Principes et fondements

I.  Qu'est-ce qu'un partenariat ?

II. Principles clés du partenariat

III. Les acteurs des industries culturelles

IV. Les défis des pays en développement


I. Qu'est-ce qu'un partenariat ?

On peut généralement définir le partenariat comme étant la relation dans laquelle au moins deux parties s’entendent pour travailler sur un projet commun. Les partenaires doivent en partager les responsabilités, les risques, les pertes ou les gains et ce, sur la base d’un accord de coopération formalisé.

Le concept de partenariat est complexe car il recouvre une grande diversité de situations.

Dans les industries culturelles, il s’agit la plupart du temps d’une coopération entre acteurs publics, acteurs privés et/ou acteurs associatifs, unis autour d’un même but : le renforcement des capacités du secteur culturel (développement d’infrastructures, élaboration de politiques culturelles, promotion des biens et services culturels, etc.).

En travaillant ensemble, chaque partenaire apporte une vision, des ressources et une expérience spécifique et bénéficie à la fois d’un accès à de nouveaux marchés, réseaux et moyens de diffusion et à d’autres expertises et savoir-faire.

Le partenariat favorise également la compréhension entre les cultures, les secteurs, et permet de sensibiliser l’opinion et les pouvoir publics aux spécificités, aux besoins et au potentiel des industries culturelles.

Mais, les partenariats ne sont pas des structures de gestion simples. L’hétérogénéité des parties prenantes et de leurs visions font que les intérêts de l’un ne concordent pas forcément avec ceux de l’autre. Par ailleurs, la relation de partenariat est en constante interaction avec les contextes spécifiques des pays dans lesquels elle intervient (sur les plans géographique, social et/ou politique).

Pour amener des gens à former un partenariat, il convient donc d’adopter des attitudes, des valeurs et des compétences particulières, qui favoriseront le partage de leurs idées et la mise en pratique du fruit de leur réflexion.

Pour ces raisons, avant d’envisager de s’associer, les parties doivent connaître quelques notions clés du partenariat et en maitriser les contours.

II. Principes clés du partenariat

Un partenariat est bien plus qu’une simple relation contractuelle: il repose sur une série de principes éthiques et pratiques qui facilitent le travail en commun et contribuent à établir des relations saines entre les parties. Ils servent de « ciment » pour maintenir la cohésion du groupe.

Les principes clés du partenariat sont:

  • Le respect mutuel, par la reconnaissance des ressources et des expertises de chaque partie ;
  • La transparence des décisions prises et des activités réalisées, par la franchise, l’honnêteté et une communication fluide et régulière entre partenaires;
  • L’engagement de toutes les parties prenantes impliquant une juste répartition des rôles et une vision commune ;
  • L’équité, à savoir le droit de chaque partie de participer et de valider toutes les contributions au même titre que les autres.

III. Les acteurs des industries culturelles

Il existe un grand nombre d’organisations locales, nationales, régionales et internationales engagées pour promouvoir la diversité des expressions culturelles.

On peut les regrouper en 3 catégories :

  • le secteur privé: toute entreprise qui pourra apporter au projet un questionnement artistique, un nouveau public, une action culturelle, des moyens techniques…(ex: les artistes et les professionnels de l’industrie culturelle, les producteurs audiovisuels et discographiques, les éditeurs…); Fondé sur les profits, le secteur privé est inventif, productif, hautement qualifié et prend avant tout en compte l’efficacité et à la rentabilité économique des projets.
  • le secteur public : les collectivités territoriales, les agences gouvernementales et internationales. Fondé sur le droit, le secteur public assure l’accès, l’information, la stabilité et la légitimité par l’élaboration de politiques culturelles et le développement d’actions de plaidoyer.
  • les organisations de la société civile : les ONG, les associations de créateurs et entrepreneurs culturels, les sociétés de gestion collective, les mouvements de protection de la diversité culturelle, les institutions de formation, les réseaux culturels… Fondée sur des valeurs, la société civile est constituée de groupes, formels ou non, qui n’appartiennent ni à la sphère commerciale, ni à la sphère gouvernementale. Ces organisations travaillent étroitement avec les communautés et apportent un soutien au niveau local.

