Construire un marché de l'audiovisuel au Cameroun

L'Association camerounaise pour la Promotion de l'Audiovisuel et du Spectacle a créé la première base de données de productions audiovisuelles et cinématographiques centre africaines. Crédit : APPAS

En améliorant l’accès au matériel audiovisuel régional, l’Association camerounaise pour la Promotion de l’Audiovisuel et du Spectacle (APPAS) a créé la première base de données de productions audiovisuelles et cinématographiques centre africaines. L’initiative offre un chemin novateur pour les producteurs et diffuseurs afin de distribuer ou accéder à des œuvres audiovisuelles de qualité. L’initiative de l’organisation non gouvernementale a été financée par le Fonds international pour la diversité culturelle de l’UNESCO.

Dans les années 70 et 80, l’industrie audiovisuelle du Cameroun était une étoile montante en Afrique avec des productions cinématographiques et talents locaux. Cependant, les nouvelles technologies permettant de visionner des films chez soi, le piratage et des structures obsolètes ont entrainé l’effondrement des compagnies de distribution cinématographiques et audiovisuelles et la fermeture de nombreux cinémas. De nos jours, les films atteignent leur marché principal grâce aux festivals et à la télévision.

Grâce au projet, l’APPAS a collecté et numérisé des centaines d’heures de film et de productions audiovisuelles pour créer un paysage audiovisuel régional. La Banque d’Images de l’Afrique centrale, connue sous l’appellation BIMAC, contient 400 œuvres toutes catégories confondues et représente 350 heures de visionnage. Recueil de productions du passé, du présent et du futur, la BIMAC fonctionne comme une vidéothèque communautaire à vocation commerciale.

Le dirigeant de la BIMAC, Rémi Atangana Abega, lui-même directeur et producteur de films, explique que « depuis le lancement, la BIMAC a collecté des films et productions audiovisuelles. Ceci garantit leur calibrage, leur inventaire, leur stockage et leur conservation ».

« Nous avons publié le premier catalogue de films et d’œuvres audiovisuelles disponibles dans notre catalogue et il est commercialisé auprès des chaînes de télévision locales et internationales ». Il ajoute que : « Pour chaque œuvre audiovisuelle supplémentaire, la BIMAC prépare des supports promotionnels et des négociations auprès des diffuseurs afin de susciter l’intérêt et la vente des droits de distribution aux chaînes. La BIMAC paie aussi aux producteurs dont les films sont vendus, leur part du prix d’achat ».

En plus de collecter, archiver, promouvoir et distribuer les œuvres audiovisuelles africaines, l’initiative rassemble aussi des informations sur les réalisateurs de films, les producteurs, les distributeurs et autres professionnels pertinents, et promeut activement le projet grâce à des associations et réseaux professionnels.

Responsable administratif du projet, Paule Barbara Nga raconte : « La BIMAC a apporté une vague d’espoir pour la distribution des œuvres audiovisuelles et l’art du cinéma au Cameroun. La base de données fonctionne comme une interface, une sorte de relais entre le monde de la production et celui de la diffusion ».

La collection est tournée vers les chaînes de télévision africaines et internationales, les organisations publiques et privées et les administrations, universités, clubs de jeunes et diverses associations professionnelles et culturelles. Elle est accessible directement via la structure de vente et de distribution de la BIMAC, et également en ligne.

La base de données centralisée encourage les produc¬teurs à distribuer par son biais les nouvelles créations audiovisuelles. Alors qu’au cours des dernières années, le secteur a été inondé d’œuvres de mauvaise qualité, la BIMAC garantit désormais un accès à des productions passées et présentes de qualité. La Directrice générale, Patrique Minfoumou explique : « Nous pensons que la base de données peut être utilisée à bon escient et encourager des productions de qualité qui pourraient valoriser le paysage audiovisuel et l’art du cinéma au Cameroun et en Afrique ».

« La BIMAC pourrait encourager la création de films et surtout des films de qualité au Cameroun et en Afrique en général ; notre but est de cultiver un climat de confiance », a-t-elle ajouté.

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