03.06.2016 - Culture Sector

La réunion de Rabat met en lumière la protection du patrimoine culturel subaquatique et le développement

Shipwreck Papua-New Guinea © UNESCO/A. Vanzo

Une réunion régionale organisée à Rabat (Maroc) du 2 au 3 juin 2016 par l'UNESCO et le ministère des Affaires culturelles du Royaume du Maroc a rassemblé des experts du patrimoine culturel subaquatique afin de traiter des défis ayant traits à la recherche archéologique sous-marine, la protection des sites, ainsi que des liens avec le développement durable.

Mohamed Amine Sbihi, Ministre de la Culture du Maroc, a ouvert la réunion en soulignant que le Maroc avait ratifié la Convention de 2001 sur la protection du patrimoine culturel subaquatique et que cet héritage était de « la plus haute importance » pour le pays et la région. Il a annoncé l'ouverture d'un nouveau centre dédié au patrimoine subaquatique et à la mise en œuvre de la Convention, et s’est associé au Ministre de la Défense en signant un accord de coopération qui permettra d'améliorer la sécurité des sites du patrimoine sous-marin. Mohamed Mustafa Al-Maguib, du Conseil suprême des antiquités égyptiennes, a déclaré que l'Egypte espérait « être en mesure d'établir un musée du patrimoine culturel subaquatique à Alexandrie ».

Dans cette même optique, les participants en provenance du Danemark, d’Egypte, de France, du Liban, du Maroc, d’Espagne, de Tunisie et de Turquie ont partagé leurs recherches ainsi que les meilleures pratiques en matière de protection de ce patrimoine unique et ont souligné l'importance de la Convention de 2001. En mer Méditerranée, le pillage ou les dommages causés par les plongeurs et les chasseurs de trésors, qui peuvent de plus en plus accéder aux sites, la pollution, la pêche industrielle des fonds marins, et le manque d'experts formés et d’archéologues sous-marins ont spécifiquement été identifiés parmi les difficultés rencontrées.

La contribution du patrimoine culturel subaquatique au développement économique et social à l’échelle locale et nationale a également été mise en avant. Ouafa Ben Slimane, représentante de la Tunisie et membre du Conseil consultatif scientifique et technique de l'UNESCO, a souligné l'importance de définir les meilleures pratiques en matière d’accès aux sites, et a annoncé la mise en place d’itinéraires de plongée en Tunisie. D'autres mesures pratiques comprennent la coopération régionale, l'amélioration des lois et des licences, ainsi que des campagnes de formation et de sensibilisation du public. Ulrike Guérin, de l'UNESCO a déclaré : « il est crucial d’attirer l’attention des autorités judiciaires sur le pillage des sites du patrimoine sous-marin et d'inclure instamment ce problème dans leurs missions au même titre que la poursuite des trafiquants ». 

Xavier Nieto de l'Université de Cadix, en Espagne a souligné la valeur de la coopération et de l'échange. Les représentants de plusieurs universités appartenant au réseau UNESCO / UNITWIN ont présenté des programmes pour la sauvegarde de l'archéologie sous-marine en Méditerranée. Les participants ont conclu la réunion en adoptant une Recommandation sur les priorités et les mesures à prendre pour la région.




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