l’importance du secteur des industries culturelles et créatives

Ces dernières décennies ont été marquées par de profonds changements. La mondialisation de l’économie, des communications et de la culture, ainsi que la révolution numérique et la réorientation de la production vers une économie de services et d’innovation ont accordé un rôle central aux industries culturelles et créatives. Ces industries, dont la matière première est la capacité à imaginer et à innover, sont devenues un secteur stratégique pour le développement de la production, de la compétitivité et de l’emploi, pour le rapprochement des populations, mais également pour la circulation des informations et des connaissances.

En dépit d'un manque de statistiques fiables, on estime que le secteur des industries culturelles et créatives représente approximativement 1600 milliards de dollars (plus du double du secteur du tourisme). Il contribue à environ 3,4 % du PIB mondial (en 2007), variant entre 2 et 6 % du PIB au niveau national. A titre d'exemple, ce secteur représente 2,6% du PIB de l'Union européenne et cinq millions d'emplois, 4,5% du PIB dans les pays du MERCOSUR, 2,15% du PIB de la République populairde Chine (avec un taux de croissance annuel d'environ 7%), 2,38% du PIB du Mali (en 2006) et 5,8% de l'emploi total (en 2004) et 3% du PIB de l'Afrique du Sud.

Certes, ces chiffres sont issus de différentes méthodes de calculs et ne se rapportent pas tous à la même année. Ils montrent néanmoins l'importance économique et commerciale de ce secteur. En effet, avec une forte croissance annuelle du commerce international des produits créatifs (aux alentours de 8,7%), les industries culturelles et créatives forment un secteur très dynamique depuis les années 1990. Ce secteur représentant à lui seul 3,4% du commerce mondial total en 2005.

Tous les pays ne sont cependant pas en mesure de protéger leur culture et les produits de leur créativité face au monde extérieur. Beaucoup de pays émergents et à revenu intermédiaire, malgré leur grande richesse culturelle et leur potentiel créatif, tendent à recevoir et à consommer un volume important de produits culturels d’autres pays, réduisant ainsi l’espace disponible pour leurs propres expressions culturelles. Cette situation entraîne intrinsèquement le risque de transformer ces sociétés en consommateurs passifs d'expressions culturelles vennant d'ailleurs. Ce phénomène provient d’un manque de structures de production, de lacunes dans les politiques nationales et de difficultés récurrentes dans l'accès aux marchés.

Le rôle des industries culturelles et créatives a été reconnu de différentes manières par les gouvernements africains, les organismes d’intégration régionale (Union économique et monétaire ouest-africaine, Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale, Communauté de développement des États d’Afrique australe, etc.) et les organismes œuvrant au développement (UNESCO, l’Organisation internationale de la Francophonie, etc.). Ces institutions ont élaboré au cours de la dernière décennie un large éventail de politiques et de stratégies de soutien et de renforcement des secteurs audiovisuels, de la musique, de l’édition, de l’artisanat et du design, entre autres. Cette reconnaissance, au-delà des différences conceptuelles ou contextuelles qui apparaissent dans les définitions des industries culturelles et créatives, implique une participation plus active des États dans le développement de ce secteur. Ce guide est un apport à cette participation.

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