Les pépinières : investir dans les dispositifs d’accompagnement des entreprises

Au-delà des investissements physiques qu’exige le développement des industries culturelles et créatives, l’intervention publique peut favoriser le climat entrepreneurial du secteur en proposant, par exemple, des services de pépinières aux opérateurs privés. Ce dispositif d’appui est conçu pour développer les initiatives originales et créatives portées par des entrepreneurs potentiels. Il consiste à accompagner le projet dans sa phase préparatoire, souvent la plus difficile. Les propositions sélectionnées dans ce cadre reçoivent une aide personnalisée afin de définir la capacité potentielle de l’entreprise et de concevoir un plan d’affaires le plus approprié possible. La pépinière propose également une infrastructure et une assistance technique pour accompagner les porteurs de projet à chaque étape de développement de leur entreprise.

Les services de la pépinière peuvent être gratuits, mais en situation de pénurie de ressources publiques une contribution marginale (par rapport au coût réel) peut être demandée. Ces services sont proposés pendant une période limitée — deux ou trois ans — au-delà de laquelle le projet devra aboutir à la création d’une entreprise viable. Les projets qui sont en mesure d’être accueillis dans une pépinière sont sélectionnés à travers des « appels », où chaque proposition est évaluée par différents experts afin de déterminer ses possibilités de réussite. Les pépinières d’entreprises pour les industries créatives ou culturelles voient le jour en Afrique depuis quelques années et sont généralement appliquées à l’échelle locale.

Le fonctionnement d’une pépinière d’entreprises culturelles repose sur plusieurs composantes :

La sélection de projets porteurs : la pépinière a pour principale composante le processus de sélection des entrepreneurs et la sélection des projets à soutenir. Les critères de sélection doivent être appliqués de la manière la plus objective et rationnelle possible afin de retenir les initiatives qui ont le plus de chances de devenir de véritables entreprises. Cette étape est cruciale et détermine en grande partie la réussite de l’accompagnement qui sera proposé par la suite.

La mise à disposition d’infrastructures et de moyens logistiques : la pépinière doit gérer le lieu physique et héberger les porteurs de projet. Elle doit disposer des outils de base pour le développement d’une entreprise (bureaux, plateforme technologique et de communication, services auxiliaires, etc.) et s’occuper de leur entretien afin d’en garantir l’utilisation dans le long terme. La mise à disposition de bureaux individuels n’est pas indispensable et l’hébergement peut parfois se limiter à l’accès à un espace mutualisé. 

La formation et l’information : la pépinière doit organiser des cours, des séminaires et d’autres activités destinées à former les entrepreneurs dans les domaines spécifiques à chaque projet. Elle peut créer des partenariats avec les institutions de recherche dans le but de fournir des informations statistiques et des analyses qualitatives sur les industries culturelles et créatives. Cela permet aux entrepreneurs de bénéficier d’un accès à l’information utile au montage de leur projet : études de marché, analyses sur la consommation, sur la demande, sur le comportement des publics, sur l’impact social des activités du secteur et sur les nouveaux biens et services culturels.

L’assistance aux bénéficiaires : la pépinière accompagne les entrepreneurs soutenus en les faisant bénéficier d’un carnet d’adresses ayant une portée locale, nationale et internationale. Elle met à leur disposition des conseils d’ordre comptable, d’organisation de travail et sur la propriété intellectuelle. Elle aide les porteurs de projet à réaliser des dossiers de présentation et des plans d’affaires afin de pouvoir démarcher d’éventuels investisseurs et organismes de crédit.

La pépinière d’entreprises musicales du PECCS au Sénégal

Le projet PECCS-FOMECC (Promotion des entreprises créatives et culturelles au Sénégal) est né en novembre 2008  à l’initiative de l’AMS (Association des métiers de la musique au Sénégal) et de la fondation espagnole INTERARTS, dans le but de consolider les entreprises culturelles et créatives sénégalaises. Il vise à structurer une plateforme d’appui pour les opérateurs culturels et s’efforce d’utiliser la culture comme levier du développement humain, en mettant l’accent sur l’aspect économique des productions culturelles et sur la création d’emplois.

La plateforme d’appui s’articule autour de quatre axes d’intervention :

-  Formation en gestion de projets culturels des entrepreneurs ;

-  Suivi et accompagnement de projets des jeunes entreprises culturelles ;

-  Service de conseil technique professionnel pour accompagner les opérateurs culturels dans la gestion de leur projet ;

-  Centre de ressources et de documentation mettant à disposition des entrepreneurs culturels un fonds documentaire sur la gestion de projets.

Le PECCS-FOMECC a déjà formé 60 entrepreneurs et accompagné 14 projets en deux ans. Il a récemment intégré un réseau de pépinières d’entreprises culturelles ouest- africaines dans le cadre du programme ARPEM.

Pour en savoir plus : www.fomeccsenegal.org/

Exemples de pépinières

> La pépinière d’entreprises musicales du PECCS-FOMECC au Sénégal www.fomeccsenegal.org/

> Appui au Réseau ouest-africain des pépinières d’entreprises musicales (ARPEM) http://arpem-culture.org/

> Pépinière d’entreprises audiovisuelles The Film and Tv Unit at Monash South Africa Hothouse Incubator, www.impumelelo.org.za/awards/2005/silver/the-film-and-tv-unit-at-monash-south-africa-2013-including-the-hothouse-incubator-1

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