Le financement de la culture dans les collectivités locales : nécessite de disposer d’un budget suffisant

La question du financement du secteur des industries culturelles et créatives au niveau local est problématique surtout en Afrique où les moyens humains et financiers sont insuffisants. Pourtant, pour conforter, dans les domaines de la création, de la production ou de la diffusion, la dynamique de structuration des filières potentiellement génératrices de revenus et d’emplois, il est important de soutenir les initiatives privées par des financements publics, par l’accompagnement stratégique du développement de leurs activités qui pourraient être inscrites dans des stratégies d’économie locale ou d’urbanisme. À ce titre, il est nécessaire de distinguer les projets rentables qui ont besoin d’un soutien à court terme des projets non rentables mais qui favorisent les conditions de création et de production — salles de répétition, labels, lieux de diffusion, formation, etc. — qui ont besoin d’un accompagnement à plus long terme. La mise en place de fonds de soutien, l’attribution de prix ou l’appui à la mise à niveau des matériels de production constituent des outils que le responsable local peut mettre en place.

Outre les financements directs, une collectivité peut proposer des incitations fiscales aux opérateurs culturels comme le dégrèvement des impôts locaux pour les entreprises du secteur, ou favoriser l’implantation d’acteurs culturels et créatifs sur le territoire en les exonérant des taxes foncières ou locatives, etc.

Toutes ces initiatives coûteuses, associées au récent transfert des compétences culturelles vers les collectivités locales, nécessitent que le responsable du développement des industries culturelles fasse un important travail de négociation et de lobbying pour défendre son budget auprès de son autorité directe mais aussi auprès de l’État central, ce cas de figure n’existant pas en Afrique subsaharienne. Face à ses nouvelles missions, il doit obtenir des ressources suffisantes pour couvrir les charges qui en découlent. C’est le cas au Burkina Faso où l’État a transféré aux collectivités locales 1 les compétences de construction et de gestion des infrastructures culturelles, de promotion d’activités culturelles qui ont des incidences importantes en termes budgétaires. Il est donc impératif, pour le décideur local en charge de ce secteur, de construire un budget cohérent et rationnel et de maintenir le lien avec les autorités en charge de l’attribution des ressources. Il est également dans son intérêt de se tenir informé des opportunités de financement extérieures qui, comme c’est le cas de l’Union européenne, incluent désormais les collectivités locales dans les bénéficiaires potentiels d’appui financier.

1. Décret n°2006-209 portant transfert de compétences et des ressources aux communes urbaines, dans les domaines du préscolaire, de l’enseignement primaire, de la santé, de la culture, de la jeunesse, des sports et des loisirs.

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