Stimuler la demande pour créer des publics

L’étude des préférences des nouveaux publics n’est apparue que récemment mais constitue la clé d’entrée pour le fonctionnement durable du secteur culturel et créatif. Il est essentiel de disposer d’information sur les préférences des consommateurs de biens et de services culturels, mais en général, on sait rarement qui ils sont et quelles sont leurs préférences. Le manque d’information s’aggrave dans le contexte actuel où de nombreux produits sont utilisés et consommés via des canaux numériques, rendant difficiles l’identification de la nature et du volume des transactions. Or, ces informations orientent les choix en matière d’offre, en agissant sur les maillons de la création, de la production, de la distribution et de la commercialisation. Par ailleurs, les facteurs déterminant la demande varient selon les secteurs — ils sont différents que l’on se place au niveau de l’artisanat et du design ou au niveau de la musique et du livre. Par conséquent, pour garantir leur efficience, les politiques de soutien de la demande doivent s’appuyer sur des études et des recherches sectorielles.

Il existe un très large éventail de mesures applicables pour ouvrir les marchés et rechercher de nouveaux publics à partir de la stimulation de la demande. On peut citer, entre autres :

Les partenariats avec le système éducatif pour former les goûts, les préférences et les habitudes de consommation de certaines marchandises

et de certains produits. C’est le cas, par exemple, pour l’encouragement de la lecture pendant tout le cycle scolaire. Afin d’obtenir les effets escomptés, il est nécessaire d’aller au-delà de la simple intégration de certains titres dans les programmes scolaires. L’élaboration continue et permanente d’activités

pédagogiques avec les élèves et les enseignants est indispensable ; ces derniers doivent connaître et poursuivre de manière expérimentale les objectifs que l’on souhaite atteindre.

Les baisses tarifaires ou autres avantages pour le consommateur : certains pays ont l’habitude d’offrir une souscription annuelle à une publication locale ou nationale à toutes les personnes qui atteignent leurs 18 ans. Le coût de cette mesure doit être évalué au préalable afin de déterminer si l’État peut lui- même l’assumer ou s’il est nécessaire qu’il s’associe avec d’autres institutions pour la mener à bien. Il peut, par ailleurs, favoriser l’établissement de clubs de consommateurs qui regroupent et récompensent un public fidèle en lui dédiant des offres ou des événements spécifiques.

Les actions publiques de marketing : le gouvernement peut agir sur le prestige des biens et services culturels et créatifs en développant des réseaux de prescription et/ou de campagnes publicitaires destinés à des segments prédéterminés de consommateurs potentiels.

Le soutien aux manifestations culturelles et à l’éducation artistique : l’État peut soutenir les initiatives visant à faire accéder le public à la culture via des formes alternatives telles que les festivals de rue ou les espaces publics de discussion autour d’une pratique culturelle (théâtre forum, exposition collective, etc.).

 

 

Le Cinéma numérique ambulant (CNA)

Née du constat qu’une grande partie du public des pays d’Afrique ne peut pas accéder aux œuvres cinématographiques, l’initiative CNA fédère un réseau international d’associations gérant des unités mobiles de projection. Du Bénin au Niger, en passant par le Mali et le Burkina Faso des cinémas ambulants sillonnent depuis 2001 les campagnes et les quartiers populaires des grandes métropoles africaines. En 2010 le réseau du CNA a ainsi couvert 2 500 villages et permis à environ 7 millions de spectateurs de voir des films qui touchent à leur réalité quotidienne ou les ouvrent à d’autres cultures.

Pour en savoir plus : www.c-n-a.org

 

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