21.12.2020 - Culture Sector

Le Comité du Deuxième Protocole de la Convention de 1954 met l'accent sur la protection du patrimoine pour la paix

Le Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, également connu sous le nom de Comité intergouvernemental du Deuxième Protocole de 1999, a tenu sa 15e réunion les 11 et 12 décembre derniers, afin de discuter, entre autres, des moyens de surveillance et de renforcement de la protection des biens culturels. 

En ouvrant la réunion, M. Ernesto Ottone R., Sous-Directeur général de l'UNESCO pour la culture, a souligné le travail entrepris par l'Organisation depuis le début de la pandémie. « En ces temps difficiles, grâce à notre réseau sur le terrain et à l'utilisation d'outils en ligne, nous avons continué à fournir une assistance technique visant à améliorer la législation nationale et à soutenir des politiques solides pour la préservation du patrimoine culturel ».

Le Comité a adopté une Déclaration visant à assurer la protection des biens culturels dans le Haut-Karabagh et ses alentours. La déclaration a salué l'initiative de l'UNESCO, prise conformément à l'article 23 de la Convention de La Haye de 1954, de mener dès que possible une mission technique indépendante, avec l'accord de toutes les parties concernées, pour faire le point sur la situation des biens culturels dans le Haut-Karabagh et ses alentours. Le Comité a demandé à chacune des parties de rendre la mission possible.

Les membres du Comité ont discuté des mesures d'urgence et de sauvegarde pour les pays impliqués dans des conflits armés. À cet effet, ils ont souligné la nécessité de renforcer le suivi et la supervision de la mise en œuvre du Deuxième Protocole de 1999 en vue d'assurer un niveau de protection plus élevé des biens culturels. Les participants à la réunion ont également souligné l'importance du rôle du Comité pour mieux répondre aux défis posés par les conflits croissants dans le monde. Le Comité a créé un sous-comité ad hoc chargé d'élaborer un mécanisme visant à améliorer la protection des biens culturels en cas de conflit armé, notamment dans les situations d'extrême urgence. 

L'importance de renforcer les synergies opérationnelles et thématiques entre la Convention de La Haye de 1954 et ses deux Protocoles (1954 et 1999) et les autres Conventions culturelles de l'UNESCO a également été soulignée. Le Comité a lancé un nouveau programme thématique « patrimoine pour la paix » renforçant le rôle du patrimoine dans la prévention des conflits, dans les situations de conflit, pour la résolution des conflits, et comme outil de relèvement post-conflit. Le Comité a invité toutes les parties à soutenir ce programme, qui vise à assurer le plus haut degré de protection du patrimoine culturel dans le monde, et à permettre au patrimoine culturel de devenir un véritable outil de protection de la paix et un levier pour la défense de la paix dans l'esprit des hommes et des femmes. 

Le Comité a également octroyé une assistance internationale par le biais du Fonds pour la protection du patrimoine culturel en cas de conflit armé afin de mettre en œuvre des mesures préparatoires pour la protection du patrimoine culturel dans les pays d'Amérique latine. À cet égard, la Barbade a reçu un soutien financier pour la numérisation et la conservation de sa collection de documents sur l'esclavage et pour la formation du personnel du département des archives. Le Mexique a reçu un soutien financier pour développer un plan de gestion des risques pour le Musée national d'anthropologie du Mexique.

Le Deuxième Protocole à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé a été adopté en 1999. Il a notamment créé une nouvelle catégorie de protection renforcée pour les biens culturels qui sont particulièrement importants pour l'humanité et qui bénéficient d'une protection juridique appropriée au niveau national. Actuellement, le Deuxième Protocole compte 84 États parties.

Composé de douze membres, le Comité a élu à l'unanimité, lors de cette session, Mme Najat Rhandi (Maroc) comme présidente et M. Sunday Imoh Egbo (Nigeria) comme Rapporteur. L'Estonie, la Grèce, le Japon et le Salvador ont également été élus vice-présidents.




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