Une étroite collaboration entre ces secteurs favorise la mutualisation de leurs compétences respectives, ressources et savoir-faire pour construire des programmes adaptés aux besoins des milieux culturels en développant des actions de terrain plus efficaces. Ceci est particulièrement vrai pour la promotion et la préservation des expressions culturelles en raison de la logique du cycle culturel.

IV. Les défis des pays en développement

Dans beaucoup de pays en développement les biens et services culturels représentent autour de 2,6 % du produit national brut, or la culture ne bénéficie que de 1.7% de l’aide au développement. Ces chiffres montrent que le potentiel des industries culturelles dans et pour le développement durable demeure largement inexploité. La participation de chacun s’avère alors d’autant plus nécessaire pour promouvoir l’émergence de secteurs culturels dynamiques.
L’expérience des différents partenariats menés par l’Alliance globale depuis 2002 a permis d’identifier les défis majeurs que les parties prenantes doivent relever, à savoir :

  • Un manque de qualification: faute de moyens financiers pour sous-traiter, beaucoup d’acteurs culturels sont contraints d’exercer plusieurs tâches qui ne correspondent pas toujours à leur formation initiale. Or, le développement d’une activité culturelle demande des personnes hautement qualifiées à chaque maillon du cycle culturel (domaines artistiques, techniques et gestion des ressources). La faiblesse des revenus des créateurs les force également parfois à avoir d’autres activités lucratives et les empêchent ainsi de devenir des professionnels à plein temps.
  • Un manque d’infrastructures: Beaucoup de pays se retrouvent confrontés au vieillissement de leurs infrastructures et à la difficulté d’adapter ces installations aux nouvelles technologies. De plus, les infrastructures importantes (théâtre national, palais de la culture, centre culturel…) sont très souvent accessibles, pour des raisons financières, qu’aux artistes confirmés.
  • Un environnement institutionnel et réglementaire peu favorable, caractérisé par l’absence de règles précises et/ou adaptées aux réalités du milieu culturel et par le manque de capacités institutionnelles et de mise en œuvre de politiques appropriées pour appuyer le développement des industries culturelles.
  • Un accès au financement difficile: en raison du caractère perçu comme à haut risque du secteur culturel, les crédits sont difficiles à obtenir et les aides et subventions restent insuffisantes par rapport aux besoins.
  • L’incertitude du marché des biens culturels: les changements de goûts et tendances demandant une innovation permanente force les artistes à privilégier les bénéfices à court terme au détriment d’approches stratégiques à plus long terme. La demande du marché n’est souvent pas exprimée donc difficilement mesurable.
  • Un manque d’information: certains acteurs culturels et en particulier les artistes sont mal informés sur plusieurs questions cruciales (le fonctionnement des industries culturelles, les marchés, les conventions, les droits d’auteur…). Ils travaillent souvent en ignorant la chaîne dans laquelle leurs produits doivent s’inscrire pour être valorisés. La précarité des moyens de communication et l’isolement en sont les principaux facteurs.

S’ils ne sont pas anticipés et maîtrisés, ces défis peuvent parfois entraver le processus de partenariat, voire, à terme, remettre en question son développement ou sa réussite. Mais ils peuvent aussi constituer la raison même de l’existence de projets de partenariat visant à :

  • Renforcer les capacités des professionnels de la culture des secteurs public, privé et associatif
  • Renforcer les institutions et infrastructures culturelles
  • Promouvoir les politiques culturelles et les actions de plaidoyer en faveur des industries culturelles
  • Créer, nourrir et développer les marchés locaux, nationaux et régionaux viables
  • Favoriser l’accès aux marchés internationaux, à la mobilité des professionnels et à la circulation des activités, des biens et des services culturels.


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