Questions fréquentes sur les langues en péril

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Quelles sont les causes de menace et de disparition des langues ?

Une langue disparaît lorsque qu’elle n’a plus de locuteurs ou que ceux-ci se mettent à parler une autre langue – en général, une langue de plus grande importance utilisée par un groupe plus puissant. Les langues sont menacées par des forces externestelles qu’une domination militaire, économique, religieuse, culturelle ou éducative, ou par des forces internes comme l’attitude négative d’une population à l’égard de sa propre langue. Aujourd’hui, les migrations accrues et l’urbanisation rapide s’accompagnent souvent de la perte des modes de vie traditionnels et d’une forte pression en faveur de l’utilisation d’une langue dominante qui est nécessaire - ou perçue comme telle - à une vraie participation totale à la vie civique et au progrès économique.

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Comment définissez-vous une langue en péril ?

Une langue est en péril lorsque ses locuteurs cessent de l’utiliser, réservent son usage à des domaines de plus en plus restreints, emploient un moins grand nombre de registres ou de styles de parole, et/ou arrêtent de la transmettre à la génération suivante. Aucun facteur ne détermine à lui seul si une langue est en danger, mais des experts de l’UNESCO ont identifié neuf critères qui doivent être considérés dans leur ensemble :

  • transmission de la langue d’une génération à l’autre ;
  • nombre absolu de locuteurs ;
  • taux de locuteurs sur l’ensemble de la population ;
  • utilisation de la langue dans les différents domaines publics et privés ;
  • réaction face aux nouveaux domaines et médias ;
  • existence de matériels d’apprentissage et d’enseignement des langues ;
  • attitudes et politiques linguistiques au niveau du gouvernement et des institutions – usage et statut officiels ;
  • attitudes des membres de la communauté vis-à-vis de leur propre langue ;
  • type et qualité de la documentation.

Pour de plus amples informations sur la manière dont ces neuf facteurs peuvent être appréhendés, veuillez consulter le rapport Vitalité et disparition des langues du Groupe d’experts spécial de l’UNESCO sur les langues en danger (2003).

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Pourquoi faut-il s’en préoccuper ?

Chaque langue reflète une vision du monde unique avec ses systèmes de valeurs, sa philosophie et ses caractéristiques culturelles propres. L’extinction d’une langue a pour résultat la perte irrémédiable du savoir culturel unique qu’elle a représenté pendant des siècles, notamment de connaissances historiques, spirituelles et environnementales qui peuvent être indispensables à la survie non seulement de ses locuteurs, mais aussi d’innombrables autres personnes. Pour les communautés de locuteurs, les langues sont les créations et les vecteurs de la tradition. Elles étayent l’identité culturelle et sont une composante essentielle du patrimoine du groupe. Un poète evenki, Alitet Nemtushkin

  • “Si j’oublie ma langue natale
    Et les chansons que mon peuple chante
    À quoi me servent mes yeux et mes oreilles ?
    À quoi me sert ma bouche ?”
  • Si j’oublie l’odeur de la terre
    Et ne lui suis pas utile
    À quoi me servent mes mains ?
    Pourquoi vis-je dans le monde ?
  • Comment puis-je croire à l’idée insensée
    Que ma langue est faible et pauvre
    Si les derniers mots de ma mère
    Ont été en evenki ?
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Des langues nouvelles apparaissent-elles aujourd’hui ?

 

 

Dans le cours normal de l’histoire humaine, des langues disparaissent et de nouvelles apparaissent, et cela demeure vrai aujourd’hui. Une langue nouvelle peut être le fruit d’un effort conscient (espéranto) ou d’autres processus comme la pidginisation (développement d’un parler simplifié et mixte servant à la communication entre deux groupes ou plus) et la créolisation (développement d’une langue mélangée qui devient la langue maternelle d’un groupe). Des langues nouvelles émergent également sous la forme de dialectes d’une langue existante, dont elles se distinguent de plus en plus au fil du temps ; ainsi, les locuteurs d’un dialecte ne comprennent plus totalement les locuteurs d’un autre.

De nombreuses langues peuvent exister tout en restant ignorées des linguistes ou des autres chercheurs. Une langue nouvelle peut être découverte par un chercheur ou, par exemple, à la suite de la construction d’une route traversant une forêt tropicale et de la rencontre avec un petit groupe autochtone inconnu du reste du monde.

 

 

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Dans quelles régions les langues les plus menacées se situent-elles ?

Les régions présentant la plus grande diversité linguistique sont aussi celles qui comprennent les langues les plus menacées (la Mélanésie, l’Afrique sub-saharienne et l’Amérique du Sud, par exemple). Cependant, il existe des langues en péril dans toutes les régions et presque tous les pays du monde.

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Combien de langues ont déjà disparu ?

