THEMES DE CONVERGENCES

© UNESCO / Délégation permanente de l'Inde, Sans titre, peinture à l'huile de Rabindranath Tagore

Il est possible d'identifier entre les oeuvres de Tagore, Neruda et Césaire au moins cinq grands sujets convergents qui mettent en résonance leurs messages et éclairent nos questionnements actuels :

 

 

Rabindranath Tagore, Pablo Neruda et Aimé Césaire se définissaient d’abord comme des poètes. Or, l’art et la poésie demeurent d’irremplaçables vecteurs de médiation entre les humains et le monde. Réinventer l’humanisme, ce pourrait être mieux lire et mieux entendre la poésie, sous toutes ses formes, aller à la rencontre des nouveaux langages de l’oralité qui traduisent les rêves et les révoltes de la jeunesse.

Par leur engagement humaniste, et ce, longtemps avant que la question écologique et environnementale n’acquière la gravité qu’elle prend actuellement, les trois auteurs ont appréhendé l’impératif d’accorder l’épanouissement matériel et collectif de l’espèce humaine avec la nature. Leurs visions pionnières nous rappellent que le respect et l’amour de l’homme pour la nature ont longtemps uni les sagesses des civilisations occidentales et non occidentales qu’il s’agisse de l’hindouisme, du vitalisme africain ou de la tradition amérindienne, de l’infiniment grand du cosmos à l’infiniment petit de la goutte d’eau ou de la feuille.

Malgré les contextes historiques et géo culturels difficiles et aussi différents que ceux de l’Asie et du sous-continent indien, de l’Amérique latine ou des Antilles, au carrefour de l’Europe et de l’Afrique, dans lesquels ont évolué ces auteurs, ces derniers se sont engagés en visionnaires actifs et ont proposé un dialogue basé sur la restauration de l’intégrité de toute personne humaine. Leur projet n’était pas de convoquer un tribunal de l’histoire, mais en écoutant les mémoires, de contribuer à l’émancipation des peuples, par l’affranchissement de l’oppression, autant que par l’éradication des servitudes morales ou intellectuelles qui nous menacent tous.

Tagore, Neruda et Césaire ont salué la formidable explosion de connaissances qu’a représenté, au XIXe et au XXe siècle, l’évolution de la pensée scientifique et des techniques. Les trois poètes ont considéré qu’il s’agissait là d’une part essentielle, mais non exclusive, de l’aventure du savoir humain qui doit se nourrir aussi de l’imaginaire, inséparable de la vie.

De même, par la remise en cause du rapport entre dominant et dominé, les legs de Tagore, Neruda et Césaire sont profondément pédagogiques et nous enseignent que tous les savoirs et toutes les cultures sont des conquêtes d’égale signification, en tant que symboles organiques de la diversité des peuples et civilisations. Ils contribuent à définir la mission qui revient à l’éducation pour «bâtir dans l’esprit des hommes» un ordre du monde qui rende enfin compatibles les urgences de l’universel et les exigences du particulier.

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