Message du Président du Comité

"Mesdames et Messieurs,

Le Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé (en résumé, le Comité) est une institution encore jeune (il a tenu sa première réunion en octobre 2006),  ce qui ne l’a pas empêché  d’engranger très vite des résultats visibles et tangibles. Cependant, le Comité doit encore faire face à de nombreux défis. J’espère que les quelques lignes qui vont suivre vous permettront de mieux comprendre quels sont ces défis et les objectifs que se fixe le Comité pour les relever.

Le principal défi du Comité 

Au vu des exactions commises dans le cadre de conflits armés sur des biens culturels de la plus haute importance pour l’humanité, dont certains classés au Patrimoine mondial au moment de leur destruction ou après celle-ci (à titre d’exemple : la destruction des mausolées de Tombouctou au Mali, les bombardements de Dubrovnik ou encore le pillage du Musée national irakien), il est évident qu’il faut renforcer la protection effective de ces biens culturels et en particulier ceux qui revêtent la plus haute importance pour l’humanité.

Or, la Convention et surtout son Deuxième Protocole, qui poursuivent ce but, sont encore trop méconnus des États ou mal compris par ceux-ci.

Comment relever ce défi ?

Pour renforcer cette protection, il faudrait que :

  1. les États qui ne sont pas parties au Deuxième Protocole de 1999, voire même à la Convention de La Haye de 1954, le deviennent.
  2. les États qui sont parties au Deuxième Protocole de 1999 relatif à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, proposent à tout le moins les sites culturels qui sont déjà inscrits sur la Liste du patrimoine mondial pour l’octroi de la protection renforcée, afin de leur assurer une protection maximale non seulement en cas de conflit armé, mais également en temps de paix car le Deuxième Protocole prévoit des mesures de conservation et de sauvegarde très complètes.

Le Comité a déjà adopté plusieurs résolutions en ce sens. De plus, lors de sa dernière réunion en décembre 2012, le Comité a lancé une réflexion, proposée par la Belgique, qui pourrait contribuer concrètement à augmenter plus rapidement le nombre de biens culturels sous protection renforcée, en développant des synergies avec le Comité du Patrimoine mondial. J’ai grand espoir que ce dialogue se révélera fructueux.

Les autres chantiers à mener

Au-delà de la question centrale déjà évoquée (à savoir l’augmentation du nombre de ratifications au Deuxième Protocole et de dossiers de demandes d’octroi de protection renforcée), je serai très attentif à une série d’autres enjeux qui doivent être suivis par le Bureau et traités par le Comité :

  1. le suivi des décisions et des recommandations du Comité
  2. l’anticipation du dépôt de futurs dossiers d’octroi de protection renforcée par une analyse approfondie du premier critère d’octroi en particulier vis-à-vis des biens culturels immeubles ne faisant pas partie de la Liste du patrimoine mondial ainsi que des biens culturels meubles.
  3. l’examen de l’opportunité de la création ou non d’un signe distinctif spécifique pour les biens sous protection renforcée, car un tel signe n’est pas prévu par le Deuxième Protocole, et, le cas échéant, ses modalités d’utilisation.
  4. l'encouragement fait aux Parties de soumettre une liste indicative de biens culturels pour lesquels ils entendent demander l'octroi de la protection renforcée.
  5. l’alimentation du Fonds et la diversification de ses bailleurs (j’en profite pour remercier les États contributeurs à ce jour, à savoir l’Estonie, la Finlande, les Pays-Bas et la Slovaquie) et le renforcement du Secrétariat.
  6. les améliorations à apporter au Règlement intérieur du Comité (dont, entre autres, les modalités d’introduction d’un point à l’ordre du jour provisoire du Comité par un de ses membres et la clarification du statut d’observateur aux réunions du Comité) ainsi qu'à la procédure de demande d’urgence d’assistance du Fonds.

Grâce à l’engagement et l’esprit constructif des membres du Bureau, du Comité et des autres Parties qui ne sont pas membres du Comité, que je tiens à saluer, je suis convaincu que nous parviendrons à relever ensemble tous ces défis. L’enjeu est de taille et doit nous mobiliser tous, la protection des biens culturels qui revêtent la plus haute importance pour l’humanité est à ce prix.

Chaleureusement,

Benjamin GOES

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