Kobe

1. Décrivez très succinctement quelles sont les leçons que l’on peut tirer de votre ville puisqu’elle a été désignée Ville de votre domaine spécifique (littérature, musique, gastronomie etc.).

A travers la création d’un réseau de villes, nous avons eu la chance de pouvoir repositionner notre propre ville à partir d’un point de vue objectif. Avec un regard à la fois local et global et une perspective micro et macro, les choses ont commencé à prendre forme pour nous. La désignation a donné un nom à nos principes créatifs et nous a donné l’occasion de partager ces valeurs avec les citoyens de Kobe, en devenant une source de fierté.

2. Quelle est la valeur de l’adhésion au CCN (et particulièrement dans votre domaine spécifique) pour votre ville? Comment est-ce que cela contribue aux aspects socio-économiques de votre ville ? Qu’a gagné votre ville depuis qu’elle fait partie du réseau, ou comment le réseau a-t-il été bénéfique à votre ville?

Nous avons compris que nous avons plusieurs valeurs en commun avec d’autres villes. Quand les villes font face à des questions d’ordre social ou économique, le Réseau UNESCO des villes créatives nous aide à trouver des réponses. En d’autres mots, nous sommes capables de résoudre des problèmes avec fierté et confiance. Nous pouvons ainsi impliquer les petites entreprises, les jeunes, les citoyens aînés, les femmes, les étudiants et toute autre ressource humaine. Actuellement nous cherchons à mesurer l’impact de ces effets.

3. Y-a-t-il des villes du réseau dont l’expérience a été particulièrement intéressante pour votre ville?

Chaque ville a sa propre spécificité. Etre capable de collaborer avec des villes qui ont une culture et une langue différentes est un beau défi pour nous tous.

4. Qu’a apporté votre ville au réseau, en tant que membre du Réseau des Villes Créatives UNESCO ? Y-a-t-il des villes que vous avez soutenu dans un domaine particulier ?

Je ne crois pas que nous avons atteint le maximum de notre potentiel. J’envisage d’aborder les questions sociales, en réfléchissant et en travaillant avec les autres villes à de solutions concrètes, afin de promouvoir le bonheur des hommes à travers le monde.

5. A la lumière de votre expérience concrète, pourquoi pensez-vous que le ‘réseautage’ pour la culture est important pour les villes de nos jours ?

Nous ne sommes plus capables de stimuler les gens et de changer la société uniquement à travers la valeur économique. Les réseaux culturels constituent autant des moyens pour partager la confiance, la fierté et la culture, voire ce qui ne peut s’acheter. Je crois que cette manière de faire réseau est une occasion pour confirmer notre façon de penser au bonheur des hommes et à des valeurs humaines fondamentales.

6. Que faut-il, précisément en terme de budget et d’organisation, pour assurer un rôle actif en tant que Ville Créative, précisément dans votre domaine spécifique et à l’intérieur de votre sous-réseau ?

L’autonomie de chaque ville demeure essentielle. En premier lieu, il est important de prévoir un budget qui ne pèse pas trop pour la ville. A partir de ce premier pas, nous procédons en établissant les marges d’action de chaque ville en relation au budget et en échangeant des opinions et des connaissances. Après avoir obtenu des résultats nous sommes en mesure d’identifier d’autres sources de financement.

7. Quels sont les défis et les difficultés, à la fois d’ordre financier et organisationnel, que la ville a dû traverser pour assurer son travail en tant que membre du Réseau ?

Le plus grand problème auquel nous avons dû faire face a été le tremblement de terre de 1995 à Great Hanshin-Awaji. Prise dans l’immense effort de rétablir la vie de tous les jours de nos citoyens, Kobe a décidé de miser sur de solutions créatives et renforcer l’esprit de collaboration avec le secteur privé. J’aimerais bien voir ces efforts continuer dans le temps.

8. Quels sont les liens entre la dimension locale de votre engagement et votre gouvernement national?

Après avoir fait l’expérience du tremblement de terre du Great Hanshin-Awaji, même si Kobe est autonome par rapport au gouvernement national, nous avons la responsabilité de représenter un modèle de gestion publique de tels défis. Kobe est supposée développer une nouvelle créativité et de nouvelles idées ; nous désirons partager nos efforts avec le reste du Japon.

9. Pouvez-vous mentionner des activités particulières qui ont été mises en place après la désignation? (suite des plans que la ville projetait dans les dossiers de candidature)

Nous avons transformé une ancienne usine de contrôle de la soie grège en un centre dédié à l’initiative « Kobe ville de design » sous le nom de Centre de design et créativité de Kobe (KIITO). Dans ce centre, les personnes peuvent trouver des produits de design et de création, mais aussi un lieu offrant des solutions aux problèmes d’ordre social grâce au potentiel du design. Ce faisant, KIITO encourage et favorise le capital humain créatif.

10. Quels sont les projets futurs de votre ville pour renforcer sa position à l’intérieur du Réseau des Villes Créatives ?

A mon avis, dans la recherche de solutions créatives aux problèmes d’ordre social des communautés locales à travers le monde, Kobe peut contribuer en créant de la richesse accrue dans un style de vie indépendant. Je souhaite que notre ville puisse établir des thématiques et expérimenter de nouveaux projets, en atteignant des résultats et en les partageant avec le monde.

 

 

 

Takahito Saiki

Dirigéant, Ville de Kobe.

 

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