17.03.2010 -

Message de Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, à l’occasion de la journée mondiale de la poésie 2010, 21 mars 2010

Toute langue a sa poésie, et tout être humain possède les clefs de sa propre poétique. Qu’elle prenne des formes simples ou qu’elle s’enjolive, la poésie capture ce qui est le plus délicat à traduire dans l’expérience humaine. La poésie exprime l’ineffable, qui forme le fonds commun du mystère humain.

En cette Journée mondiale de la poésie 2010, rappelons-nous que la poésie est un pays universel où les peuples peuvent se retrouver à travers des mots de toutes les couleurs, de tous les rythmes, de toutes les musicalités. Des mots qui, quelle que soit la langue dont ils sont éclos, vont chercher très loin une lumière liée à l’essence même de l’être humain, à la dignité de chacun.

Aussi l’UNESCO, attachée par son mandat à déployer pleinement « l’idéal démocratique de dignité, d’égalité et de respect de la personne humaine », voit-elle dans la poésie une ressource capitale : toutes les poésies du monde et de tous les temps décryptent cette lueur inexprimable de l’humain.

L’année 2010 a été proclamée Année internationale du rapprochement des cultures par les Nations Unies. Pour en orchestrer la célébration tout au long de l’année, l’UNESCO a été désignée agence leader au sein du système des Nations Unies. Dans le cadre de cette Année envisagée comme un tremplin pour revivifier la diversité culturelle et relancer le dialogue entre les cultures, la poésie occupe une place précieuse. Elle offre un lien d’une nature unique pour rapprocher les cultures sur un plan différent, épuré de toute contingence.
 
La poésie est un faisceau de résonances universelles. Mais elle a besoin d’être mieux connue, descendue de son piédestal, pour trouver tout simplement sa place au cœur de la vie. Pour cela, elle doit être davantage collectée, étudiée, publiée et traduite. Avec son nouveau programme pour 2010-2011 « Rabindranath Tagore, Pablo Neruda et Aimé Césaire pour un universel réconcilié », l’UNESCO va particulièrement encourager tous les moyens multidisciplinaires qui vont rendre la poésie plus accessible et lui donner plus d’impact, sous le signe conjoint de ces trois grands poètes.

La diversité poétique offre une autre façon de dialoguer. Elle nous fait découvrir que chacun de nous, en tous points de la terre, partageons les mêmes questionnements et les mêmes sentiments. C’est une facette de notre liberté, c’est notre humanité. Voilà pourquoi la poésie doit occuper la place qui lui revient dans des programmes d’éducation de qualité. En ayant accès à la poétique universelle, la jeunesse peut bénéficier d’un vecteur supplémentaire, différent, subtil et fluide pour mieux connaître et comprendre l’autre. Découvrir un poème nouveau est une plongée dans la langue, mais aussi dans l’émotion et la sensibilité de l’autre, aussi éloigné soit-il par la géographie.

La poésie est un écho qui retentit de lieu en lieu, sans frontière et sans barrière. Elle est un moyen de correspondance, un moyen de connaissance et de découverte de l’autre. Faisons d’elle un nouveau chemin de paix.




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