Il est impossible d’évaluer le nombre total de langues qui ont disparu au cours de l’histoire humaine. Des linguistes ont calculé le nombre de langues éteintes dans certaines régions comme l’Europe et l’Asie Mineure (75 langues) ou les Etats-Unis (115 langues disparues au cours des cinq derniers siècles, sur 280 parlées à l’époque de Christophe Colomb). Quelques exemples de langues récemment éteintes :

  • le saami akkala (Fédération de Russie) - son dernier locuteur est décédé en 2003 ;
  • l’aasax (Tanzanie) – 1976 ;
  • l’oubykh (Turquie) – 1992, à la mort de Tefvic Esenc ;
  • l’eyak (États-Unis, Alaska) – 2008, à la mort de Marie Smith-Jones.
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Qui a réalisé l’Atlas UNESCO des langues en danger dans le monde ?

Cet Atlas est le fruit de la collaboration internationale de plus de trente linguistes du monde entier (voir Contributeurs), dont certains avaient déjà participé aux deux éditions précédentes. Le directeur de publication, Christopher Moseley, a notamment travaillé à l’ Encyclopedia of the World’s Endangered Languages (Londres, Routledge, 2007) et à l’ Atlas of the World’s Languages(London, Routledge, 1994 et 2007). L’édition en ligne sera enrichie de contributions de nombreux autres chercheurs et de locuteurs de langues en péril. Le cartographe de la présente édition sur papier est Alexandre Nicolas.

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Qu’entendez-vous par l’expression « langue éteinte » ?

Les linguistes qui ont édité l’Atlas UNESCO des langues en danger dans le monde sont d’accord sur le fait qu’il ne devrait pas seulement inclure les langues en danger, mais également celles qui se sont éteintes durant le dernier demi-siècle environ. Quand nous parlons d’une langue éteinte, nous voulons dire qu’elle n’est plus la première langue que les tout-petits apprennent chez eux, et que le dernier locuteur qui a effectivement appris la langue de cette manière est décédé dans les cinquante dernières années. On pourrait faire revivre certaines langues disparues quand il y a la documentation nécessaire et une forte motivation au sein de la communauté ethnique. Dans beaucoup de communautés, les efforts de revitalisation de la langue commencent quand les aînés ayant appris une langue tout-petits vivent encore, même s’il y a eu quelques générations qui ne l’ont pas pratiquée. Il existe de plus en plus d’exemples de langues ramenées à la vie quoique beaucoup de linguistes souhaitent toujours faire la distinction entre les langues qui revivent et celles qui ont été parlées de manière continue, sans aucune interruption.

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Que peut-on faire pour empêcher une langue de disparaître ?

 

 

La chose la plus importante que l’on puisse faire pour empêcher une langue de disparaître est de créer des conditions favorables pour que ses locuteurs la parlent et l’enseignent à leurs enfants. Cela nécessite souvent des politiques nationales qui reconnaissent et protègent les langues minoritaires, des systèmes éducatifs qui promeuvent l’enseignement en langue maternelle, ainsi qu’une collaboration créative entre les membres de la communauté et les linguistes afin d’élaborer un système d’écriture et d’introduire un enseignement formel de la langue. Dans la mesure où le facteur primordial est l’attitude de la communauté de locuteurs à l’égard de sa propre langue, il est essentiel de créer un environnement social et politique qui encourage le plurilinguisme et le respect des langues minoritaires afin que l’utilisation de celles-ci soit un atout plutôt qu’un handicap. Certaines langues ont actuellement trop peu de locuteurs pour se maintenir mais des linguistes peuvent, si la communauté le souhaite, archiver le plus possible de contenu formulé dans cette langue afin qu’elle ne disparaisse pas sans laisser de trace.

Voir la Bibliographie pour des descriptions de projets spécifiques et des approches méthologiques.

 

 

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Que fait l’UNESCO pour empêcher que les langues ne soient menacées ou disparaissent ?

L’UNESCO agit sur de nombreux fronts pour sauvegarder les langues en péril et empêcher leur disparition :

  • dans le domaine de l’éducation, l’UNESCO soutient les politiques qui promeuvent le plurilinguisme et, en particulier, l’alphabétisation en langue maternelle ; elle défend la composante linguistique de l’enseignement autochtone et met l’accent sur la préservation de la langue dans l’éducation ;
  • dans le domaine de la culture, l’UNESCO rassemble des informations sur les langues menacées et autochtones, élabore des outils et des méthodes standardisés, renforce les capacités des gouvernements et de la société civile (institutions académiques et communautés de locuteurs) ;
  • dans le domaine de la communication et de l’information, l’UNESCO encourage l’utilisation des langues locales dans les médias et favorise le plurilinguisme dans le cyberespace ;
  • dans le domaine de la science, l’UNESCO prend part à des programmes destinés à renforcer le rôle des langues locales dans la transmission du savoir local et autochtone.
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