20.10.2009 -

Il est urgent d’investir dans la diversité culturelle et le dialogue, selon un nouveau rapport de l’UNESCO

Les entreprises qui investissent dans la diversité culturelle, que ce soit au niveau de la gestion, des ressources humaines ou encore du marketing, peuvent en tirer un bénéfice économique. Telle est l’une des conclusions qui se dégage du Rapport mondial de l’UNESCO Investir dans la diversité culturelle et le dialogue interculturel, présenté au siège de l’Organisation.

Ce Rapport mondial vise à devenir un outil de référence en matière de diversité culturelle. Trop souvent réduite à la protection du patrimoine en danger, la diversité culturelle est aussi le développement des compétences interculturelles, la recherche d’un antidote contre les manifestations de « repli identitaire », la voie vers de nouvelles formes de gouvernance, le levier d’un exercice effectif des droits de l’homme universellement reconnus et un moyen de réduire les déséquilibres du commerce mondial de la création.

En effet, les industries des médias et de la culture représentent plus de 7 % du PIB mondial et pèsent environ 1 300 milliards de dollars, soit environ deux fois les recettes du tourisme international, estimées à 680 milliards de dollars. Or, la part de l’Afrique dans le commerce mondial de la création demeure marginale – moins de 1 % des exportations mondiales – alors que le continent ne manque pas de talents. Pour améliorer cette situation, il est urgent d’investir dans la diversité culturelle et le dialogue, insiste le Rapport.

« La culture a été la grande oubliée des Objectifs du Millénaire pour le Développement », déplore le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, ajoutant « qu’il est devenu urgent dans notre monde confronté aux changements culturels de toutes sortes, de savoir accompagner le changement et de s’assurer que celui-ci ne devienne pas source de davantage de vulnérabilité pour ceux qui sont mal préparés à y faire face ».

C’est tout le sens des dix recommandations formulées par le Rapport sur la manière d’investir dans la diversité culturelle. Ce dernier suggère notamment de créer « un Observatoire mondial de la diversité culturelle, chargé de suivre les effets de la mondialisation », de mettre en place un « mécanisme national de suivi des politiques publiques dans leurs aspects touchant à la diversité culturelle » ou encore de « mettre en œuvre des politiques linguistiques nationales visant à la fois à sauvegarder la diversité linguistique et à encourager le multilinguisme ».

Le Rapport propose également des stratégies nouvelles pour faciliter le dialogue interculturel, améliorer la pertinence des contenus de l’éducation, lutter contre les stéréotypes dans les médias, faciliter l’échange de productions artistiques et la circulation des artistes.

S’adressant au monde universitaire comme au grand public, ce Rapport développe une vision nouvelle de la diversité culturelle, qui met l’accent sur son caractère dynamique, et sur la nécessité de lutter contre le développement d’un analphabétisme culturel favorisé par l’accélération des transformations sociales.

Chiffres clés :

On dénombre aujourd’hui entre 6 000 et 8 000 langues dans le monde, qui – quoiqu’une langue ne corresponde pas nécessairement à une culture (plusieurs cultures peuvent parler la même langue, et dans une même culture on peut parler des langues différentes) – donnent une certaine idée de la diversité culturelle.

On relève de nombreux déséquilibres dans le commerce mondial de la création : la part de l’Afrique demeure marginale (moins de 1% des exportations), alors même que le continent ne manque pas de talents.

La plupart des 75 millions d’enfants qui n’ont pas été scolarisés en 2006 (dont 55% de filles) sont issus de « minorités » culturelles, de populations autochtones ou nomades.

La moitié des langues du monde sont parlées par des communautés linguistiques de moins de 10000 personnes.

Si, en 2000, 53% des usagers de l’Internet étaient anglophones, ce chiffre est tombé à 29% en 2009.

Les exportations d’équipements culturels et médias des pays en développement ont considérablement augmenté sur la période 1996-2005, passant de 51 milliards de dollars à 274 milliards de dollars, ce qui traduit l’émergence de « contre-flux » qui viennent contrecarrer l’hyperconcentration du secteur des médias.

L’artisanat et le tourisme constituent une source importante de revenus pour les pays en développement : la production artisanale et le tourisme représentent plus de 25 % du PIB d’un pays comme le Maroc.

Le commerce équitable a connu une croissance rapide, de 40 % en moyenne sur les 5 dernières années.





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