21.02.2012 - Culture Sector

Atlas interactif des langues en danger : nouveautés

Langues en danger en Asie du Sud-Est dans l'Atlas Interactif. ©UNESCO

L’Atlas interactif des langues constitue l’un des apports majeurs de l’UNESCO en matière de sauvegarde des langues. Il s’agit d’un outil en constante évolution. En suivant de près l’état et les tendances de la diversité linguistique du monde contemporain, il transmet un savoir toujours renouvelé et constitue une plateforme dynamique de dialogue et d’échanges sur les langues en danger. Il assure ainsi une plus grande visibilité de ces langues et contribue à leur promotion.

Au cours de 2011, quelque 178 langues ont été mises à jour grâce aux contributions des internautes qui ont été évaluées par l’équipe éditoriale de l’Atlas. Certaines de ces langues ont connu un changement de statut considérable. Le kalkoti et le duano’, autrefois listés en tant que dialectes, font maintenant partie de la catégorie des langues distinctes. Considéré jusqu’à récemment comme dialecte du bashkarik, le kalkoti vient d’être reconnu en tant que langue en danger, parlée par environ 4000 locuteurs dans un village éponyme situé dans la Province de la Frontière-du-Nord-Ouest du Pakistan. Quant au duano’, parlé sur la côte ouest de Johor, en Malaisie, il a été reconnu comme étant une langue autonome dont les locuteurs appartiennent à un groupe ethnique possédant des spécificités linguistiques.

Sur le plan de la vitalité des langues, deux d’entre elles connaissent actuellement un essor, tandis qu’une autre voit sa situation s’aggraver. Variante berbère du Rif parlée dans le nord du Maroc, le sanhaja de Srair fait désormais partie des « langues en situation critique » et non plus des « langues éteintes », alors que le bashkarik, parlé au Pakistan n’est plus considéré comme « sérieusement en danger ». Il demeure néanmoins dans la catégorie « en danger » car malgré ses 40 000 locuteurs, l’usage d’autres langues plus répandues – notamment chez les jeunes –  le met en péril. Contrairement aux deux cas précédents, l’arta, langue que l’on croyait en situation critique, a été classifiée comme « éteinte ». Autrefois parlée dans les Philippines, cette langue du nord de l’île de Luçon n’a été documentée qu’à la fin des années 1980, époque où elle ne comptait déjà plus que quelques locuteurs.

Enfin, suite à la réévaluation par l’éditeur régional canadien, le bungee a été retiré de l’Atlas, en raison de son appartenance à la catégorie des pidgins.  En effet, l’Atlas n’inclut pas les pidgins car ils ne peuvent pas être évalués par la méthodologie établie pour les autres langues.

Ressources :




<- retour vers Toutes les actualités
Retour en haut de la page