Message de la Présidente du Comité

Durant ces dernières années, nous avons observé des réalisations  constantes du Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé dans le suivi de la mise en œuvre du Deuxième Protocole, la gestion du système de protection renforcée et l’assistance financière octroyée au titre du Fonds pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé. 2014 a été une nouvelle année de progrès sur cette voie grâce aux multiples actions pour la protection des biens culturels, menées avec succès par l’UNESCO en République arabe syrienne et en Iraq. Pour autant, la situation reste extrêmement tendue et, d’un point de vue global, il existe toujours un besoin manifeste de renforcer la protection des biens culturels dans le monde entier, en temps de paix comme en temps de guerre.

UNE RESPONSABILITÉ COMMUNE

Il est essentiel de comprendre que tous, autant que nous sommes, avons la responsabilité de protéger le patrimoine culturel, car il est un témoignage de la vie d’une communauté, de son histoire et son identité. Sa préservation est nécessaire pour rebâtir des communautés détruites, pour les aider à retrouver leur identité et à tisser des liens entre leur passé, leur présent et leur avenir. Hélas, beaucoup d’États ne sont toujours pas Parties à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé et/ou ses deux Protocoles (1954 et 1999).

RELEVER LE DÉFI

Début février 2015, on dénombrait 126 États parties à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, dont 103 à son Premier Protocole de 1954, et seulement 67 à son Deuxième Protocole de 1999.

Pour un renforcement effectif de la protection des biens culturels, il faut que :

  1. tous les États membres de l’UNESCO deviennent Parties à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, à son Premier Protocole de 1954 et, plus particulièrement à son Deuxième Protocole de 1999 ;
  2. tes États parties au Deuxième Protocole de 1999 l’appliquent comme il convient au niveau national, entre autres en mettant en place des mesures préparatoires à prendre en temps de paix, en adoptant des législations nationales s’appliquant spécifiquement aux violations graves et autres du Deuxième Protocole ainsi qu’en diffusant les dispositions du Protocole dans les forces armées, au sein des autorités chargées de l’application des lois et autres groupes concernés ;
  3. tes États parties au Deuxième Protocole de 1999 présentent des propositions d’octroi de la protection renforcée à leurs sites du patrimoine mondial. Une protection optimale serait ainsi garantie non seulement en période de conflit armé, mais aussi en temps de paix.

ACCOMPLIR LA MISSION

J’encourage vivement les autorités compétentes de tous les États membres de l’UNESCO à apporter une réponse adéquate aux exigences énoncées ci-dessus. En particulier, les États de toutes les régions géographiques qui ne l’ont pas encore fait devraient envisager comme une priorité de devenir Parties au Deuxième Protocole de 1999 à la Convention de La Haye et contribuer ainsi à améliorer la protection des biens culturels, en temps de paix comme en temps de guerre.

Outre ces préoccupations majeures, j’aimerais attirer votre attention sur plusieurs autres questions qui doivent être réglées par le Comité et son Bureau. Ainsi, il est essentiel :

  1. d’assurer le suivi des décisions et recommandations du Comité ;
  2. au vu de la déclaration adoptée pour la première fois par notre Comité à sa 9e session, d’appeler les États et la communauté internationale à mettre en œuvre prioritairement les moyens nécessaires pour prévenir de nouvelles tensions entraînant des menaces pour les biens culturels et d’inscrire explicitement la question de la protection des biens culturels dans les missions de leurs forces armées ;
  3. d’analyser en profondeur les futures candidatures à l’octroi de la protection renforcée et d’encourager tous les États parties au Deuxième Protocole à présenter des demandes d’octroi de la protection renforcée en vue d’obtenir plus de demandes, plus particulièrement émanant de zones de conflit, et une liste plus diversifiée des biens culturels sous protection renforcée ;
  4.  d’encourager tous les États parties au Deuxième Protocole à présenter une liste indicative des biens culturels pour lesquels ils entendent demander l’octroi de la protection renforcée ;
  5. de relever le niveau des contributions au Fonds et de veiller à diversifier ses donateurs ;
  6.  d’encourager les États parties au Deuxième Protocole à présenter des demandes d’assistance internationale ou relevant d’autres catégories au titre du Fonds ;
  7. de renforcer le Secrétariat, en lui fournissant des fonds et détachant du personnel qualifié pour l’assister.

REMERCIEMENTS

Face à ces défis, permettez-moi de remercier les membres du Bureau, le Comité, les observateurs et le Secrétariat pour leur engagement profond et leur coopération fructueuse.

Avec un regard visionnaire, j’ai la conviction que nous avons une approche tournée vers l’avenir, la motivation et l’esprit constructif nécessaires pour poursuivre la mission du Comité et protéger ainsi ce que l’humanité possède de plus précieux : son patrimoine culturel.

Artemis A. Papathanassiou

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