Les jeunes dansent sur un rythme nouveau en Uruguay

Peinture de Candombe d’artistes urbains sur un mur dans une rue de Montevideo © Andreas Sellanes

Les Afro-Uruguayens font partie des groupes défavorisés du pays ; leur pauvreté et le manque d’infrastructures les empêchent d’accéder à une culture diversifiée. Pendant 200 ans, cette communauté a été identifiée grâce à sa musique rythmée de danses et de percussions de carnaval. En ayant recours à ce moyen, la mairie de Montevideo a engagé des partenaires pour attirer les 150 jeunes qui vivent dans la communauté de Maracana Norte, changeant de nombreuses vies au cours du processus.

Grâce à un centre culturel qui offre des ateliers de musique et de danse, les activités du projet ont pu être organisées par FLACSO-Uruguay (Faculté latino-amé¬ricaine des Sciences sociales), le Service de Justice et de Paix d’Uruguay (ONG), ainsi que la comparsa « La Clinique » - un groupe de musique et de danse.

La coordonnatrice du projet, Malena Lucero, a rappelé qu’au début, les jeunes hésitaient à venir au centre culturel. Peu à peu, ils ont apprécié les activités proposées et fréquenté de plus en plus le centre.

Les ateliers au centre culturel ont donné les cours suivants : des techniques en percussion et en réparation et montage des tambours. Ils ont aussi abordé la danse africaine et candombe et ont aidé certains participants à former une comparsa. Ce groupe de musique et de danse a joué dans trois défilés de carnaval. En plus, le centre a été plus qu’un simple lieu de formation : il a aussi fourni un espace sécuritaire aux jeunes pour interagir entre eux et se livrer à des activités créatives.

Le membre de la comparsa, Sergio Silva, a expliqué comment sa participation à ce groupe a changé sa vie. « Je me suis vu changer physiquement, discuter avec mes voisins, aider mes amis, arrêter de consommer des drogues et je suis retourné travailler », a-t-il expliqué. « Ce programme a complètement changé ma vie ».

Et Sergio n’était pas le seul. Environ la moitié des jeunes impliqués avec le groupe de la comparsa ont trouvé un emploi ou sont retournés à l’école.

Blanca Lemos, Coordinatrice du Centre culturel et figure centrale de la création de la comparsa, a déclaré : « Tant de vies ont été changées, créant une communauté rayonnante d’énergie et pleine de confiance. Les gens ont commencé à voir les choses d’un point de vue positif ».

Le projet a reçu une couverture médiatique positive et les félicitations de la première dame de l’Uruguay, la sénatrice Lucia Topolansky.

FLACSO a également organisé un atelier avec le gouvernement et la société civile sur les questions sociales locales, qui sera reconduit régulièrement. Un guide d’apprentissage et un document conceptuel sur l’utilisation de la comparsa pour l’autonomisation sociale ont aussi été produits.

L’identité positive créée par l’apprentissage de nouvelles compétences en musique et le fait d’avoir ses propres expressions culturelles ont aidé à améliorer la cohésion de groupe et l’estime de soi de la population de Maracana Norte. Les membres de la communauté ont exprimé leur joie et leur fierté en voyant leur « vieux rêve » de former une comparsa devenu réalité, et le quartier tout entier l’a fêté pendant les défilés.

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