Mise en œuvre militaire de la protection des biens culturels

Les militaires en action © UNESCO

Sécurité internationale

Il est aujourd'hui largement reconnu par la communauté internationale que la protection des biens culturels dans le contexte d'un conflit armé est essentielle pour la sécurité de l'environnement humain. Plusieurs États signataires de la Convention de La Haye de 1954 et de ses protocoles ont ainsi inclus la protection des biens culturels dans leurs politiques et doctrine de sécurité nationale, et ont donné pour instruction à leurs forces armées d'agir conformément au droit international humanitaire et aux règlements concernés.

  • La Convention vise à fixer les règles pour les États parties au cas où ils s'engageraient dans un conflit armé. Certaines des dispositions clés consistent à établir en temps de paix, au sein de l'armée, des services qui assurent le respect des biens culturels et la coopération avec les autorités civiles qui sont chargées de leur sauvegarde (Article 7). En outre, le Deuxième Protocole prévoit l'incorporation des directives et instructions sur la protection des biens culturels dans les règlements militaires (Article 30). 
  • Certaines dispositions de la Convention de La Haye de 1954 sont aujourd’hui considérées comme faisant partie du droit international coutumier et sont donc applicables, que les États soient parties ou non à la Convention. De nos jours, les conflits armés impliquent souvent des groupes armés non étatiques qui opèrent au-delà des frontières des États par le biais de structures semi-coordonnées de type cellulaire. Pourtant, ces groupes doivent eux aussi se conformer aux règles internationales de protection des biens culturels, bien que de nombreux exemples d'endommagement, de destruction et de pillage délibérés et systématiques de biens culturels par des acteurs armés non étatiques sont connus.

Les biens culturels se sont avérés être un agent important dans la réconciliation et la reconstruction post-conflit. Par conséquent, un nombre croissant de forces armées ont intégré la protection des biens culturels dans leurs opérations humanitaires pour la stabilisation sociale et économique. La conservation, la restauration et le rapatriement des biens culturels facilitent le dialogue culturel et la reprise du folklore et des traditions renforcent les identités sociales. Du point de vue de la sécurité, l'UNESCO défend l'idée que le respect des biens culturels peut agir comme un multiplicateur de force et contribue à la désescalade des conflits armés.

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