Mettre à disposition des infrastructures de qualité

La mise en œuvre d’une politique de soutien aux industries culturelles et créatives au niveau local peut revêtir différentes formes. En premier lieu, les collectivités locales peuvent contribuer à favoriser les conditions de création des opérateurs culturels en implantant de nouvelles infrastructures ou en optimisant celles qui existent. La mise à disposition d’infrastructures et d’équipements à vocation culturelle et créative telles que les salles de spectacles ou les salles de répétition peut être initiée et gérée au niveau des collectivités car elle répond à des problématiques locales. Qu’elles soient pensées dans un but précis ou qu’elles soient multifonctionnelles, qu’elles servent à la création ou qu’elles soient dédiées à la diffusion des produits culturels, de telles infrastructures garantissent la disponibilité des moyens de production et permettent la rencontre de l’artiste avec son public. Par ailleurs, elles jouent un rôle déterminant en matière d’aménagement territorial et contribuent au rayonnement d’une ville et y attirent des ressources, humaines et financières. Les efforts réalisés dans ce domaine sont fondamentaux pour répondre aux attentes des citoyens et pour faire face aux pressions démographiques des grandes villes. Ils permettent aussi de traiter le problème de la détérioration des équipements et de procéder à la nécessaire mise à niveau technologique du parc existant.

Au Burkina Faso, la ville d’Ouagadougou a mené une stratégie de développement culturel à travers l’implantation du Reemdoogo, le Jardin de la musique. Grâce à la mutualisation des moyens humains, techniques et financiers de la ville mais aussi à des partenaires internationaux, cette infrastructure dédiée aux professionnels de la musique a pu voir le jour en 2004. Implanté dans un jardin et conçu dans une double perspective d’aménagement du territoire et de structuration de la filière de la musique, le Jardin de la musique propose des locaux de répétition insonorisés, climatisés et entièrement équipés, un espace scénique couvert d’une capacité de 400 places, entièrement équipé en matériel de sonorisation et d’éclairage, un pool d’instruments, un point d’accueil et d’information. Ce lieu de synergie favorise le développement du travail artistique et technique. Il permet également aux réseaux de diffusion et de production de se rencontrer et à l’information professionnelle de circuler. Au-delà de son incidence sur la structuration de la filière, le Reemdoogo a fait naître une nouvelle vie locale autour de la musique — attirant artistes, mélomanes, jeunes — et a favorisé l’émergence dans ses alentours d’une économie de quartier à travers le développement de petits commerces.

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