05.09.2012 - Culture Sector

Le potentiel du patrimoine subaquatique du Golfe révélé

Épave couverte de coraux ©B. Jeffrey

1e réunion de l’UNESCO pour les États du Golfe sur la Convention pour la protection du patrimoine culturel subaquatique. Manama, Bahreïn, 16-17 octobre 2012

Cette réunion sous-régionale de l'UNESCO rassemble des participants des États suivants : Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite, Émirats arabes unis et Yémen. Elle vise à discuter du développement de l'archéologie sous-marine dans la région, du renforcement des capacités, de la recherche et de la coopération ainsi que de la Convention de 2001 de l'UNESCO sur la Protection du patrimoine culturel subaquatique.

La recherche archéologique subaquatique est encore en développement dans la région du Golfe. Toutefois, le potentiel de cette discipline est immense.

En effet, durant 90% de l'existence humaine, le niveau des mers a été inférieur de près de 130 m du niveau actuel de la mer qui n'a été établi qu’il y a environ 6.000 ans. Étant donné que les êtres humains ont principalement vécu près de l'eau, le développement de l'humanité s’est effectué pour une grande majorité dans des zones maintenant submergées. Ce n'est que dans la dernière décennie, qu'il y a eu reconnaissance de l'importance des données manquantes sur le plateau immergé. Avec l'accélération de la recherche des paysages immergés le patrimoine culturel subaquatique se focalise de plus en plus sur les États de la région du Golfe. Comme les eaux du Golfe sont relativement peu profondes avec une moyenne d’environ 35 mètres, on peut supposer que ce domaine désormais submergé était il y a 14.000 ans un paysage ouvert avec une réserve d’eau douce alimentée par l'Euphrate et le Tigre. Au vu de l'importance des données disponibles, des études sismiques sont maintenant effectuées.

La recherche sur le passé historique maritime des États du Golfe présente également un grand potentiel scientifique. Pendant des siècles, les États arabes ont régné sur les mers. Du VIIe au XIIIe siècle ils ont maintenu un vaste réseau commercial à travers l'Asie, l'Afrique et l'Europe, leur assurant ainsi le contrôle mondial de la navigation et un large pouvoir économique. Les restes des épaves arabes, ainsi que les épaves de navires étrangers comme par exemple des navires portugais, sont probablement encore conservés dans les fonds marins. Outre ces épaves des ruines de constructions et villes côtières peuvent être trouvés sous l'eau, comme c’est le cas de Qa'lat Al-Bahrain.

Jusqu'à présent, seule a été retrouvée une grande épave du IXe siècle, de l’époque glorieuse de la navigation arabe : l'épave indonésienne de Belitung. Elle a cependant été détruite lors d'une opération précipitée de récupération de cargaison par des récupérateurs commerciaux. Une grande partie de l'information scientifique disponible est désormais perdue. L'histoire de cette perte sert à illustrer la nécessité de protéger le patrimoine culturel subaquatique et d’adopter des lignes directrices scientifiques en matière de recherche et de traitement, à travers la ratification et la mise en œuvre de la Convention de 2001 sur la protection du patrimoine culturel subaquatique. Cette Convention est le premier instrument juridique qui régit le monde de l’archéologie subaquatique.

La Convention a été adoptée par l'UNESCO en 2001. Elle constitue la réponse de la communauté internationale face à la destruction de sites archéologiques subaquatiques par des chasseurs de trésors et par certaines activités industrielles. Elle reflète aussi la reconnaissance croissante de la nécessité d’accorder au patrimoine culturel subaquatique la même attention que celle dont a déjà fait l’objet le patrimoine terrestre. Elle a été élaborée afin de renforcer la protection juridique, la recherche, la coopération, la sensibilisation et le renforcement des capacités.
La Convention vise à assurer la protection du patrimoine dans le respect de normes éthiques et de standards scientifiques élevés ainsi que la coopération effective des États. La ratification de la Convention de 2001 fournit plusieurs avantages à un État :

  • Elle contribue à protéger le patrimoine culturel subaquatique du pillage et de l'exploitation commerciale et assure une sauvegarde juridique indépendamment de la situation du site.
  • La Convention apporte une protection de même niveau que celle accordée aux sites terrestres et permet aux États parties d'adopter une approche commune en matière de préservation et de gestion éthique scientifique.
  • Les États parties bénéficient de la coopération d’autres États parties en termes pratiques et juridiques.
  • La Convention prévoit des lignes directrices professionnelles efficaces sur la façon d'intervenir avec sites du patrimoine culturel subaquatique et d’organiser la recherche avec ceux-ci.

La Convention est accompagnée d’un Conseil consultatif scientifique et technique, qui est disponible pour conseiller les États parties qui se réunissent tous les deux ans à la Conférence des États Parties.




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