22.05.2013 - Culture Sector

L’inclusion par les métiers d’art en marche

L'une des priorités de l'UNESCO dans le domaine de la culture porte sur l'encouragement aux formes de création traditionnelles et novatrices, à travers la Convention de 2003 de l'UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, et celle de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Les actions de l'UNESCO relatives à l'artisanat et au design s'inscrivent dans la perspective du développement des industries culturelles et créatives.

Mis en place par l'UNESCO et la Fondation Culture & Diversité, le programme Voyager pour apprendre les métiers d’art permet à des étudiants en arts appliqués, issus de milieux modestes, d’effectuer un voyage d'étude à l’étranger. Il donne ainsi la possibilité à des étudiants boursiers français en fin d’études de découvrir les savoir-faire de pays en développement et à des étudiants de ces pays de découvrir les savoir-faire français.

En avril 2013, ce partenariat a vu les étudiants français en arts appliqués rentrer  de leur stage à l’étranger et les étudiants étrangers arriver en France. Nicolas revient ainsi de Buenos Aires en Argentine et Luciana, étudiante argentine, vient de commencer un stage à Moulins (France).

Nicolas est diplômé des Métiers d’Art en Gravure à l’Ecole Estienne et a été sélectionné pour participer au programme Egalité des Chances en métiers d’art. Il est ainsi parti à Buenos Aires en Argentine, de novembre 2012 à fin mars 2013, pour travailler la gravure et l’impression d’images dans l’atelier de Maza Zulema.

Luciana, d’autre part, est étudiante argentine en création de costumes à la Escuela de Arte y Oficios del Teatro Argentino de La Plata. Elle est arrivée en France le 16 mars dernier. Egalement lauréate du programme Egalité des Chances en métiers d’art, elle est actuellement en stage au Centre National du Costume de Scène (CNCS) à Moulins.

Les deux étudiants ont accepté de répondre à quelques questions pour partager leur expérience.

Nicolas, qu’est-ce qui t’a le plus marqué lors de ton stage en atelier de gravure en Argentine ?

La générosité des artistes de Buenos Aires. J'ai tissé plus de contacts en quatre mois qu'en deux ans à Paris, même s'il est évident que jusque-là je n'étais qu'étudiant alors qu'en Argentine j'étais libre de jongler entre de nombreux ateliers. La facilité avec laquelle j'ai pu m'intégrer dans le monde de l'estampe a été assez surprenante.

Luciana, comment se déroule ton stage au CNCS jusqu’à présent ?

Mon stage consiste à préparer les costumes de scène pour des ballets à l’Opéra et/ou pour le cinéma, en prenant en compte le fait que le costume représente le corps et l’âme de l’artiste. Nous nous devons de respecter la silhouette de l’artiste et d’adapter le mannequin en fonction, pour que les vêtements correspondent le plus possible à l’artiste.

Qu’est-ce qui vous inspire dans votre travail 

Nicolas : Premièrement, je dirais que c'est le rapport très étroit avec l'illustration, la mise en image d'une idée, d'un concept. Deuxièmement, c'est le côté artisanal de ce métier qui m'a attiré et conquis. J’apprécie tout travail manuel, tout contact avec la matière. La gravure lie le sens de la vue et celui du toucher. Enfin, c'est le travail en atelier qui me plait beaucoup, l’interaction entre les différents protagonistes, l'échange des idées, la mise en commun du savoir-faire.

Luciana : Ce qui m’inspire au quotidien ce sont les défis, le futur, de savoir que l’on ne sait pas tout. Cela m’oblige à étudier continuellement, à observer, à tester et à être très critique avec moi-même.

Pensez-vous que les stages effectués dans le cadre du programme Egalité des Chances en métiers d’art vont vous aider dans la suite de vos études ou de votre vie professionnelle ?

Nicolas : C'est certain ! J'ai tissé grâce à ce programme un très grand nombre de liens à Buenos Aires et lorsque je suis parti, presque tous les ateliers dans lesquels j'ai pu travailler m'ont dit : "Avec ou sans le programme, tu es le bienvenu et ceci à tout moment". Pour ma part, je n'ai qu'une hâte : celle de retourner dans cette belle ville afin d'y travailler de façon plus durable. Zulema Maza, mon contact principal, m'a affirmé également m'ouvrir avec grand plaisir les portes de son atelier en cas de retour. Je pense donc débuter ma vie professionnelle en Argentine dans un futur proche.

Luciana : Oui, bien sûr, car il y a toujours des choses à apprendre. Avoir la possibilité de faire un stage au CNCS me fait prendre conscience de l’importance du travail de conservation des costumes. En effet, les costumes français sont beaucoup plus anciens que ceux sur lesquels j’ai l’habitude de travailler. Ce sont presque des reliques !

Que peut-on vous souhaiter pour les prochaines années ?

Nicolas : Une réussite à l'étranger peut-être !

Luciana : Je ne sais pas encore. Ayant passé un mois à Moulins, je réalise que j’ai encore beaucoup à apprendre. Travailler au Théâtre Argentin de La Plata me permettrait d’organiser des projets communs avec Moulins, comme une exposition sur les costumes de scène français. La Plata n’a pas encore de musée des costumes, ce serait une bonne opportunité d’en créer un et ainsi de permettre aux gens de visiter le Théâtre.

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