Les mécanismes de financement alternatifs

L’État peut mettre en œuvre d’autres mécanismes d’accès au financement. Dans certains cas, il s’agira de faciliter l’accès aux fonds extérieurs (autres ministères, autres niveaux de gouvernement, fonds internationaux ou encore appuis privés). C’est pourquoi il est important que la direction des industries culturelles fasse connaître son existence, qu’elle signe des accords de coopération (dans ce cas, il est parfois souhaitable que le ministère de la Culture contribue davantage au financement afin de garder un certain contrôle sur la gestion locale des fonds), qu’elle conseille les bénéficiaires de ces fonds sur la manière de remplir les formulaires d’aide et qu’elle assure la cohérence de la gestion de ces fonds.

Typologie des fonds externes disponibles et des stratégies qui peuvent être développées :

Accès aux fonds internationaux : plusieurs organismes (organismes gouvernementaux nationaux et internationaux de coopération au développement, fonds des Nations Unies ou de la Banque mondiale, etc.) disposent de fonds ou de dispositifs spécifiques d’appui aux industries culturelles et créatives. Votre direction peut faire connaître leur existence et accompagner les entrepreneurs dans la mobilisation de ces fonds ou, par exemple, favoriser la coproduction ou la coédition d’œuvres internationales.

Accès aux fonds des autres ministères : la plupart des ministères liés aux affaires économiques (Économie, Finance, Travail et Industrie, entre autres) disposent de fonds ou d’instruments (code d’investissement, facilitations commerciales, etc.) beaucoup plus importants que ceux de la culture. Leurs missions visent notamment à favoriser le travail indépendant, les petites et moyennes entreprises, l’innovation technologique ou le développement des exportations. Dans beaucoup de pays, comme l’Afrique du Sud, l’accès des entreprises culturelles à ces fonds a permis d’augmenter considérablement leur financement. Il est donc primordial de travailler de concert avec l’ensemble des ministères dont les dispositifs de soutien peuvent être mobilisés pour les entreprises culturelles. Votre direction doit, grâce au diagnostic établi préalablement, connaître tous ces dispositifs et être en mesure d’en faire profiter les opérateurs en élaborant des stratégies interministérielles ou en sensibilisant le secteur des industries culturelles et créatives à l’existence de ces mécanismes.

Augmentation des fonds par le biais d’autres administrations : en collaborant avec d’autres administrations (régionales ou locales).

Encouragement du mécénat culturel, du parrainage d’entreprise et des programmes de responsabilité sociale des entreprises : bien que la plupart de ces ressources soient destinées aux activités non lucratives, la mise en place d’un cadre réglementaire et fiscal favorable augmente la valeur sociale de la culture et encourage la vente de biens et de services culturels. En effet, bien que l’entreprise culturelle ne soit pas directement bénéficiaire de ces fonds, ceux-ci ont des retombées indirectes sur les entrepreneurs partenaires (fournisseurs) des organisations soutenues.

Accéder aux fonds consacrés au capital-risque privé : il s’agit de négocier la réorientation des fonds ou des mécanismes de capital-risque vers les fonds de soutien aux industries culturelles et créatives. Dans ce cas, il convient de convaincre les responsables des fonds de capital-risque (souvent des fonctionnaires de haut rang des ministères de l’Économie et des Finances ou des agences de contrôle monétaire) de la contribution des initiatives culturelles au bien-être social (création d’emploi, régénération urbaine, etc.) et du potentiel de viabilité et de rendement économique et financier du secteur des industries culturelles et créatives. La difficulté principale dans ce processus de négociation réside dans le fait que les projets de ce secteur ont souvent une taille limitée et des effets plus réduits que ceux des projets soutenus généralement par ce type de fonds.

Le soutien au financement des industries culturelles peut également prendre la forme d’une stimulation de la demande globale en biens et services culturels, soit par le biais de la consommation intérieure, soit par le biais des exportations. La direction en charge des industries culturelles et créatives peut ainsi décider de :

Développer des mécanismes de vente de produits locaux par Internet et par d’autres systèmes permettant l’accès à des marchés plus vastes. Une attention particulière doit être portée sur le renforcement des réseaux de vente de proximité.

Favoriser les clubs/regroupements de consommateurs culturels ou de fans. Ils permettent d’améliorer l’accès à l’information sur l’offre culturelle d’un territoire en proposant des avantages de prix et d’accès à ses membres. Cela entraîne une fidélisation des consommateurs et ainsi des débouchés supplémentaires pour les opérateurs culturels.

Encourager les manifestations culturelles autour desquelles gravitent des espaces de vente de produits culturels : les festivals sont souvent l’occasion d’organiser des lieux, tels que des villages artisanaux, où se développe une véritable consommation culturelle.

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