Burkina Faso : la culture serait la clé du développement durable, selon l'étude

L’essor du cinéma digital au Burkina Faso revitalise l’industrie cinématographique locale. Crédit : Talatu-carmen


Les industries culturelles du Burkina Faso représentent 2,02 % de son produit intérieur brut. 1,78 % des emplois du pays étaient liés aux arts et à la culture en 2009. Mais de manière plus significative, la scène culturelle incroyablement dynamique du Burkina Faso « contribue au développement durable en aidant à prévenir les conflits, à promouvoir l'intégration sociale et la construction de la nation », a commenté M. Désiré Ouédraogo, Conseiller culturel au Ministère de la culture et du tourisme du Burkina Faso. 

Ces résultats sont au cœur de la plus grande étude sur la culture et la scène artistique du Burkina Faso. Le Ministère de la culture et du tourisme, avec le soutien du Fonds international pour la diversité culturelle (FIDC) de l'UNESCO, a dirigé la recherche. Le but ultime était de savoir  l’impact réel  des industries culturelles du Burkina Faso sur la croissance socio-économique du pays, et de formuler des recommandations spécifiques pour la renforcer. 

Interrogé sur l'impact de l'étude, M. Ouédraogo a salué l'adoption de ses résultats en octobre 2012 par le Conseil des ministres. « Après avoir examiné attentivement notre étude, le Conseil a lancé un processus visant à se procurer des œuvres d'art pour décorer les édifices publics... », ce qui a été un autre effet secondaire important. « ... Cela a introduit des achats publics d'art contemporain dans nos actions culturelles », a conclu M. Ouédraogo. Les données révélées par la recherche aideront également les défenseurs des industries culturelles comme M. Ouédraogo à augmenter la pression pour que des ressources supplémentaires soient allouées au secteur culturel du Burkina Faso.

A la fin des années 90, les industries culturelles du Burkina Faso ont traversé « une crise structurelle profonde », a expliqué M. Ouédraogo. Mais aujourd'hui, le pays est à nouveau en pleine effervescence avec la montée en puissance du cinéma numérique et la production de feuilletons très populaires dans toute la région. Le piratage avait presque paralysé l’industrie de la musique. Mais les musiciens entreprennent à présent des tournées et donnent des concerts bien plus souvent qu’auparavant. Le forum théâtral, en tant que genre, est également en plein essor grâce à une centaine de troupes produisant plus de 2 000 représentations théâtrales chaque année dans toutes les provinces. 

L'étude a combiné l’examen approfondi de documents et des entretiens avec environ 500 artistes, producteurs, distributeurs, commerçants et propriétaires d’espaces de spectacle et même des diffuseurs. Elle a porté sur dix des 13 régions du Burkina Faso et les questions telles que le genre et le sort des groupes minoritaires ont bien été prises en compte. 

Par exemple, après avoir regardé de plus près la façon dont les femmes et les hommes étaient engagés professionnellement dans les activités culturelles, les chercheurs ont conclu que les hommes occupaient plus de 57 % des emplois du secteur. Les femmes, avec près de 43 % des emplois, sont principalement impliquées dans la production de l'artisanat, la céramique et le textile - secteurs ayant les revenus les plus faibles. 

L'étude a également attiré l'attention sur la faiblesse des industries locales du Burkina Faso. Elle a constaté que la production artistique s'appuyait fortement sur l'importation de biens technologiques et d'autres biens apparemment plutôt sans importance comme les produits cosmétiques. Aussi, l'étude a montré qu'en 2011, les produits culturels représentaient 8,2 % des importations officielles. Bien que légèrement à la hausse, l'exportation de biens culturels reste très modeste et ne peut pas égaler les importations. 

Les recommandations formulées par l'étude sont très variées. Entre autres, elles encouragent les motivations pour stimuler la consommation et la distribution, et pour lutter contre le piratage très largement répandu. Elles appellent également à plus de coopération régionale et internationale afin d'élargir les marchés potentiels pour l'exportation des biens culturels. L'accent porte sur le besoin pour le gouvernement de mettre en œuvre la législation sur le statut de l'artiste et d'établir des partenariats plus solides entre la société civile et le secteur privé.

Etude sur les impacts du secteur de la culture sur le développement social et économique du Burkina Faso

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