaine pour la paix. 

© UNESCO, île de Gorée

Ces lieux nous renvoient à  un des principes fondateurs de l’UNESCO contenus dans son Acte constitutif : « les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix  ». Témoins d’événements douloureux de l’histoire de l’humanité,  ces sites sont des remparts contre le négationnisme et nous forcent à tirer les leçons du passé pour construire un avenir plus pacifique. Ils sont là aussi pour construire des ponts entre les peuples  et les aider à surmonter les traumatismes du passé.  Ils sont là aussi pour créer des ponts entre les peuples et les aider à surmonter les traumatismes du passé. Plus que jamais et face à la montée des extrémismes, l’UNESCO œuvre pour que le patrimoine trace une carte de l’interdépendance pacifique de l’humanité.

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