Le Musée-en-exil : une fondation suisse préserve plus de 1 400 objets d’art afghans

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La ville de Bubendorf, située près de Bâle en Suisse, abrite depuis 1999 le "Musée-en-exil d'Afghanistan".

 

Aux termes d’un accord passé avec l’UNESCO, ce musée, établi par la Fondation Bibliotheca Afghanica, fondation suisse créée en 1975 pour gérer un centre de documentation sur l’Afghanistan, a reçu plus de 1 400 objets culturels afghans de donateurs privés et en a fait dresser un inventaire complet par des spécialistes qui se sont consacrés à ce travail bénévolement. En septembre 2006, l’UNESCO a fait droit à une requête du Gouvernement afghan demandant le rapatriement de ces objets au Musée national d’Afghanistan à Kaboul aujourd’hui restauré.

Au cours de l’été 1998, le Directeur de la Fondation Bibliotheca Afghanica, M. Paul Bucherer-Dietschi, a reçu une demande émanant des Talibans et de l’Alliance du Nord, les deux principales parties au conflit interne, en vue de l’établissement en Suisse d’un dépôt où les objets culturels afghans pourraient être mis à l’abri. À l’automne de cette même année, une délégation conjointe des Talibans et de l’Alliance du Nord s’est rendue au Musée Rietberg à Zurich, lieu qui avait été proposé comme dépôt possible, mais la préférence a été donnée à la création d’un Musée-en-exil de l’Afghanistan. En novembre 1998, le Président afghan, M. Burhanuddin Rabbani, s’est rendu à Berne pour s’entretenir de cette demande avec les autorités suisses, rencontre qui a par la suite reçu l’aval du Ministre taliban de la culture, Qodratullah Jamal.

Un projet concernant la création d’un Musée-en-exil afghan a été établi conjointement par l’architecte afghan Asef Alemyar et Paul Bucherer-Dietschi. Le 16 avril 1999, leur proposition a été présentée à l’Ambassadeur de Suisse auprès de l’UNESCO. Avec l’aide financière de donateurs privés et du Gouvernement fédéral suisse ainsi que du Gouvernement cantonal de Bâle-Campagne, le Musée-en-exil a été installé dans un bâtiment existant à Bubendorf au début du mois de mai 1999. Des transformations ont été opérées dans le bâtiment pour aménager sept salles d’exposition, un grand hall de conférence, des salles de travail, des bureaux et un coffre au sous-sol. Compte tenu de la situation humanitaire en Afghanistan, il a été décidé de ne pas engager de dépenses architecturales importantes. Les travaux ont donc été effectués, à titre bénévole, par des réfugiés afghans en Suisse et une partie de l’installation a pu profiter de dons. De la sorte, le coût total du Musée-en-exil d’Afghanistan s’est élevé à 1 500 000 francs suisses (soit environ un million de dollars des États-Unis).

L’inauguration officielle du Musée-en-exil d’Afghanistan a eu lieu le 7 octobre 2000. Depuis sa création, le musée a reçu de la part de visiteurs officiels et privés venus d’Afghanistan des objets d’art, des pièces historiques, des documents d’archives et des photographies anciennes qu’il a exposés. Plusieurs collectionneurs privés, dont Paul et Véronika Bucherer-Dietschi, ont par ailleurs fait don de leur collection personnelle au musée. Après la destruction iconoclaste des bouddhas de la vallée de Bamiyan en mars 2001, un contrat a été signé, le 12 juillet 2001, entre le Musée-en-exil d’Afghanistan et l’UNESCO où il était stipulé que « l'Organisation/Fondation n’acquerrait aucun objet sur le marché (c’est-à-dire au titre de transactions commerciales) ». En conséquence, les vitrines du musée ont été peu à peu garnies au moyen de dons de particuliers du monde entier. Au total, le Musée-en-exil d’Afghanistan a reçu plus de 1 400 objets ethnographiques et archéologiques de la part de donateurs privés. Certains objets ont été envoyés anonymement ; d’autres sont parvenus par la poste ou ont été apportés en personne par le donateur. Tous ces objets ont été scrupuleusement catalogués (à l’aide de la norme internationale « Object ID » de description des objets d’art et des antiquités) par Carla Grissman, experte américaine qui avait collaboré pendant de nombreuses années avec le Musée national de Kaboul, et par le Directeur du Musée-en-exil, Paul Bucherer-Dietschi, tous deux travaillant pro bono.

L’accord avec l’UNESCO stipulait également que la Fondation ne procéderait à aucun transfert d’objet en l’absence de notification écrite de l’UNESCO précisant que le moment était venu de rendre les objets à l’Afghanistan. En septembre 2006, après réception d’une demande de restitution des objets émanant du Ministère afghan de l’information et de la culture, l’UNESCO a donné son accord pour le retour au Musée national d’Afghanistan à Kaboul de la collection d’objets détenus en suisse par le Musée-en-exil. La Fondation suisse Bibliotheca Afghanica continuera d’abriter son Centre de documentation et de contribuer de la sorte à la protection du patrimoine culturel et naturel et de l’histoire de l’Afghanistan.

Pour plus d’informations sur le Musée-en-exil d’Afghanistan, consultez le site Web : http://www.afghanistan-institut.ch/

  • Start Date: 07-10-2000   End Date: 17-03-2007
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