Les réalisateurs de films s’unissent pour élaborer les politiques de l’industrie

Cette illustration est la soirée d’ouverture de l’édition du festival du film international de 2012 « Kratkofil Plus » à Banja Luka, Bosnie-Herzégovine. Crédit : Kratkofil Plus

Les films de Bosnie-Herzégovine représentent la meilleure exportation culturelle du pays. A l’occasion des festivals de Cannes et de Berlin de 2013, les leaders de l’industrie ont été célébrés pour deux  récentes productions du pays. En même temps, le réputé Festival international du Film de Sarajevo a mis de nombreux talents nationaux en lumière, ainsi qu’une myriade d’opportunités d’affaires que l’industrie peut offrir.

Mais, les réalisateurs de films de Bosnie craignent que la vague de la crise économique annihile les progrès que la cinématographie a réalisés au cours des 15 dernières années. Ils pensent que des investissements beaucoup plus importants combinés à une action de grande ampleur sont nécessaires pour que l’industrie reste florissante et pour ralentir la fuite des cerveaux.

« En Bosnie-Herzégovine, les employés de l’industrie du film travaillent, en moyenne, moins de trois mois par an comparés à six mois dans les autres pays européens. Par conséquent beaucoup de nos jeunes talents créatifs et qualifiés migrent à l’étranger, vers de meilleures opportunités, » a déclaré le réalisateur de film et fondateur de Vizart Film Association, M. Zoran Galic. « Mais nous savons que notre industrie du film est capable de créer de nouveaux postes et, comme nous l’avons vu au cours de la dernière décennie, nos films encouragent la cohésion sociale et contribuent au développement des valeurs culturelles. »

Avec l’ide du Fonds international pour la diversité culturelle de l’UNESCO, M. Galic a récemment rassemblé une équipe constituée de réalisateurs bosniens établis et d’experts de l’industrie pour effectuer des recherches et des analyses sur le secteur du film national. L’objectif, a-t-il expliqué, était d’établir la base de nouvelles mesures et de nouvelles politiques pour encourager vigoureusement le secteur.

L’étude, qui a fait date, a inventorié les vides du cadre légal de l’industrie les plus pressants. Elle a montré qu’entre 2008 et 2012, le soutien public dédié à la cinématographie a chuté de 65%, et que 2012 était la deuxième année consécutive, depuis 2002, sans augmentation de la production. Mais l’étude a surtout réussi à démontrer que « chaque euro investi par l’État dans la réalisation de films se transforme en huit euros de chiffre d’affaire pour l’industrie, » a expliqué M. Galic. « Et, nous avions besoin de ce genre de chiffres pour montrer à nos homologues du gouvernement que l’investissement dans les industries de la création représentent un engagement rentable, » a-t-il ajouté.

Les conclusions de cette recherche ont été rassemblées dans un Plan d’Actions s’adressant aux décideurs du pays. Les zones d’intervention prioritaires au niveau national et de l’entité sont étoffées dans le Plan et comprennent le besoin d’améliorer la compétitivité, d’instaurer des incitations fiscales et de promouvoir les productions étrangères qui pourraient tirer profit des excellents établissements du pays et de la main d’œuvre expérimentée dans toute la chaîne de la production du film. L’idée de la création d’un Fond national commun a aussi été soumise. L’objectif est de promouvoir plus de sorties de films et de coproductions des deux entités.

En mars dernier, le tout jeune diplômé en réalisation de films, Dusko Stanivuk, a participé à une conférence à Banja Luka où les résultats du Plan d’Actions ont été partagés à grande échelle. « Le Plan d’Actions représente une excellente fondation pour le développement de la cinématographie et crée une nouvelle perspective optimiste pour les jeunes auteurs, » a-t-il déclaré.

Lors de l’événement de deux jours, plus de 50 participants issus du gouvernement, de la société civile, des festivals du film, des représentants du secteur du film, des institutions éducatives et de la recherche ont approuvé le Plan d’Actions et ont convenu d’une stratégie pluriannuelle.

« Nous savons que ce ne sera pas facile mais nous sommes sûrs d’avoir démarré un processus sans précédent, » a exprimé M. Galic, encouragé par le fait que certaines des propositions clés faites lors de la conférence sont déjà en cours de réalisation. Par exemple, une association nationale des réalisateurs de films est en train de voir le jour.

Il n’y a pas si longtemps, quelques années seulement, les réalisateurs de films de la Fédération de Bosnie-Herzégovine et ceux de la Republika Srpska travaillaient séparément. Grâce à ce projet, «  les réalisateurs de films des deux entités ont pu enfin joindre leurs efforts pour aboutir à des politiques qui peuvent transformer les opportunités du secteur du film de Bosnie en : croissance industrielle, emplois et développement durable, » a déclaré Jovan Marjanovic, du Centre d’Art Obala, basé à Sarajevo.

L’Association Vizart Film en coopération avec le Centre d’Art d’Obala et le Festival du Film de Sarajevo ont conjointement dirigé la recherche. Des copies en anglais de la publication, Plan d’Actions compris : Mapping Film Industry in BH peuvent être téléchargées depuis : http://www.filminbh.com/wp-content/uploads/Mapping%20Film%20Industry%20in%20BH%202013.pdf

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