13.12.2016 - Culture Sector

Le Comité prend des décisions pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé

Historical Monuments of Mtskheta, Georgia © OUR PLACE Author: Amos Chapple

Les conflits en cours et les niveaux de destruction jamais atteints jusqu’à ce jour, le pillage et les dommages causés aux biens culturels de par le monde soulignent la forte connexion entre les dimensions culturelle, humanitaire et sécuritaire des conflits et du terrorisme. La protection du patrimoine culturel est d’une importance critique dans la lutte contre le  « nettoyage culturel », pour la promotion de la diversité culturelle, de la cohésion sociale et la réconciliation, et est centrale dans le travail du Comité intergouvernemental de l’UNESCO pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé. Concentré sur la mise en œuvre du Deuxième Protocole de 1999 relatif à la Convention de La Haye de 1954, le Comité s’est réuni pour sa onzième Réunion au Siège de l’UNESCO du 8 au 9 décembre 2016.

Après avoir élu son nouveau Président, M. Sophann Ket (Cambodge), le Comité a pris plusieurs décisions, parmi lesquelles l’octroi de la protection renforcée au Tombeau des Askia au Mali et aux Monuments historiques de Mtskheta en Géorgie, tous deux sites du patrimoine mondial. Le Deuxième Protocole de 1999 complète les dispositions de la Convention de La Haye de 1954 sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé relatives à la sauvegarde, au respect des biens culturels et à la conduite des hostilités. Le statut de « protection renforcée » peut être demandé par les Etats parties pour les biens culturels qui revêtent la plus grande importance pour l’humanité, qui bénéficient de mesures de protection juridiques et administratives adéquates au niveau national, qui ne sont pas utilisés à des fins militaires, et pour lesquels des sanctions spécifiques sont prévues en cas de sérieuses violations.

Le Comité examine aussi les demandes d’assistance internationale liées aux mesures préparatoires et aux mesures d’urgence au titre du Fonds pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé. Ce dernier a octroyé 35.000 dollars des Etats-Unis au Mali et 50.000 dollars des Etats-Unis à la Libye, tout en encourageant fortement les autorités libyennes compétentes à soumettre une demande d’octroi de protection renforcée, et en demandant à ce que les deux requérants fournissent des rapports détaillés sur l’utilisation qui sera fait de l’assistance financière.

Le Comité a également discuté de la « Stratégie pour le renforcement de l’action de l’UNESCO en matière de protection de la culture et de promotion du pluralisme culturel en cas de conflit armé », qui a été adoptée en novembre 2015. La Stratégie vise à renforcer les capacités des Etats membres à prévenir, mitiger et récupérer de la perte du patrimoine culturel et de la diversité suite à un conflit, et aussi à incorporer la protection de la culture dans l’action humanitaire, les stratégies de sécurisation et les processus de réconciliation. Le Plan d’action développé dans le cadre de la Stratégie se concentre sur le développement de matériels de formation, le renforcement des capacités pour l’exécution des lois nationales, la protection des biens culturels par les forces armées et le secteur juridique, le trafic illicite des objets culturels, l’intégration de ces éléments dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies (incluant une composante policière et civile), l’évaluation des risques et la planification d’urgence du patrimoine dans les zones à risques.

En vue de faire face aux différentes menaces qui pèsent sur le patrimoine culturel aujourd’hui, non seulement à cause des conflits mais aussi en raison des pillages et des désastres naturels, le Comité a insisté sur le besoin d’améliorer les synergies et la coordination entre la Convention de La Haye de 1954 et ses deux Protocoles, et les autres Conventions de la culture de l’UNESCO, en particulier, la coopération avec la Convention de 1972 concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel et la Convention de 1970 concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l'importation, l'exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels. En outre, de nouvelles synergies ont été explorées avec la Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine immatériel.

Le Comité est composé de douze Etats parties au Deuxième Protocole parmi les 69 au total. Lors de sa réunion, à laquelle 130 participants ont assisté, Francesco Bandarin, le Sous-Directeur général pour la culture de l’UNESCO, a appelé à une plus large ratification, en soulignant « l’importance cruciale et l’appel particulièrement fort des pays en situation de conflit et de post-conflit ». Pour conclure, Mechtild Rössler, la Directrice de la Division du patrimoine a encouragé tous les participants à promouvoir la Convention de 1954 et à joindre leurs forces dans la mise en œuvre de la Stratégie pour le « renforcement de l’action de l’UNESCO en matière de protection de la culture et de promotion du pluralisme culturel en cas de conflit armé ».




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